La paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement (2)


Par Roch Morin
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 11 juin 1996


Aujourd’hui, on pourrait conclure que la période de temps consacré à la construction de l’église a été relativement longue. Cependant, quand l’on considère la nature de l’édifice et les moyens d’alors, il faut reconnaître que la construction s’est effectuée dans un délai plus que raisonnable.


En effet, cet énorme édifice de ciment a englouti plus de 11 200 sacs de ce matériau soit l’équivalent de 16 chars. Comme tout devait être transporté et monté à force de bras, il a fallu un grand nombre d’ouvriers pour exécuter ce projet. À plusieurs occasions le travail se poursuivait durant la nuit, car on ne pouvait pas arrêter le coulage quand une section était commencée.


Les dimensions de la nouvelle église sont imposantes lorsque l’on considère que la nef, de forme rectangulaire, permet de loger 640 personnes assises, le jubé 75 et le sous-sol, près de 500. Quant au choeur, il est aussi très spacieux, permettant à plusieurs concélébrants de participer aux célébrations sans y être à l’étroit.


Il est intéressant de noter que cet immense chantier n’a entraîné aucun accident. On raconte, cependant, qu’un jeune gamin s’est aventuré dans les échafaudages; lorsqu’on l’a aperçu, il était, parait-il, rendu assez haut, on dit aussi qu’il est descendu plus vite qu’il est monté mais, sans encombre et avec plus de peur que de mal.


On peut situer la fin des travaux majeurs au début de l’année 1948 puisque la bénédiction de l’église a eu lieu le 16 mai 1948.


Par la suite, à l’exception des travaux d’entretien régulier, deux modifications d’importance ont été effectuées pour donner à notre église sa forme actuelle. En premier lieu, l’aménagement de la chapelle de Fatima à l’avant de l’église vers 1954, lors de la transformation de l’église, selon les spécifications du concile Vatican II, cette chapelle a été déménagée à l’endroit où elle est présentement. Cette chapelle traduit la grande piété du curé Leblanc à l’égard de la Bienheureuse Vierge Marie. En effet, il semble que sa réalisation lui ait été inspirée par la Vierge lors d’un voyage en Europe, alors qu’il s’est rendu à Fatima en pèlerinage.


Deuxièmement, en 1966, lorsque la décision fut prise de célébrer les messes face au peuple, des modifications majeures ont été effectuées dans le choeur. L’autel transformé a été transporté sur son site actuel et les sièges du célébrant et de ses assistants furent ramenés à l’arrière de l’autel et placés au mur face à l’assistance.


Un premier chemin de croix a d’abord été érigé,au sous-sol, le 23 octobre 1947. C’est en 1966, que les stations actuelles réalisées en mosaïque, acquises de la réputée maison d’art religieux Bernardi et Nieri, ont remplacé les premières de 1947.


Le coût approximatif de l’église et du presbytère est de 240 000$; par ailleurs, l’ameublement de l’église s’est élevé à environ 20 000,00$ offerts, en majeure partie, à la Fabrique par de généreux paroissiens.


La bénédiction de notre église
Les journaux de l’époque relatent que Son Excellence Mgr Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe a présidé, le 16 mai 1948, à la bénédiction de l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.


Dans le Courrier de Saint-Hyacinthe, on y lit:« que Mgr Douville était assisté de Mgr Léon Fortin, p.d. curé de la Cathédrale et du Révérend Père Fernand-Marie Fortin,o.p. curé de la paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire.monsieur l’abbé Gaston Girouard agissait comme animateur. La bénédiction commença le matin, à dix heures trente et fut suivie d’une messe basse, chantée par le R.P. Athanase Francœur, o.m.i. Le sermon de circonstance fut prononcé par Mgr Douville. Il y eut,l’après midi,une exposition des ornements et des vases liturgiques tandis que plusieurs centaines de visiteurs affluèrent à l’église malgré une température maussade.» Cette journée terminait dans la joie la période de construction de notre église.


Le nouveau temple,érigé à l’intersection des rues Bourdages et Duvernay, une fois complété représente un véritable symbole de foi en la Bienheureuse Vierge Marie. C’est un édifice de béton armé, aux lignes modernes. Au dessus du portail, une immense statue de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement invite les fidèles à venir se recueillir et prier. La ligne élancée de la voûte met en valeur le magnifique vitrail illustrant, au moyen de couleurs vives, la Présentation de Marie au Temple. Il faut aussi noter la beauté des boiseries et, particulièrement l’autel et la balustrade sculptés par monsieur l’abbé Raoul Martin, un sculpteur renommé qui a apporté sa valeureuse contribution à la beauté de notre église. L’autel a été utilisé pour le Congrès Eucharistique qui a eu lieu sur les terrains du Séminaire en 1944.


Dans un cri du cœur qui traduisait bien sa grande fierté, monsieur le curé François-Xavier Leblanc écrivait: «Notre église est l’un des plus beaux temples de notre ville. Sa peinture, ses lustres, son parquet et ses boiseries lui donnent une belle atmosphère de piété mariale. Nous devons en être fiers et tout cela, nous le devons à votre générosité.»


Aucun autre commentaire ne pourrait terminer plus adéquatement ces notes sur la construction de notre église. 

Cet article est le deuxième d'une série de trois.

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Photo:
L'abbé Raoul Martin, un sculteur maskoutain qui a fabriqué l'autel et la balustrade de l'église Saint-Sacrement.
Collection Centre d'histoire CH001.