La paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement (1)


Par Roch Morin
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 4 juin 1996


Introduction
En souvenir du Congrès Eucharistique de juin 1944 et en reconnaissance pour la protection maternelle que la Vierge Marie a toujours accordée à son diocèse, son excellence Mgr Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, érigeait le 12 janvier 1946 une nouvelle paroisse, dans sa ville épiscopale, sous le vocable de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.


Le développement de la ville de Saint-Hyacinthe au nord de la voie du Canadien National a rendu nécessaire l’érection de deux nouvelles paroisses : Notre-Dame du Très-Saint-Sacrement et Sacré-Cœur-de-Jésus.


La paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, démembrement des paroisses de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur et de Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire, occupe cette partie du Bourg-Joli qui s’étend de la voie ferrée du Canadien National jusqu’aux limites de la paroisse de Saint-Thomas d’Aquin. La rue Ste-Anne la sépare de la paroisse Sacré-Cœur. Lors de son érection canonique la paroisse comptait 2 263 âmes.


Il est intéressant de noter que le territoire de la paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement se situe sur des lopins de terre qui appartenaient à quatre communautés religieuses: Les Sœurs de la Charité entre les rues Ste-Anne et Saint-Joseph;

  •  Les Pères Dominicains entre les rues Saint-Joseph et  Bourdages;
  •  Les Sœurs de Saint-Joseph entre les rues Bourdages et Ste-  Catherine;
  •  Les Sœurs du Précieux-Sang, à l’ouest de la rue Ste-  Catherine.


La Corporation épiscopale de Saint-Hyacinthe a acheté les terrains pour la construction de l’église et du presbytère et les a donnés à la Fabrique Notre-Dame du-Très-Saint-Sacrement. Les cinq maisons érigées sur ces terrains ont été vendues aux enchères pour être ensuite relocalisées en divers endroits de la nouvelle paroisse.


Le territoire de la paroisse tel que décrit dans le décret permettait d’envisager un développement considérable de cette nouvelle paroisse. Grâce à l’essor de la Coopérative d’habitation, on pouvait déjà rapporter que 622 familles comprenant 2 616 personnes résidaient dans la paroisse à la fin de 1948.


Dès la première assemblée des francs tenanciers de la paroisse, le nouveau curé monsieur l’abbé François-Xavier Leblanc leur demande de prendre d’importantes décisions pour favoriser l’initiation des procédures devant mener à la construction de l’église. Tout d’abord, ils autorisent les marguilliers qu’ils viennent d’élire à effectuer un emprunt qui leur procurera la marge de manœuvre requise pour débuter la construction. Les marguilliers sont aussi autorisés à effectuer toutes les démarches et à signer tous les documents pour concrétiser cet emprunt.
En second lieu, ils désignent monsieur Séraphin Cyr, architecte, pour la confection des plans et devis de l’église et du presbytère. Cette anecdote illustre bien le profond désir du curé et des paroissiens de doter la communauté de son propre lieu de culte le plus rapidement possible.


Les premiers états financiers de la paroisse indiquent qu’un premier emprunt de 150 000,00$ a été effectué: on y voit également que près de 95 000,00$ ont été affectés à la construction au cours de cette première année. Le contracteur retenu est la firme Lucien Vadeboncœur alors que la firme Franki est chargée de réaliser les fondations dont le creusage débute en 1946.


La bénédiction de la pierre angulaire, présidée par Mgr Victor Quintal, vicaire général du diocèse, a eu lieu le 13 octobre 1946. Cette cérémonie marque vraiment le début des travaux
La construction du sous-sol de l’église et du presbytère s’est poursuivie au cours de l’année 1947 en ayant pour objectif de terminer l’aménagement de cette partie pour y tenir les activités du culte paroissial au plus tôt.


C’est le 3 octobre 1947, le premier vendredi de ce mois, que la première messe est célébrée au sous-sol du presbytère remplie à pleine capacité. En ce jour de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il est rapporté que l’émotion de tous les participants est grande et la joie de se trouver dans ces nouveaux locaux est manifeste. La messe, sur semaine sera célébrée en cet endroit pendant une dizaine de jours.


Dimanche le 5 octobre, par une température idéale, la messe dominicale est chantée pour la première fois au sous-sol de l’église. C’est également dans la joie la plus intense que les paroissiens vivent cette étape importante dans la progression de l’édification de leur église.


Ces observations tirées de l’album souvenir publié à l’occasion de la bénédiction de la nouvelle église de la paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, le 16 mai 1948, nous illustrent très bien les étapes franchies pour parachever la construction de ce nouveau temple.

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Photo:
Vue aérienne d'une partie du quatier Saint-Sacrement en 1955.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, Studio Lumière CH116