L’École de médecine vétérinaire
de la province de Québec (4)


Par Jean-Baptiste Phaneuf
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 29 octobre 1997.


À la fin des années 70, la nomination d’un vice-doyen à la recherche montre l’importance que la faculté attachait à ce secteur; celle d’un directeur administratif est garant de son développement continu. Le manque d’espace favorisé par l’augmentation des étudiants au premier et au deuxième cycle se faisant sentir au point d’être un obstacle au progrès prévu. Il fallait agrandir, mais comment ? De là l’aménagement de locaux temporaires dans des maisons préfabriquées qui continuent d’être encore utilisées.


La décennie 80 vit la Faculté poursuivre ses efforts d’adaptation pour combler les besoins déjà déclenchée par le développement intense de certaines productions animales et par l’engagement des québécois pour les animaux de compagnie. On porta une attention particulière aux pathologies aviaire et porcines par l’engagement d’un personnel en mesure de répondre au besoin de l’enseignement et du service aux éleveurs.


L’enseignement clinique prit de l’expansion et plusieurs nouveaux cliniciens, la plupart détenteurs d’un diplôme d’études supérieures ou de spécialisation, complétèrent l’équipe professorale en place: anesthésiologie, pathologie clinique, chirurgie, thériogénologie (reproduction) et quoi encore.


La recherche était à l’appui de l’enseignement et était créé en 1982 le groupe de recherches pour l’étude des maladies infectieuses du porc, le GREMIP, groupe multidisciplinaire de chercheurs qui ont contribué à une meilleure compréhension, au dépistage et au contrôle de plusieurs maladies d’importance chez le porc au Québec. Dans les mêmes années, le GREMEQ voyait également le jour en vue d’études d’effections équines.


Ces efforts furent couronnés et en 1984 la Faculté recevait son accréditation de l’American Veterinary Medical Association et ainsi était reconnue comme une école dotée des facilités et des compétences nécessaires au meilleur enseignement vétérinaire. Que de chemin parcouru !


L’année suivante avait lieu l’inauguration du bâtiment en forme de L qu’on voit entre l’édifice principal et «l’hôpital des animaux de la ferme.» Ce bâtiment de trois étages loge le secteur d’anatomie pathologique avec sa salle de nécropsie, une animalerie, une classe, des laboratoires d’enseignement et de recherche et de nombreux bureaux. Cette construction allait provoquer des transformation importantes au niveau de l’hôpital, transformations nécessaires pour répondre mieux à l’enseignement clinique. La pharmacie fut déplacée, un salle d’accueil centrale aménagée et une étable de recherche vint compléter le tout.


L’année 1986 marqua le centenaire de fondation par Daubigny de l’École vétérinaire française de Montréal qui après de nombreuses tergiversations est devenue la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Des têtes importantes ont souligné cet anniversaire et elles furent l’occasion d’une campagne de souscription pour un fond dont les fruits ne cessent d’alimenter la recherche clinique.


Poursuivant sa marche, la Faculté se dotait d’une ferme de recherche qu’on peut remarquer sur la route de Saint-Damase; la clinique ambulatoire s’installait un peu à l’écart du campus au coin de Dessaulles et des Vétérinaires. Sur le même avenue, venaient s’ajouter, quelques années plus tard, la salle des étudiants, et cette année, la nouvelle bibliothèque aménageait dans un bâtiment rénové, laissant ses anciens locaux à de nouvelles classes plus en harmonie avec les perspectives de l’enseignement vétérinaire. Et pour couronner le tout, la Faculté s’est ouverte à l’environnement avec l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie et son centre québécois de la santé des animaux sauvages. elle apportait en même temps son rayonnement au monde vétérinaire francophone.


L’installation de l’École de médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe, il y a cinquante ans (en 1997), était une action de sauvetage. Ses responsables, dans leurs grandes ambitions, n’avaient certes pas prévu le chemin qu’elle allait parcourir. Après avoir, de nombreuses années, formé des professionnels de la pratique vétérinaire, elle a graduellement élargi son rôle par ses programmes d’études et de recherches répondant aux nécessités de la formation continue et à celle de spécialistes et de chercheurs. Ses professeurs-chercheurs en plus d’assurer un enrichissement à leur enseignement ont contribué à faire progresser les connaissances par des études fondamentales et appliquées, et à trouver des moyens d’atténuer les méfaits des nombreuses maladies affectant le cheptel québécois, tout en étant une source de services et de renseignements pour les vétérinaires praticiens.


La Faculté de médecine vétérinaire, ce sont ces dix bâtiments qu’on peut voir sur le campus, à part ceux hors campus. Ce sont aussi les quelques 400 étudiants dominés par la gent féminine, dont une centaine aux études supérieures, et c’est l’équipe des 75 professeurs appuyés d’un personnel de soutien de près de 200 personnes. Une véritable petite et moyenne entreprise, n’est ce pas, qui contribue à la renommée de Saint-Hyacinthe comme centre d’éducation et de formation.


Photo: 
Au cours des années 1980, l'engouement des Québécois pour les animaux de compagnie amène une nouvelle clientèle.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH380.


Cet article est le dernier d'une série de quatre.


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