1- La Grande Guerre
vue d'un angle général



Loin d’être l’unique facteur qui provoque le début des hostilités de la Grande Guerre, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie – le 28 juin 1914 – demeure l’élément déclencheur d’une escalade d’événements menant le monde entier dans un conflit d’une envergure jamais vue auparavant. Une fois le jeu d’alliances militaires des puissances européennes amorcé, la guerre est rapidement devenue inévitable.


Les grandes lignes d’un conflit qui ne finit pas …
L’historien André Loez tente de résumer en quelques lignes ce qu’a été la Grande Guerre : « Elle est l'aboutissement des principales dynamiques du XIXe siècle, au cours duquel se sont construits des États industriels modernes, des ambitions impériales et des passions nationales. Mais elle constitue en même temps une rupture, annonçant le déclin européen, et se soldant par des millions de vies détruites, des sociétés bouleversées, des régimes renversés et des frontières remodelées ». En somme, la croyance initiale voulant que ce conflit se règle rapidement s’érode à mesure que la mort de masse rend inatteignable les espoirs de conquêtes faciles. « Mais l'énormité des pertes a paradoxalement contribué à la durée et à l'inertie de la guerre, en rendant impossible une paix de compromis qui n'aurait pas été à la hauteur des souffrances subies ». Plus le conflit s’enlisait, plus le sens initial qu’on lui donnait ne tenait plus. Certains voulaient l’emporter pour que ce soit la dernière guerre. Pour d’autres, devant les atrocités des tranchées et l’ampleur du deuil, la Grande Guerre n’avait plus de sens et n’avait été qu’une catastrophe à déplorer.


Une paix négociée : les signatures de l’armistice et du traité de Versailles
Signée à 5 heures du matin dans un wagon aménagé à Rethondes dans la forêt de Compiègne au nord-est de la France, l’armistice du 11 novembre 1918 n’est qu’une première étape vers la paix. L’armistice est une convention par laquelle les belligérants suspendent les hostilités – un « cessez-le-feu ». L’historien Michel Roucaud résume les conditions de l’armistice conclues entre Alliés et Allemands : « Il se compose de 34 articles répartis dans six chapitres : les conditions d’armistice sur le front occidental ; les dispositions relatives aux frontières orientales de l’Allemagne ; les conditions dans l’Afrique orientale ; les clauses générales traitant du rapatriement de tous les internés ; des clauses financières ; des clauses navales ; et de la durée de l’armistice ». Elle est suivie par la Conférence de paix de Paris. Malgré l’absence des vaincus, la conférence est le lieu de vifs débats entre les vainqueurs, notamment entre « les tenants de la paix des nations et de la paix de conciliation » prônées par le président américain Woodrow Wilson et « les tenants de la paix de vengeance » demandée par le représentant français Georges Clemenceau. Cette conférence aboutit entre autres à la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919 – cinq années jour pour jour après l’assassinat de l’archiduc. Ce traité de paix entre l’Allemagne et les Alliés est finalement promulgué le 10 janvier 1920.


Un devoir de mémoire
Le bilan global du conflit est sans précédent : près de 10 millions de morts militaires (dont 60 661 soldats canadiens) et d’énormes dégâts matériels dans les régions du front. C’est la signature de l’armistice le 11 novembre 1918 qui met fin aux horreurs. Le « jour de l’Armistice » – qui devient officiellement « le jour du Souvenir » en 1931 – est célébré dès 1919. La Légion royale canadienne précise ainsi que, chaque année, à la 11e heure du 11e jour du 11e mois, la population se rassemble dans les parcs commémoratifs et autres lieux publics afin de : « rendre hommage à tous ceux qui sont morts au combat ». Dans les décennies qui suivent, un nombre important de monuments commémoratifs font leur apparition dans les différentes localités du Canada. À Saint-Hyacinthe, un canon-trophée, fourni par le ministère de la Milice, est installé près du kiosque à musique en face du parc Dessaulles en décembre 1920 – il a été retiré en février 1942 par le Comité local de Récupération. Le projet d’aménager un véritable monument semble être mis de l’avant en septembre 1943 par Raoul Lassonde, alors conseiller municipal. Parsemé de plusieurs embuches, le projet est finalisé en 1965. Le monument est accompagné d’une plaque sur laquelle il est possible de lire : « À la mémoire de nos glorieux disparus lors des Guerres 1914-1918 – 1939-1945 et de la Corée ».


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