Familles maskoutaines (12)
Les Girouard


Par Daniel Girouard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 20 juin 2019.

Les Girouard.
En 482e position des 1000 premiers noms de famille du Québec, les Girouard occupent chez-nous la onzième. On trouve deux branches différentes au Canada; la branche acadienne, issue de François Girouard, originaire du Loudunois en France, arrivé à Port-Royal en Acadie vers 1640 et la branche canadienne, issue d’Antoine Girouard, originaire du Bourbonnais en France et arrivé à Montréal vers 1716.


Germain et Victor Girouard
Acadiens de naissance, ils sont, père et fils, les deux premiers Girouard maskoutains. Ils reçoivent le 1er avril 1772, du seigneur Hyacinthe Delorme, les terres numéros 17 et 18, chacune d’une superficie de trois arpents de front sur trente de profondeur, situées au-dessus de la cascade du moulin, aujourd’hui aux environs du pont Douville, du côté nord de la rivière Yamaska. Né vers 1711 à Beaubassin en Acadie, Germain avait été déporté en Géorgie, États-Unis, en 1755, séparé de sa femme, Marie Arsenault, alors enceinte, et de leurs neuf enfants. Trois d’entre eux et elle-même sont morts à Québec, victimes de la terrible épidémie de variole survenue entre 1755 et 1757. Au retour d’exil, il épouse à L’Islet, en 1763, Marguerite Henry. Il est décédé à Saint-Hyacinthe le 1er juin 1779, âgé d’environ 68 ans.

Antoine Girouard
Descendant de la branche canadienne, il est né à Boucherville le 7 octobre 1762, du mariage d’Antoine Girouard et de Marguerite Chaperon. Orphelin de père dès sa naissance, il fait ses études au collège Saint-Raphaël à Montréal puis au grand Séminaire de Québec. Il est ordonné prêtre le 25 octobre 1785 par Mgr Louis-Philippe Mariauchau D’Esgly. Ce dernier l’envoie missionnaire dans la région de la Baie des Chaleurs. À l’automne de 1790, il est nommé curé de la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de Montréal avec desserte de Saint-François-d’Assise. En septembre 1805, Il devient curé de Saint-Hyacinthe. Pour lui, l’éducation était primordiale. Il fonda le premier collège, commencé en 1811 et ouvert en 1816. Cette même année, il accueille les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame pour l’établissement d’un pensionnat pour jeunes filles. En visite à Varennes, chez son ami le curé François-Joseph Deguise, il y décède subitement le 3 août 1882. Joseph-Sabin Raymond, futur supérieur du Séminaire de Saint-Hyacinthe, écrit alors que la mort vient d’enlever à « la religion un digne ministre, au pays un généreux citoyen, à l’éducation un zélé promoteur ». Il fut inhumé dans la crypte de l’église Notre-Dame cependant, le 17 juillet 1861, ses restes sont exhumés et transportés dans un petit cimetière à l’arrière du collège neuf en attendant leur translation dans la crypte du Séminaire en 1884. Dès 1851, le conseil municipal l’honore en remplaçant le nom de l’ancien Chemin du Roi par la rue Girouard. En 1878, la statue qui orne les jardins du Séminaire est inaugurée.


Wilfrid Girouard
Né à Warwick, le 21 décembre 1898, cinquième des neuf enfants de Zéphirin Girouard et Joséphine Hamel, il y épouse Jeannette Rondeau, le 28 juin 1926.  En 1930, la jeune famille s'installe à Saint-Hyacinthe et donnera naissance à une douzaine enfants. Connu sous l’appellation J.W. Girouard, il fut bien connu à Saint-Hyacinthe en tant dépositaire et vendeur des Produits Rawleigh. Les archives du Courrier de Saint-Hyacinthe le situent d’abord au 89 rue Bourdages et, en 1948, au 1195 rue Bourdages. Dans les années soixante, on le trouve au 705 rue des Cascades. Pour l’avoir connu, je me souviens qu’il faisait la livraison de ses produits à bicyclette et on m’a raconté qu’il vendait à crédit. Il est décédé le 21 septembre 1986, âgé de 87 ans et fut inhumé au cimetière Notre-Dame-du-Rosaire.

Photo:
Portrait de messire Antoine Girouard, peint par Louis Dulongpré, en 1826. Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH001.


Cet article est le douzième d'une longue série.


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