Des excursions de plaisir!


Au XIXe siècle, la présence du chemin de fer à Saint-Hyacinthe joue un rôle favorable dans l’implantation de nouveaux loisirs et divertissements. Dès 1850, des trains spéciaux en partance de Longueuil sont offerts aux promeneurs afin qu’ils participent à des « excursions de plaisir ». Ainsi, les 24 août 1851, un voyage de ce genre est organisé par la compagnie de chemin de fer du St.Laurent et de l’Atlantique : « Un grand nombre de personnes de la plus haute respectabilité ayant patronnés les voyages de plaisirs à Saint-Hyacinthe, des arrangements ont été faits pour une ou deux autres excursions avant la clôture de la saison », mentionne une publicité dans le journal La Minerve du 23 août 1851.


Il ne faut pas se méprendre, ces voyages sont des prétextes à vivre l’aventure de l’excursion en train qui est agémentée par des bandes de musique. C'était bien avant l'ère du téléphone intelligent et de l'écoute de la musique avec des écouteurs!


Un peu plus tard dans le siècle, les excursionnistes prendront le train pour assister à des activités politiques, sportives et de plein air. Par exemple, 11 août 1886, le journal La Presse fait mention que « les épiciers de Montréal tiennent leur pique-nique annuel à Saint-Hyacinthe. Environ 2000 personnes sont parties de la gare Bonaventure pour participer aux divers amusements. » Ce grand rassemblement se déroule au rond Laframboise où les visiteurs peuvent jouir des installations qui facilitent la tenue d’activités de toutes sortes.


Si l’air campagnard de Saint-Hyacinthe attire de nombreux visiteurs au cours du XIXe siècle, il est vrai que les Maskoutains prennent également le train pour voyager. Ainsi, le 2 juillet 1883, une grande excursion vers Ottawa se déroule sous le patronage des citoyens de Saint-Hyacinthe. Le coût du voyage pour « visiter la capitale du Canada, à l’occasion de la fête de la Puissance » est de 4 dollars. « Rien n’a été épargné pour faire de ce voyage l’un des plus beaux que l’on puisse faire », affirme une publicité parue dans le Courrier de Saint-Hyacinthe du 23 juin 1883.


Des excursions sur l’eau


En plus des excursions en trains, les plaisanciers peuvent également se délasser sur les bateaux à vapeur qui sillonnent la Yamaska. Au cours du XIXe siècle, on retrace quelques bateaux tels le Tranquille vers 1840, puis le Yamaska ou le Gaudette (1851-1858), le Notre-Dame (1869-1873), le Yamaska II (1888-1892), l’Eagle (1889-1899) et le Lili au cours de la décennie 1890. Généralement, ces croisières effectuées au son de la musique naviguent sur la Yamaska de Saint-Hyacinthe à Saint-Césaire aller-retour, avec une escale à Saint-Pie.


Mrg Choquette dans son « Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe » parle du Notre-Dame, un « steamer » pouvant accueillir 150 personnes pour des croisières qui « dérouleront des paysages enchanteurs aux yeux des touristes : ici, les maisonnettes simples, mais propres de nos bons habitants; là, les épis se courbant sous les caresses de la brise; tantôt de vastes champs sans arbres, tantôt de charmants bosquets; et, dans l’éloignement, la flèche d’un clocher scintillant dans l’azur foncé d’une montagne…, bref, partout quelque chose de calme comme les eaux de la Yamaska… » Au début du XXe siècle, l’arrivée des bateaux à moteur mettra fin à cette ère romantique des bateaux à vapeur. 

Illustration:
Affiche publicitaire du Vapeur Notre-Dame pour la saison 1872. Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.