L’École de médecine vétérinaire
de la province de Québec (3)


Par Jean-Baptiste Phaneuf
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 22 octobre 1997.


C’est en mars 1969 que l’École de médecine vétérinaire devint officiellement l’École de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, dont elle allait devenir une faculté quelques années plus tard. L’Université par contrat avec le gouvernement devenait propriétaire du terrain, des bâtiments et avait la responsabilité de plus de 22 nouveaux professeurs - les 22 sur la mosaïque et les quelques autres aux études. Cette intégration ne provoqua pas grand changement dans l’équipe de direction. Le directeur Ephrem Jacques, devînt le premier doyen et il était assisté d’un vice-doyen, d’un secrétaire et de deux adjoints, l’un pour l’administration et l’autre pour l’éducation continue.


Coïncidence le cours, de 5 ans qu’il était, passait à 4 ans. C’est qu’au Québec venait de se concrétiser la mise en place des recommandations du rapport Parent. Le seuil d’admission à l’université était désormais le DEC, le diplôme d’étude collégial décerné par un CEGEP. Si pour les professeurs l’enseignement avait été jusque là la priorité, ils devaient désormais compter avec une seconde responsabilité, la recherche, qui a l’Université est une condition dans les perspectives d’avancement. Mais ils voyaient en même temps s’appliquer l’échelle universitaire qui débute par chargé d’enseignement pour être couronné par le titulariat. Une meilleurs structure.


Les premières années de «septante», plusieurs nouveaux professeurs furent engagés dans les domaine où le besoin se faisait plus sentir comme en histologie, anatomie pathologique et sciences cliniques. Ces professeurs, pour la plupart, étaient détenteurs d’un diplôme d’études supérieures. L’hématologie et biochimie eurent bientôt leurs responsables à l’appui de la clinique.


Un Centre de recherches en reproduction animale (CRRA) vit bientôt le jour, grâce à l’initiative de cliniciens. Il groupait des chercheurs d’autres domaines et son but était l’étude des problèmes de reproduction et de ceux entourant la naissance. Ce Centre va bientôt fêter ses 25 ans.


Les connaissances vétérinaires ne cessant d’augmenter, il fallut songer à des modifications pour ne pas allonger indûment le cours. Et à l’instar des autres écoles vétérinaires de l’Amérique du nord, on délaissa l’enseignement par espèce pour passer à celui par système. Ce qui permettait d’éviter des répétitions. La mise en place de cette façon de procéder fut l’affaire de quelques années.


À l’été de 1971, une incendie rendait inutilisable une grande partie de l’ancien pavillon B, et le laboratoire d’anatomie et la clinique des petits animaux durent trouver en dehors du campus des locaux temporaire. Ce fut sans doute le coup de pouce pour hâter la construction de deux nouveaux bâtiments pour loger ces laboratoires. Ils furent inaugurés en 1975. Ils comblaient un besoin urgent pour l’enseignement de la médecine des petits animaux en train de donner un nouveau visage à la profession vétérinaire.


Deux nouveaux programmes furent mis de l’avant, l’internat de perfectionnement en sciences appliquées vétérinaires (IPSAV) et le diplôme de médecine vétérinaire préventive (DMVP). Tous deux d’une année, alors que le premier visait un approfondissement des matières de la pratique vétérinaire clinique, le second voulait former des conseillers avertis à point, car les élevages de porcs de volailles se faisaient plus nombreux en même temps qu’y apparaissaient des maladies nouvelles.


À la fin des années 70, de nouveaux professeurs se joignaient à l’école détenteurs de spécialités. La virologie avait désormais ses professeurs à l’école, un élément essentiel dans l’étude des maladies virales. L’équipe des spécialistes de la reproduction se complétait, permettant l’application de la transplantation d’embryons. La radiologie, l’anesthésiologie, la dermatologie, l’ophtalmologie, la cardiologie même, avaient leurs spécialistes qui contribuaient à l’amélioration de l’enseignement et de la pratique vétérinaire. Des études poursuivies de nombreuses années à l’école permirent d’établir des normes biochimiques valables pour connaître l’équilibre nutritionnel des troupeaux laitiers, un instrument profitable pour les éleveurs et les vétérinaires en pratique bovine. Il vaut toujours mieux prévenir.


Photo:
Le docteur Ephrem Jacques, le premier doyen de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, Studio B.J. Hébert photographe, CH085/005/000/0066.


Cet article est le troisième d'une série de quatre.


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