Histoires de glace (4)


Par Paul Foisy
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 30 janvier 2008


Il faudra attendre le milieu des années 1930 avant que les amateurs de hockey maskoutains réclament un toit pour le hockey. En effet, soumis aux caprices de dame Nature, les saisons de hockey sont relativement courtes. En fait, elles débutent assez souvent en janvier pour se terminer à la fin février, début mars. De plus, l’état de glace étant directement relié à la température, on doit annuler des parties lorsque la surface de jeu est impraticable. Mais la température, quelquefois ingrate, n’est pas une raison suffisamment valable pour empêcher l’organisation de ligues locales.


1926, une année charnière
Comme nous l’avons vu dernièrement, les étudiants du Séminaire jouent au hockey dès le début du XXe siècle. Cependant, le couronnement d’une équipe championne en 1911, ne permet pas de vérifier avec certitude l’existence d’une ligue au sein du collège. Par ailleurs, des jeunes gens jouent également au hockey au patronage. Cette œuvre de loisirs est fondée en 1905. Selon l’état des recherches, l’existence des ligues patronales, dans ce haut lieu du loisir maskoutain, débute en 1926. En janvier de l’année suivante, les ligues CDN, Union Saint-Ange et Saint-Louis De Gonzague, permettent aux jeunes patronaux de se diviser au sein de onze clubs.

L’existence de nombreux clubs en 1926 font de cette année une période charnière dans l’organisation du hockey à Saint-Hyacinthe. En plus des ligues patronales et d’une équipe maskoutaine débutant ses activités au sein de la Ligue des Cantons de l’Est, une ligue de hockey civile se met en branle. En effet, à compter de janvier 1926, de jeunes hommes se disputent le championnat de la Ligue du Quartier 5. Cette ligue junior, composée des équipes Vermont, E.T. Corset, Black Horse et Canadien indépendant, met en vedette de jeunes adultes de 17 à 20 ans. Les parties de la Ligue du Quartier 5 se déroulent le dimanche après-midi et le mercredi soir sur la patinoire située sur les terrains de la gare du Canadien national. Cette gare se trouve en plein cœur du quartier 5, sur la rue Dessaulles, entre les rues Sainte-Catherine et Desaulniers. Le nom des clubs indique que certaines équipes bénéficient d’un soutien financier, qu’il provienne d’une brasserie ou d’une manufacture. Répondant à un besoin, la ligue poursuivra ses activités par la suite.


Un nouveau stade, une nouvelle équipe
Depuis le milieu des années 1930, les sportifs maskoutains souhaitent la construction d’un aréna. Déjà, en 1936, certains mentionnent qu’une patinoire intérieure assurerait la participation d’une équipe maskoutaine à un nouveau circuit provincial de hockey en devenir. Le 5 novembre 1939, au terme d’une saga de quelques années, le public se déplace afin de voir une nouvelle équipe, dans un nouveau stade. 

Lors de cette première, les Gaulois remportent la victoire face au Verdun Provincial par un compte de 3 à 2. Le trio formé de Gordie Poirier et des frères Albert et Tony Lemay comblent les attentes des amateurs. Tant et si bien qu’après une dizaine de parties, ils occupent les trois premiers rangs des marqueurs de la Ligue de hockey Provinciale Senior. Malgré un excellent spectacle, le public ne répond pas à l’appel. Certains soirs, la partie se déroule devant quelques centaines d’amateurs. C’est qu’il fait froid dans l’aréna, car il n’y a pas de chauffage. Le coût d’entrée est dispendieux, car les propriétaires doivent verser un montant de 650 $ par mois pour la location du nouveau bâtiment. Puis, il faut bien l’avouer, le stade est situé à l’autre bout de la ville, ce qui en décourage plus d’un.

Au début de 1940, François Hétu et Gérard Duval, les deux Trifluviens qui ont eu le courage de former les Gaulois, vendent la franchise à Wilfrid Morissette. Ce Maskoutain, propriétaire d’une compagnie de taxis, implante une série de mesures visant à remplir les gradins. Il baisse le coût d’entrée à 0.40 $ en admission générale et 0.75 $ pour un siège au premier rang. Il demande à la Philharmonique de jouer des pièces de son répertoire au cours des parties. Enfin, il forme une ligue d’attaque composée des Maskoutains Raoul Bibeau, S. Bertrand et M. Blanchard. Plus de 1300 personnes assistent à la partie suivante.
Mais le train de mesures demeure insuffisant. Les amateurs désertent l’aréna. Le trio formé des frères Lemay et de Poirier effectue un essai avec le Canadien de Montréal. Poirier signe un contrat avec le grand club en février. Dans l’indifférence générale, les Gaulois terminent la saison et ils perdent en première ronde éliminatoire face à Lachine.

Ainsi se termine ces brèves histoires de glace, couvrant sommairement plus de 60 ans d’activités hivernales à Saint-Hyacinthe.


Photo:
L'Équipe des Gaulois 1939-1940. Sur le chandail, un coq afin de rappeler les origines françaises de Saint-Hyacinthe.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.

Cet article est le dernier d'une série de quatre.

<<  Article 3                         Début de la série >>