La paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement (3)


Par Roch Morin
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 18 juin 1996,


Les cloches
À la fin des travaux de construction, une seule cloche a été utilisée temporairement en attendant que le carillon de trois cloches soit prêt à être installé dans le clocher. C’est dimanche le 1er mai 1955 à 15:00 hres, qu’eût lieu la bénédiction des nouvelles cloches, présidée par Mgr Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe.


Ces cloches ont été coulées en France, à Annecy-le-Vieux en Haute-Savoie, par l’entreprise Paccard de renommée internationale. C’est ce qui explique la résonance particulièrement claire de ce carillon puisque l’alliage de métaux utilisé par cette maison est très spécial et favorise une sonorité inimitable et incomparable.


La Fabrique Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement
Dès la fondation de la paroisse, un groupe de paroissiens a été mandaté pour administrer la fabrique. C’est le 20 janvier 1946 que la première assemblée des francs tenanciers de la nouvelle paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement a été tenue.


Le registre des délibérations de cette assemblée indique qu’un grand nombre de paroissiens y étaient présents. Il y est fait état que monsieur Adélard Morin est élu premier marguillier du banc et marguillier comptable. Monsieur Jean-Paul Lazure, deuxième marguillier du banc et monsieur J. Alphonse Vincent, 3ième marguillier du banc et messieurs Henri Foisy, Gustave Mercure, le seul survivant du groupe, Jean-Louis Ménard, Gustave Chabot et Henri Gagnon sont également élus anciens marguilliers.


Par la suite, à chaque année, un marguillier est élu pour remplacer le marguillier du banc et ce, jusqu’en 1966, année de l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les fabriques. À compter de cette année et, compte tenu des dispositions de la nouvelle Loi, les nominations se font au rythme de deux par année. Il a d’ailleurs fallu constituer un nouveau Conseil d’administration en 1966 et confier un mandat nouveau à six personnes conformément à la nouvelle Loi. Il est intéressant de noter que les six paroissiens désignés étaient déjà marguilliers auparavant.


Avec la nouvelle Loi, le mandat de marguillier est réduit à trois ans mais une seconde élection consécutive est possible. Une personne peut cependant être rééligible après une absence d’un an de la Fabrique. Il est à noter que c’est en 1983 seulement que deux femmes sont désignées par l’assemblée des paroissiens pour faire partie du Conseil de la Fabrique Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.


La pratique religieuse
Nous savons tous que la pratique religieuse de même que le service paroissial ont évolué considérablement au cours des cinquante années d’existence de la paroisse.
Sans entrer dans une discussion sociologique sur les raisons de cette évolution nous nous bornerons à constater des faits et des situations.

Dans la liste des événements survenus dans la paroisse, publiée en 1948, à l’occasion de la bénédiction de l’église, il est fait référence à la fondation de la Ligue du Sacré-Cœur, le 9 novembre 1947 et à l’érection canonique de la Fraternité du Tiers-Ordre Franciscain le 27 janvier 1948.


Le nombre de membres inscrits à la Ligue du Sacré-Cœur était de 157 alors que 213 tertiaires ont formé la Fraternité du Tiers-Ordre. Nous faisons référence à ces deux événements pour illustrer la très grande participation des paroissiens aux divers mouvements religieux.


Un autre fait illustrant la participation très nombreuse aux activités du culte paroissial, c’est l’affluence aux grand’messes les dimanches et jours de fêtes. En effet, à ces occasions, il fallait chanter deux grand’messes en même temps, l’une dans la nef et l’autre, au sous-sol. Comme notre église peut accueillir 640 personnes dans la nef et près de 500 au sous-sol on peut avoir une bonne idée du niveau de participation des gens au milieu des années 60. Également, la messe de minuit à Noël était chantée concurremment à l’église et à l’école Mercier et ce, pendant un certain nombre d’années.


L’énumération des mouvements en existance dans la paroisse en 1954, illustre concrètement les possibilités d’implication active dans un grand nombre de comités : Comité d’Action Catholique, Comité paroissial, Ligue du Sacré-Cœur, Tiers-Ordre, Dames de Sainte-Anne, Enfants de Marie, Apostolat de la Prière, L.O.C.F. (Ligue Ouvrière Catholique Féminine), J.O.C.F. (Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine), J.É.C.F. (Jeunesse Étudiante Catholique Féminine), Croisade Eucharistique, Cadettes du Sacré-Cœur, Cercle Lacordaire, Cercle Jeanne d’Arc, Intronisation du Sacré-Cœur.


Aujourd’hui (en 1996), seule la Fraternité du Tiers-Ordre Franciscain continue ses activités dans le cadre de la vie paroissiale, tous les autres mouvements sont disparus. Les activités paroissiales, selon une formule nouvelle plus adaptée aux goûts et aux besoins des paroissiens, sont encore nombreuses et variées. Parallèlement à ces approches différentes, les offices du culte ont aussi été modifiés et certains suspendus. Le français a remplacé le latin dans les divers offices; les vêpres et la procession du saint Sacrement sont disparus.


Cette évolution tient compte, bien sûr, du Concile Vatican II qui a proposé une mission renouvelée aux laïcs. C’est dans cet esprit, que le Conseil paroissial de Pastorale, le Comité de Liturgie ainsi que diverses activités comme la pastorale scolaire et la pastorale du baptême et l’initiation aux sacrements du pardon, de l’eucharistie et de la confirmation ont été redéfinis.


Ces quelques notes qui relatent à leur façon la vie paroissiale sont tirées de l’album publié pour souligner le cinquantième anniversaire de fondation de la paroisse Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement. Un exemplaire est disponible pour les chercheurs au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Photo:
Facade l'église Saint-Sacrement. 
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, Studio B. J. Hébert CH085.

Cet article est le dernier d'une série de trois.

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