LA MUSIQUE EN MONTÉRÉGIE / PAUL DUFAULT



Le ténor globe-trotter


Fils d’Eusèbe Dufault, marchand de bois et de grains, et d’Adèle Laplante, Wilbrod (Paul) Dufault naît à Sainte-Hélène-de-Bagot, le 10 décembre 1872. Le jeune Dufault fait ses études primaires dans le petit village de Sainte-Hélène sous la tutelle de M. Châtillon, précepteur des enfants Dufault et des employés des moulins appartenant à son père. De septembre 1884 à 1889, il étudie au séminaire de Saint-Hyacinthe en éléments latins. Le 29 janvier 1892, le jeune Dufault se retrouve au séminaire de Nicolet où il termine des études en philosophie. À 23 ans, sur les recommandations de son père, il part pour Holyoke, au Massachussets, pour faire des études en « dentisterie», tout en poursuivant une formation en chant entreprise à Montréal avant son départ. Il consacre la majeure partie de ses temps libres à cette passion en suivant des cours privés, entre autres auprès de Hector Dupeyron, professeur à l’Opéra de Paris.

À partir de 1898, sa carrière de ténor connaît une véritable lancée. Soliste dans quelques oratorios ou à l’opéra, Paul Dufault donne surtout des concerts. En 1913, il fonde sa propre troupe et commence une série de concerts en Australie et dans le sud-est asiatique en compagnie de la célèbre soprano américaine Lillian Nordica, qui décède peu de temps après. De retour en 1916, il entreprend une tournée canadienne de plus de 5000 kilomètres et commence à enregistrer pour différentes compagnies de disques.


À la fin des années 1920, Paul Dufault se retire dans son village natal où il dirige, à l’occasion, la chorale de l’église. Il meurt dans sa famille le 20 juin 1930, âgé de 57 ans, et il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pie de Bagot. En 1972, Montréal donne son nom à une avenue de l’arrondissement Rivière-des-Prairies.

La carrière de Paul Dufault

La carrière de Paul Dufault commence vers 1897 quand il obtient un premier rôle dans l’opéra Samson, suivi d’une série de concerts. De passage à New York en 1898, les responsables de la Pilgrim’s Church de Brooklin l’engagent pour chanter les dimanches, un contrat qui dure dix-huit mois. La même année, il se produit le jour de Noël à la cathédrale St-Patrick. Le 30 mai suivant, Paul Dufault chante pour la première fois au Metropolitan Opera House. C’est à ce moment qu’il élit domicile à New York où il demeure une quinzaine d’années.

De 1906 à 1921, le ténor est à l’apogée de sa carrière. À la suite d’un récital qu’il donne en 1911, un critique du Times de New York écrit de Dufault qu’il possède, à un haut degré, la diction, le style, le phrasé et l’interprétation nécessaires pour assurer son succès. Les programmes du chanteur sont exclusivement composés d’airs français et de romances françaises et anglaises, et c’est en présentant des airs de Théodore Botrel, de Charles Gounod et de Francesco Paolo Testi que le ténor met en valeur sa voix, considérée comme l’une des plus belles du Québec d’alors. Entre 1916 et 1922, il enregistre chez Colombia et RCA Victor une trentaine de chansons de son répertoire, telles que Le chant du cœur de Gounod, la Chanson de l’adieu de Tosti, La Marseillaise et Menteuse chérie de Jules Massenet, des airs qu’il interprète dans la tournée qu’il fait des centres culturels franco-américains, en 1923.

 
  La tournée australienne et asiatique

 

ARCHIVES ET DOCUMENTS

Un fonds d’archives Paul Dufault peut être consulté à la Société d’histoire de Saint-Hyacinthe.

 
  Les enregistrements de Paul Dufault conservés à la Bibliothèque nationale du Québec