C.K.S.H. Radio Saint-Hyacinthe (1)


Par Jean-Noël Dion 
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 20 novembre 1991.


Inventée par Marconi en 1896, la TSF (télégraphie sans fil) subit vite quelques améliorations pour en arriver à la radiophonie qui consiste à moduler les oscillations de la haute fréquence, donc de restituer les sons de la voix et de la musique.  Le premier poste de radio privé entrait semble-t-il en service à Pittsburgh (Pennsylvanie) en 1920.


À Montréal, le poste C.K.A.C. de La Presse entrait en ondes en 1922. Véritable engouement, il n'en fallait pas plus pour que chaque ville du Canada s'organise et imite le geste du grand quotidien montréalais.


Dès l'hiver 1926, à Saint-Hyacinthe, un groupe de citoyens se rassemblent pour obtenir un permis d'exploitation et recueillir les fonds nécessaires à l'achat de l'équipement et à son entretien.


La souscription, rappelle un article du Courrier du 19 février 1926, pour l'érection du Poste Radiotéléphonique de la municipalité de Saint-Hyacinthe, est couronnée de succès.  Mis sur pied par la Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe qui forme un comité de cinq personnes, la campagne de levée de fonds permet d'amasser la somme de 800,00$.  Le secrétaire du comité du poste, Hector Monette, adresse au Conseil de ville, le 1er mars, ce qui suit : "Dans l'esprit des organisateurs, cette station devrait appartenir à la ville de Saint-Hyacinthe et porter le nom de "Poste Radiotéléphonique de la municipalité de Saint-Hyacinthe"...  Il coûtera à peu près 1 300,00$ ce qui nécessiterait un octroi de 500,00$  D'une puissance de 100 watts cette station aurait une portée moyenne de 200 milles, ce qui permettrait d'atteindre la plus grande partie de la province de Québec et de la Nouvelle-Angleterre.  Notre ville aurait en main le plus grand médium de publicité possible, sans compter tous les sains amusements dont notre population jouirait."


À la séance du conseil municipal du 3 mars, la Ville accorde les 500,00$ nécessaires. À la séance du 7 avril, la Société Philharmonique annonce qu'elle accepte la direction du poste et demande au conseil de déléguer deux échevins pour siéger au conseil d'administration du poste.  Les conseillers Eugène Payan et Paul Richer sont alors nommés.  Les autres membres du comité sont monsieur Conrad Morin, secrétaire de la Philharmonique, représentant officiel, messieurs Eugène Côté, président et Donat Bibeau, secrétaire-trésorier, représentants des citoyens.  Monsieur H.A. L'Abbé succèdera à monsieur. Bibeau qui décède en 1926.


Dès lors, la Société Philharmonique met à la disposition son local pour l'installation des appareils et l'aménagement du studio, situé coin Mondor et Cascades, à l'étage.  Elle met également à la disposition du poste les possibilités musicales de son groupe.  Elle avertit de même la population qu'elle désire conserver sa neutralité absolue en politique et qu'elle se réserve le droit de louer les facilités du poste pour des fins de campagne électorale, et ce à tous les partis qui pourront en faire la demande.


Photo:
Édifice situé à l’angle des rues Cascades et Mondor, où logeait la Philharmonique de Saint-Hyacinthe. La Société fondée en 1879, a occupé ce local à partir de 1910 jusqu’au 12 septembre 1966, date à laquelle l’édifice appartenant à M.-A. David fut détruit par un incendie. La photo nous montre le décor mis en place, en 1954, lors du 75e anniversaire de fondation de la Philharmonique. 
Collection Centre d'histoire, CH358.

Cet article est le premier d'une série de deux.

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