Georges-Casimir Dessaulles
1868-1880


Qu’est-il advenu d’important dans notre ville pendant le séjour de Georges-Casimir Dessaulles à la mairie de Saint-Hyacinthe? Voici quelques éléments historiques.


Portrait de Georges-Casimir DessaullesGeorges-Casimir Dessaulles est le cinquième maire de Saint-Hyacinthe.
Pour en apprendre davantage sur le personnage, nous vous suggérons trois textes :


Georges-Casimir Dessaulles
Georges-Casimir Dessaulles 1868-1880 et 1886-1898

La porte des anciens maires, par Claire Lachance.


23 mai 1870 : visite du Prince Arthur
À 10 heures du matin, une foule immense est réunie à la gare de Saint-Hyacinthe afin d’accueillir le Prince Arthur. Une estrade est aménagée pour la circonstance. Le maire Georges-Casimir Dessaulles lui présente une adresse au nom de tous les citoyens de Saint-Hyacinthe qui se termine ainsi : « Ils (les citoyens) osent donc se permettre, de prier Votre Altesse Royale, de vouloir bien offrir, à Sa Très Gracieuse Majesté, de la part de ses fidèles sujets de St. Hyacinthe, cette expression sincère de leurs sentiments envers Elle et de prier Votre Altesse Elle-même d’accepter aussi leurs souhaits les plus empressés pour son bonheur et ses succès futurs dans la haute carrière que la Providence l’a appelé à parcourir. » (1) Par la suite, le Prince sillonne les rues de la ville dans une voiture trainée par quatre chevaux blancs. Le Prince voit les maisons et les rues décorées ainsi que des arcs de triomphe aménagés pour l’occasion. Le Prince arrive enfin au Collège, suivie par une foule enthousiasme. Après l’adresse de bienvenue, le supérieur invite le Prince au salon, où plusieurs religieux et quelques notables, dont le maire Dessaulles, prennent place. Après la revue les Compagnies de volontaires du Collège, la voiture du Prince prend la direction de Saint-Hugues. Il est de retour pour 17 heures à Sainte-Rosalie où il embarque à bord de son train qui file vers Montréal.


Été 1873 : l’arrivée des Dominicains
Une nouvelle publiée dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 6 septembre 1873 attire notre attention : « Et nous sommes en mesure de pouvoir, aujourd’hui, annoncer avec certitude à nos lecteurs qu’une maison de Dominicains est établie dans le diocèse de St. Hyacinthe, et que ce sera le rév. P. Bourgeois qui sera le premier Supérieur de cette Maison. [...] Cette communauté aura la charge et la direction de la Paroisse de Notre-Dame, et sera installée dans le Presbytère de la paroisse pour en jouir à titre de Cure... »


Pour en apprendre davantage sur les Dominicains au Canada et sur leur arrivée à Saint-Hyacinthe, consultez le site Dominicains du Canada, dans la section Histoire.


27 janvier 1874 : la Banque de Saint-Hyacinthe ouvre ses portes
Bien que cette institution financière soit fondée en 1873, elle ouvre ses portes le 27 janvier 1874, le temps de réunir le capital exigé par la loi et d’obtenir le certificat autorisant le début des opérations.


Consultez le texte La Banque de Saint-Hyacinthe pour en savoir davantage sur cette institution maskoutaine.


24 août 1874 : la Compagnie d’aqueduc de Saint-Hyacinthe
La présence d’un aqueduc est essentielle au développement industriel et commercial d’une ville ainsi qu’au bien-être de ses citoyens. À Saint-Hyacinthe, « [le] 24 août 1874, le Conseil octroie une charte à la « Compagnie d’aqueduc de Saint-Hyacinthe », composée de MM. Ant. Maynard, Louis-F. Morisson, Honoré Mercier, Camile Lussier et Silas Duclos. En vertu de cette charte, la Compagnie jouit d’un privilège exclusif jusqu’au 1er janvier 1924. Elle posera 24 bornes-fontaines, chacune capable de lancer un jet d’eau vertical de 75 pieds de hauteur et recevra 600 dollars annuellement pour le service des incendies », note Mgr Choquette. (2)


18 octobre 1874 : création de l’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe
On doit à l’abbé Louis-Zéphirin Moreau, la fondation de l’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, une société de secours mutuel réunissant plusieurs maskoutains qui cherchait à protéger financièrement leurs proches lors d’une mise à pied ou d’un décès. « Le 11 octobre 1874, dans une salle de l’Union catholique, Louis-Zéphirin Moreau expliqua les buts et avantages de l’association qu’il avait en vue. Soixante-quinze personnes se laissèrent convaincre et s’inscrivirent comme membres. Le 18 octobre, un comité exécutif était formé. L’abbé Moreau comme il était d’usage, en était l’aumônier. Ainsi naissait l’Union Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe » (3). Cette petite société de secours mutuel est devenue La Survivance en 1937 et Humania Assurance en 2012.


16 janvier 1876 : le quatrième évêque de Saint-Hyacinthe
En 1852, l’abbé Moreau accepte d’être le principal collaborateur de Mgr Prince, premier évêque de Saint-Hyacinthe. Plusieurs années plus tard, l’abbé Moreau est sacré quatrième évêque de Saint-Hyacinthe le 16 janvier 1876. Décédé le 24 mai 1901, il est béatifié par le pape Jean-Paul II en 1987. (4)


Consultez le texte Moreau, Louis-Zéphirin, de Nive Voisine sur le site du Dictionnaire biographique du Canada.


3 septembre 1876 : un grand feu ravage tout le centre-ville
Ce jour-là, un grand incendie criminel jette à la rue près de 4000 personnes. Pour en savoir davantage sur cette tragédie, nous avons publié quelques textes au fil des ans.


Le 3 septembre 1876, par Albert Rémillard.
Magloire Blanchette : l’incendiaire du 3 septembre 1876, par Anne-Sophie Robert.
Le grand feu de 1876.


Fin de l’année 1876
L’artiste Napoléon Bourassa dessine les premières armoiries de la Ville de Saint-Hyacinthe.



    Source: Saint-Hyacithe 1748-1998, p. 98. Image des armoiries: Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


1877: construction et ouverture du nouveau marché
En plus de centaines de maisons, on reconstruit le marché qui a été complètement détruit par l'incendie du 3 septembre 1876. 
Visitez l'exposition virtuelle consacrée à l'histoire du marché de Saint-Hyacinthe.


15 août 1877 : des plans pour une cathédrale
« Le 15 août 1877, Mgr Moreau approuve les plans et devis de l'architecte Adolphe Lévesque et signe un contrat de 50 000 $. La cathédrale actuelle commence à s'ériger en 1878. » (5)


12 septembre 1877 : fondation de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph
Mgr Louis-Zéphirin Moreau demande à Élisabeth Bergeron de fonder une communauté de sœurs enseignantes. Malgré son peu d’instruction, Élisabeth Bergeron accepte de relever cette demande dans l’humilité. La Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe est ainsi fondée le 12 septembre 1877 par Élisabeth Bergeron et trois compagnes. Elles prennent alors en charge une école abandonnée à La Providence. La nouvelle communauté se développe rapidement et franchit bientôt les limites du diocèse pour s’étendre en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan, mais aussi au Brésil, au Lesotho, au Tchad, en Haïti, aux États-Unis et au Sénégal.


À Saint-Hyacinthe, la Congrégation fonde, en 1953, l’École secondaire Saint-Joseph, dans un local de la Maison maire des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Lors de l’année scolaire 1984-1985, on y ajoute l’ancien Institut Familial situé sur la rue Bourdages. En 2001, la Congrégation transmet le Flambeau de l’éducation de l’École secondaire Saint-Joseph à une corporation laïque. 


Au fil de leur histoire, les religieuses de cette communauté, en plus de se consacrer à leur mission d’enseignement, s’adonnent à la pastorale diocésaine et paroissiale ainsi qu’à de nombreux services comme les soins à domicile et dans les hôpitaux. Même si la Maison mère est vendue en 2014, elles logent désormais dans une nouvelle résidence Les Jardins d’Aurélie, où elles partagent leur vie avec les Adoratrices du Précieux-Sang. Leur fondatrice, Élisabeth Bergeron, voit sa cause en béatification introduite à Rome en 1976. Le pape Jean-Paul II la proclame Vénérable le 12 janvier 1996. (6)


Une exposition muséale rappelant l’histoire des Sœurs de Saint-Joseph est inaugurée le 31 mars 2016 à la chapelle du Séminaire de Saint-Hyacinthe.


Novembre 1879 : Fondation de Casavant Frères
Voici le texte d'une lettre circulaire signée des frères Samuel et Claver Casavant qui annonce la fondation de la compagnie: « Nous avons l’honneur de vous informer que nous venons d’ouvrir un atelier pour la construction des Orgues à Tuyaux pour Églises. Chapelles, Salles de Concert, Salons, etc. De retour depuis quelques semaines d’un voyage en Europe de plus d’une année, dont une partie passée en France dans une manufacture de première classe (E. et J. Abbey, à Versailles) et l’autre employée à visiter les principaux instruments de France, d’Italie, de Suisse, d’Allemagne, de Belgique et d’Angleterre, nous sommes en mesure de pouvoir construire des instruments avec tous les derniers perfectionnements [...]. Nous nous chargeons aussi de l’entretien et de la réparation des instruments, et nous nous efforcerons de toujours donner entière satisfaction à tous ceux qui nous feront l’honneur d’une commande. Veiller nous croire, Monsieur, vos très humbles de serviteurs, Casavant Frères. » (7)


25 novembre 1879 : fondation de la Société Philharmonique
La Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe est fondée le 25 novembre 1879. Son objectif premier est de promouvoir l’étude de la musique, mais ses fondateurs souhaitent aussi rehausser l’éclat des célébrations religieuses et nationales. La fanfare maskoutaine participe à son premier défilé dès l’été suivant. (8)


Photo
Georges-Casimir Dessaulles. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.


Notes
(1) Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 24 mai 1870, p. 2.
(2) Choquette, C.-P. Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe, Richer & Fils, Saint-Hyacinthe, p. 299.
(3) Cardinal, Claude. De la fraternité au conglomérat (Une histoire des compagnies d’assurance-vie québécoises) 1850-1995, Guérin éditeur ltée, 2010, p. 12.
(4) « Moreau, Louis-Zéphirin ». Répertoire du patrimoine culturel du Québec, consulté en ligne le 20 mai 2020.
(5) Site internet Paroisse Saint-Hyacinthe-le-Confesseur de Saint-Hyacinthe, consulté le 20 mai 2020.
(6) Les sources de ce texte : site internet des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, consulté le 20 mai 2020. Société d’histoire de Saint-Hyacinthe. Saint-Hyacinthe 1748-1998, p. 148. Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 21 novembre 2001, 1er octobre 2003.
(7) Lettre circulaire annonçant la fondation de Casavant Frères. Tiré du livre de Laurent Laplante, Casavant Frères Limitée 1879-1979. Société d’Histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1979, p. 15.
(8) Foisy, Paul. « La Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe ». Histoire de Saint-Hyacinthe 1748-1998. Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1998, p. 365.


Paul Foisy, mai 2020


Ce texte est cinquième d’une grande série.


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