Inondations – débâcles d’avril 1901


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 16 avril 2008


Les crues printanières ont été particulièrement pénibles dans certaines régions du Québec, en avril 1901, notamment à Saint-Hyacinthe, Saint-Pie, Saint-Césaire, Upton, et Richmond.


Saint-Hyacinthe
Journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, samedi, 6 avril 1901 : «La débâcle est commencée et l’inondation dans les parties basses de la ville commence à se faire sentir». Journal La Tribune, Saint-Hyacinthe, vendredi 12 avril : «La débâcle a commencé vendredi dernier, l’eau s’est mise à monter lundi et mardi, son niveau était plus élevé qu’il ne l’était vendredi. Toutes les rues et une centaine de maisons étaient inondées dans les environs du Marché à foin. Mardi, la rivière a charrié des glaces pendant une grande partie du jour, et deux de nos ponts ont été passablement endommagés. D’abord, au pont Barsalou [rue Bourdages], il y a deux arcades de bois à moitié emportées, et une barre en fer, qui servait à solidifier le pont a été pliée et baissée. Le gardien fut forcé de fermer le pont à la circulation des voitures, car il était devenu dangereux. Le pont du Centre [pont Morison, rue Concorde] a eu, lui aussi, une arcade endommagée et comme le précédent, fut fermé à la circulation. Le pont de la Société n’a eu aucun dommage. Mercredi avant-midi [10 avril], un côté de l’extrémité sud du pont Barsalou [côté de La Providence], s’est affaissée dans la rivière. L’arcade qui le soutenait, à cet endroit, avait été brisée et il n’avait plus de point d’appui». Une note datée du 10 avril, dans le journal L’Union, Saint-Hyacinthe, vendredi, 12 avril, nous indique : «Hier il n’y a pas eu de classe à l’Académie Girouard, la cave était rempli d’eau. Cette nuit, un pilier du pont Barsalou a été emporté par la glace. Les dommages sont très considérables».


Le Courrier, samedi, 13 avril : «Les ouvriers ont commencé à travailler pour relever le pont Barsalou, et dès la semaine prochaine, ils espèrent le remettre en place après avoir reconstruit la partie du quai qui s’est effondrée. On répète que plusieurs ponts ont été bien endommagés sur la branche Est de la Yamaska [la rivière Noire], entre Acton et Saint-Hyacinthe. Mercredi soir, on a vu une grange et une maison venant de Saint-Pie, sauter la chaussée à Saint-Hyacinthe et se défaire en morceaux en sautant et en descendant les rapides. Les débris épars flottaient paisiblement sur l’eau en bas du pont Société [pont Bouchard, rue Des Cascades]», permettant ainsi aux pêcheurs d’épaves de ramasser du bois de chauffage pour plusieurs mois.


Saint-Pie
L’Union, mercredi 10 avril : «Inondation à Saint-Pie [dans la nuit du 9 au 10 avril]. Quatre ponts sont partis en haut du village [dont le pont de Damase Fontaine] la nuit dernière emportés par le courant impétueux et la débâcle de la glace. Le pont à péage [du village] a aussi été emporté. Plusieurs maisons se sont écroulées. Le pont de P.E. Roy, à Émileville, a subi assez de dommages pour empêcher la circulation. Plusieurs animaux de ferme ont perdu la vie». L’Union, 17 avril : «Les dégâts causés au pont du Canadien Pacifique par l’inondation sont déjà réparés et aujourd’hui les trains peuvent traverser sans danger. Les actionnaires du pont à péage ont l’intention de ne faire que des réparations temporaires, car il est fortement question de transporter le pont en haut de la digue, il serait moins exposé d’être emporté».


Saint-Césaire
L’Union, 11 avril : «Inondation à Saint-Césaire. – Un brave et honnête citoyen de cette paroisse, M. Achilde Racine, voiturier de son état, vient de mourir dans des circonstances pénibles.  Durant la nuit, l’eau a envahi la maison du défunt qui est située près de la rivière».


Upton
L’Union, 10 avril : «La débâcle à Upton.- La glace s’est mise en mouvement ici sur la rivière Noire, vendredi, pour s’arrêter et se masser en bas du village. L’eau s’est mise à monter, elle est venue tellement haute que les gens ont été obligés d’abandonner leurs maisons. M. L. Gauthier, boulanger, n’a pu faire de pain hier matin. Il y avait 9 pouces d’eau dans sa boulangerie».


Richmond
Journal La Presse, Montréal, lundi 8 avril 1901 : «[Hier matin, jour de Pâques] le pont de fer qui relie la ville de Richmond au village de Melbourne, construit en 1882, s’engouffrait au centre [de la rivière Saint-François]. Deux arches en fer et un énorme pilier en pierre ont littéralement été balayés par la pression [des glaces] qui durait depuis 3 ou 4 jours».


Pont Barsalou
La Tribune, vendredi, 19 avril : «On a fait au pont Barsalou une passerelle temporaire en attendant de plus grosses réparations qui ne pourront se faire qu’à l’eau basse». L’Union, 27 avril : «Les voitures circulent maintenant sur ce pont. On défend encore le passage de lourdes charges en attendant que l’eau permette de placer de nouveaux appuis».


Photo:
Pont Barsalou endommagé, avril 1901.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds Payan.