L’École de médecine vétérinaire
de la province de Québec (1)


Par Jean-Baptiste Phaneuf
​Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 8 octobre 1997.
​Il y aura bientôt cinquante ans (en octobre 1997), l’honorable Laurent Barré, ministre de l’Agriculture, faisait l’inauguration de l’École de médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe. Dans son discours, il rappela que les PP. Trappistes, responsables de l’enseignement vétérinaire, lui avaient demandé, deux ans plus tôt, de prendre la direction de l’école et de la transporter ailleurs. Son choix s’est arrêté sur Saint-Hyacinthe où sur un terrain du gouvernement étaient des baraques délaissées depuis quelques temps par la marine canadienne. «D’une oeuvre de guerre, il allait faire une oeuvre de paix».


Ces baraques groupés au nord de l’École de laiterie, près de la voie ferrée du C.N., étaient faites de bois et montées parfois sur pilotis. De forme rectangulaire, au toit plat, leurs murs étaient lambrissées de bardeaux d’amiante et percés de nombreuses fenêtres peintes en vert.


Elles étaient le long d’un chemin et de sa bretelle, chemin qui s’étendait de la voie ferrée à la rue Dessaulles. Situé au milieu du terrain et surélevé par rapport au sol environnant, il était la seule voie d’accès au campus et les étudiants n’allaient pas tarder à le baptiser de «montée Saint-Éloi», en l’honneur du patron des vétérinaires.


Quatre pavillons constituaient l’essentiel de l’École. Le pavillon A, au sud de la bretelle, était le pavillon de l’administration où avaient leurs bureaux le directeur et ses adjoints. En face était la chaufferie qui fournissait, à l’aide d’un aqueduc aérien, le chauffage aux divers bâtiments.


Le pavillon D était presque à l’extrémité de la montée. On y accédait par un court escalier qui donnait sur un corridor médian de chaque côté duquel étaient les classes. Au bout, la bibliothèque et sa collection de volumes médicaux du début du siècle. Un peu au sud de ce pavillon, un autre, tout à fait semblable, le C, renfermait les divers laboratoires: chimie, bactériologie, etc.


Le plus vaste pavillon était le B. En forme de T, dont le trait supérieur était parallèle à la montée, il avait en face de la bretelle sa porte principale qui s’ouvrait sur la salle des étudiants éclairée par un dôme. Cette salle était flanquée à droite du laboratoire d’anatomie et à gauche de la clinique des petits animaux. Dans cette partie, logeaient également l’écurie et une salle réservée à un appareil de rayon X, un instrument tout nouveau à l’école. La clinique des grands animaux occupait la base du T. C’était une vaste salle au plancher de ciment, délimitée par des bureaux et le laboratoire clinique. À l’extérieur, une cour asphaltée permettait de découvrir sur la droite, une remise de ciment et son appentis de bergerie, et au loin le laboratoire de recherches vétérinaires. Tel était le campus de l’école.


Pour l’enseignement, l’équipe des professeurs avait été le choix unanime du gouvernement et du Collège des médecins vétérinaires. Elle était assez restreinte puisqu’elle comptait neuf professeurs à Oka: c’était Claude Allard, et les docteurs P. Choquette, L. de G. Gélinas, M. Trépanier, G. Lemire, R. Pelletier, J. Saint-Georges, J. Dufresne et J-D. Nadeau. Ces trois derniers agissaient respectivement comme secrétaire, préfet des études et contrôleur administratif. Cette équipe de titulaires était secondée par plus de quinze chargés de cours et par neuf personnes pour le travail de soutien.


Le programme comportait cinq années de cours dont quatre scolaire se divisait en deux périodes de quatre mois d’un horaire chargé: 35 heures par semaine à raison de sept heures par jour, de 9:00 heures à midi et deux à six heures.


Pour l’année scolaire, des frais qui feraient rougir d’envie les étudiants actuels: inscription 5,00$, scolarité, 5,00$, laboratoire, 10,00$ et 10,00$ pour l’Association des étudiants.


Les premières années furent d’organisation et d’ajustement, si l’on excepte l’engagement de trois nouveaux professeurs. Amélioration insuffisante pour l’American Veterinary Medical Association qui jugea bon de retirer à l’École sa reconnaissance. Était-ce l’effet de cette décision, la même année était mis en chantier un véritable édifice, celui qui borde aujourd’hui la rue Sicotte, quatre étages de pierre taillée pour loger les bureaux de l’administration, les classes et la majorité des laboratoires. L’édifice était doté d’un bail d’entrée agréable, d’une bibliothèque richement meublée, d’un auditorium et d’une vaste salle pour les étudiants.


Ce fut l’engagement de nouveaux professeurs, les uns pour remplacer des départs, la plupart cependant à la place de chargés de cours, tels les docteurs G. Cousineau, L-P. Phaneuf, L. Choquette et A. Lagacé. Tous revenaient détenteurs d’un diplôme d’études supérieures. Le professeur de chimie fut remplacé et on ajouta un professeur de physique.


Photo:
Ces bâtiments situés derrière l'École de médecine vétérinaire en 1955, ont été les premiers à être utilisés avant la construction du nouveau bâtiment quelques années plus tard.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH116.


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