La Métairie à La Providence (1)


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 8 avril 2010.


La Métairie Saint-Joseph est située au 1675, rue St-Pierre Ouest, dans le quartier La Providence, à Saint-Hyacinthe. Autrefois, ce petit domaine agricole servait à nourrir tous les résidents de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, de l’Ouvroir Ste-Geneviève, de hôpital de la ville ainsi que ceux de la Métairie. Cela représentait plusieurs centaines de bouches à nourrir à tous les jours, car en plus des religieuses et des gens malades, on comptait des personnes âgées, des orphelins, des nécessiteux et divers pensionnaires. C’est pourquoi, de 1856 à 1913, devant des besoins sans cesse grandissants, les religieuses feront l’acquisition de plusieurs terres agricoles dans le secteur de La Providence.


Les terres
C’est le 2 octobre 1856, que l’abbé Édouard Crevier, ancien curé de la paroisse, fit don de trois terres totalisant 120 arpents de superficie, aux Sœurs de la Charité de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, d’une valeur estimée à 2 000$. Territoire situé approximativement de nos jours, de la rivière Yamaska jusqu’aux limites des terres du Chemin Saint-Dominique, de l’actuel chemin de la garderie jusqu’à la rue Bourdages-sud. L’abbé Crevier avait lui-même reçu ces terres en donation par Charles l’Heureux, riche cultivateur. Cette communauté religieuse, à Saint-Hyacinthe depuis 1840, qui avait fondée l’Hôtel-Dieu, accepte bien entendu ce cadeau de l’abbé Crevier. Dorénavant, les religieuses pourront mieux répondre aux besoins alimentaires de l’institution. L’exploitation des terres est confiée à un fermier.


Monsieur Lambert Sarazin, commerçant, ami et bienfaiteur de la communauté, informe les religieuses en 1874, qu’une terre de 2 arpents de largeur par 30 arpents de profondeur (lot 343 du cadastre), voisine de la leur, comprenant un grand bâtiment à moitié construit, est à vendre par monsieur Francis Morison. C’est la terre de l’actuelle maison de la Métairie. Sarazin acquiert la propriété de Morison le 16 mars 1874, et la revend aux religieuses le 16 avril suivant devant Me Louis Taché, notaire, au montant de 3 500$. Il est alors décidé que quatre religieuses seront spécialement chargées de la ferme. Outre la maison, la transaction comprend également une grange, une écurie, un hangar et autres bâtisses.


Le 24 février 1882, Azarie Gauthier, cultivateur, vend aux Sœurs de la Charité, pour un montant de 7 600$, les terres des lots 104 et 104-A, avec bâtiments. De nos jours, il s’agit du secteur des rues Fontaine et Rajotte, du terrain des Loisirs de La Providence, et d’une bonne partie du territoire des Coulées de la Métairie (lot 104-A). Le 13 septembre 1897, David Blanchette, cultivateur, vend aux Sœurs un terrain de forme triangulaire, partie du lot 108 du cadastre,  contenant environ un arpent de superficie, pour un montant de 50$. Cette dernière transaction, comme la suivante, permettaient aux religieuses de mieux accéder à leurs terres acquises en 1882. Le 19 mars 1902, David Blanchette, donne à la communauté une bande de terrain longeant le chemin de fer, de 25 pieds de largeur par 300 pieds de longueur, partie du lot 108.


Le secteur des rues Marguerite-d’Youville, Savard et Frère-André, est situé sur une partie de la terre, lot 343, achetée par les Sœurs le 2 juin 1909, de monsieur Henri Héneault, cultivateur du village de La Providence. Payée au montant de 6 000$, elle avait 2 arpents de front, à partir de la rivière, sur 30 arpents de profondeur, incluant des bâtiments dont une maison. Le 13 décembre 1911, Alfred Godin, boucher, vend un lopin de terre, partie du lot 106, d’un arpent et demi de large par 21 arpents et quart, pour 3 000$. Il s’agit d’un terrain vis-à-vis le boulevard Hébert, et qui débutait à la rue Saint-Paul. Finalement, les religieuses acquièrent une terre et plusieurs terrains adjacents, le 6 mai 1913, de David Blanchette, cultivateur, la partie du lot 108, non construite, ainsi que tous les terrains cadastrés à l’ouest de la rue Bourdages-sud. Tout ce grand terrain est vis-à-vis les rues Saint-Michel, Saint-Augustin et Demers. On y retrouve notamment aujourd’hui, les rues des Bazars et Couvent-de-Lorette.


Première maison de la Métairie
On réalise les travaux de réparations de la maison qui faisait partie de la transaction de 1874, et finalement, Mgr Louis-Zéphirin Moreau, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, bénie cette nouvelle maison dédiée à saint Joseph, le 5 juillet 1874, soit quelques semaines après la date de fondation de la Métairie, soit le 14 mai précédent. Elle sera réellement habitée qu’à partir du 8 mai 1875. Désormais, le petit domaine agricole de la Communauté des Filles de la Charité de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe va se voir confier différentes missions dont celle de nourrir tous les bénéficiaires de cette vénérable institution oeuvrant auprès des malades et des plus démunis pour les quatre-vingt dix prochaines années.


Photo:
Troupeau de vaches Holstein et terres de la Métairie, dans
Le Mérite agricole, 1951. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Cet article est le premier d'une série de cinq.

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