La Métairie à La Providence (4)


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le  29 avril 2010.


Ensuite, on agrandie l’Hôtel-Dieu, ce que nous apprend le journal Le Courrier, du jeudi 25 mai 1899 : « Messieurs Dussault et Lamoureux, fondeurs de cette ville, ont obtenu un contrat pour 80 colonnes en fonte devant servir à la construction de l’aile d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu. […] Cette aile de quatre étages agrandira beaucoup notre hôpital devenu trop exigu depuis l’incendie de la Métairie Saint-Joseph ». 


Au cours des années, la maison de La Métairie construite en 1898-1899, bénite et officiellement inaugurée le dimanche 9 avril 1899, subira différents travaux d’agrandissements, de réparations et de réaménagements. Retenons notamment l’année 1973, où les Sœurs de la Charité décident d’agrandir la maison de La Métairie en construisant un nouvel immeuble à proximité.


Ce bâtiment va permettre de loger une vingtaine de religieuses retraitées et âgées. Les travaux débutent le 13 novembre 1973. « Vers 18h30, le dimanche 13 janvier 1974, une explosion est causée par une fournaise utilisée pour réchauffer les coffrages d’assises qui devaient être coulées prochainement. La paille, utilisée comme isolant contre le froid a servi de combustible. Le feu s’est ainsi propagé aux réservoirs de carburant. Le vent poussait les flammes vers la maison de La Métairie. Les corniches du côté exposé au brasier se sont allumées, de même qu’une galerie et une lucarne. Les pompiers ont dû travailler ferme pour empêcher le feu de se répandre à travers les murs de toute la bâtisse. Ils travaillaient à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. La Métairie a failli y passer ! » (Le Courrier, 16 janvier 1974). Les travaux de construction du nouvel immeuble étaient presque terminés à la mi-juin. Suite au début d’incendie de la maison de La Métairie, à la demande des assurances, des travaux sont amorcés le 11 mars 1974, pour rendre le bâtiment plus sécuritaire.


La ferme
Après l’acquisition de 1874 où Lambert Sarazin, ami et bienfaiteur de la communauté, avait servi d’intermédiaire dans la transaction, ce dernier avait fait don aux Sœurs « d’un roulant » évalué à 1 000$ (le terme « roulant » peut signifier : outils et équipements agricoles, animaux, etc). Ainsi, la réelle exploitation de la ferme pouvait débuter.


Lundi le 3 septembre 1906, un incendie d’origine accidentelle détruit plusieurs bâtiments de ferme. Des animaux auraient péris dans les flammes. Journal La Tribune, du 7 septembre : « Comme on le sait le village de La Providence n’a aucun moyen de combattre le feu. Aussi c’est avec un jet d’eau de ridicule pression et des seaux que les domestiques du couvent, aidés des citoyens, durent lutter jusqu’à l’arrivée de la brigade du feu de Saint-Hyacinthe. […] de bien lourdes pertes causées par la destruction complète de cinq vastes bâtiments renfermant une grande partie des récoltes de l’année ». Parmi les bâtiments qui auraient été détruits, nous retrouvons notamment, l’écurie, la grange-étable et la porcherie. Les dommages sont évalués à environ 8 000 $. La Tribune, 5 octobre 1906 : « Les Sœurs de la Métairie sont à faire préparer les plans des bâtiments qu’elles construiront pour remplacer ceux qui ont brûlé. Ces bâtiments seront construits d’après les données les plus modernes ». Ces plans ont été réalisés par l’architecte montréalais Charles Chaussé.


Le malheur est de retour le lundi 25 septembre 1961. En effet, la grange-étable, trois silos et autres bâtiments de ferme sont détruits par un incendie qui s’est déclaré vers 19h15. Journal Le Courrier, jeudi 28 septembre : « Des pertes de 150 000$ à La Métairie Saint-Joseph. – Un incendie spectaculaire, dont on ignore la cause, a réduit en cendre la plus grande partie des bâtiments [de ferme] de la vieille Métairie, l’une des fermes les plus considérables et les plus modernes de la région. Il ne reste que des ruines … Les religieuses sont à se demander où elles logeront une centaine de bêtes à cornes au cours des mois d’hiver. Pour l’instant, le problème est de traire à la main quelque 70 vaches laitières, alors que les bêtes n’y sont pas plus habituées que les employés. Les pompiers de La Providence auxquels se joignirent ceux de Saint-Joseph combattirent les flammes avec tous les moyens à leur disposition. […] Quelque 125 porcs ont péri, il fut impossible de les sauver ». Cet incendie fut d’une certaine manière, le début de la fin de la ferme de La Métairie. Le 4 octobre suivant, le troupeau de vaches est vendu à Paul Adam de Beloeil. Au cours des années suivantes, les autres animaux seront vendus. Il fut également décidé que dorénavant les terres seront exploitées en grande culture : foin, céréales, maïs, etc.


Photo:
Grange-étable de La Métairie, incendiée en 1961. Le Mérite agricole, 1951. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Cet article est le quatrième d'une série de cinq.


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