80 ans de photographies maskoutaines :
Le Studio B. J. Hébert (1905-1986) (2)


Par le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 4 avril 2001.


Jean Hébert est né le 15 décembre 1906 à Saint-Hyacinthe. Il fréquente l’école Raymond où il est considéré comme un excellent élve.  À l’âge de treize ans, il est opéré pour une péritonite, une maladie souvent fatale à l’époque. La convalescence dure deux ans, quand ses forces le lui permettent, il suit son père au studio. Dès 1921, il prend ses premiers portraits et se familiarise avec le métier. Son sens de l'observation et ses aptitudes techniques en feront un des grands photographes de l'époque. Il fait aussi ses premiers pas comme photographe d'extérieur et produit, en 1925, une très belle scène d'incendie.

Durant la crise économique de 1929-1938, la concurrence s'éclipse et les Hébert restent seuls. En 1941, Jean Hébert reprend le commerce paternel et continue la tradition de qualité qui fait la marque de son atelier.

Toujours à l’affût des nouveautés, tant du point de vue  de l’éclairage que des produits de laboratoire, ils ne les adoptent qu’après une longue période d’essais. À partir de la fin de la Première Guerre mondiale, le celluloïde vient remplacer les lourdes et fragiles plaques de verre et progressivement le Studio Hébert s'y convertit. B. J. Hébert utilisera, à l’occasion, le négatif sur verre jusqu'en 1925.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements américain et canadien rationnent le pétrole et ses dérivés. La pellicule est réservée aux photographes dee l'armée et Jean Hébert doit revenir aux négatifs sur verre.  Quand arrive l'époque de la photographie couleur, à la fin des années cinquante, il en fait l’essai et refuse d’adopter le procédé jugeant les chimies trop instables. L'avenir lui donnera raison car ce n'est que vingt ans plus tard que les supports deviennent stables.

Il ferme les Studios B. J. Hébert en 1986 après y avoir consacré 65 ans de sa vie. Il a épousé en octobre 1950, à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe, Cécile Martel, infirmière à la mmanufacture Good Year.

Parlons un peu du fonds d'archives que le Studio Hébert a accumulé au cours de ses 81 ans d'existence. Il est conservé au Musée des Arts et Traditions Populaires de Trois-Rivières depuis 1986. Il est constitué de photographies et de négatifs dont plus de 4500 négatifs sur verre. Cette partie du fonds compte près de 100 000 pièces; ce qui est énorme. La direction du Musée et la famille Hébert nous ont permis de ramener quelques boîtes triées sur le volet qui sont actuellement au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Le fonds comprend aussi une grande quantité d'objets comme des caméras, des réflecteurs, des toiles de fonds, des chimies, des accessoires de laboratoire ainsi qu’une abondante documentation sur la photographie.Tout ce qui est nécessaire pour la bonne marche d'un studio professionnel durant 81 ans.

Note: Le fonds Studio B. J. Hébert a été rappatrié de Trois-Rivières en 2004 et appartient au Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Photo:
Monsieur Jean Hébert (1906-2001).
Archives de monsieur Bernard Hébert.

Cet article est le deuxième d'une série de deux.

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