La visite royale de 1951 (2)


Par Paul Foisy
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 21 septembre 2017.


Le 12 octobre 1951, le journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe publie un texte d’un correspondant à Ottawa sur la visite royale au Canada : « Pour nous Canadiens, la visite de la princesse Élisabeth et de son époux comporte un aspect de grandeur, de noblesse qui nous fait mieux comprendre le sens véritable de la Couronne qui nous associe au Commonwealth britannique. Que la future reine d’Angleterre veuille prendre contact avec notre peuple qu’elle désignera peut-être un jour comme “mon peuple”, cela ne peut avoir d’autre résultat que de rendre encore plus heureuses les relations entre notre pays et ce que, parfois en certains milieux, on se plait encore à appeler l’empire britannique. »


Voyons ce qui s’est passé au cours de cette journée historique du 5 novembre 1951 où la future reine est venue saluer la population maskoutaine.


Au départ, il faut savoir que la Ville de Saint-Hyacinthe déclare la matinée fériée. Les écoles sont fermées et les usines accordent une heure à leurs employés afin de leur permettre d’assister à l’événement.


Dès 8 heures du matin, plusieurs détachements se mettent en position afin d’assurer la sécurité : cinquante hommes du Régiment de Saint-Hyacinthe ; soixante cadets du Corps de cadets no 1858 ; huit agents de la GRC ; douze policiers du Canadien National, six de la Police provinciale et vingt-quatre de la Police municipale. La Sécurité civile et la Croix-Rouge sont responsables des premiers soins.


Un groupe d’élèves de quatrième année ainsi que leurs professeurs se place devant l’estrade d’honneur aménagée sur la rue Sicotte à l’ouest de la gare. Tout le périmètre est fermé par une clôture. Seules les personnes munies de laissez-passer ont accès au quai et à l’estrade d’honneur. En plus des invités de la Ville de Saint-Hyacinthe, de la fanfare de la Philharmonique, des scouts et des guides, on accepte les blessés qui résident à l’hôpital des vétérans de Saint-Hyacinthe.


Une foule estimée à 10 000 personnes attend patiemment l’arrivée du train qui s’arrête à 9 h 55. L’honorable Hugues Lapointe, le ministre canadien des Affaires des Anciens Combattants, descend du train et accompagne le maire Picard et son épouse vers le dernier wagon afin d’y accueillir la princesse et son mari. Le groupe se dirige ensuite vers l’estrade au son du « God save the King ».


Le maire Picard effectue la présentation des notables de la ville qui sont réunis sur l’estrade d’honneur. Parmi eux, mentionnons, Son Excellence Mgr Douville, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe ; M. Ernest-J. Chartier, député du comté à l’Assemblée nationale ; l’Honnorable T.D. Bouchard, sénateur ; M. Joseph Fontaine, député de Saint-Hyacinthe-Bagot à la Chambre des communes et les autres membres du Conseil municipal.


Le maire Picard offre à la princesse une gerbe de roses rouges et déclare : « Je vous souhaite la plus cordiale bienvenue dans la plus cordiale des villes. […] Nous aurions désiré que vous puissiez voir la beauté de notre ville et de nos institutions, la beauté de nos parcs et de nos maisons d’enseignement qui font l’honneur de cette province. C’est en souvenir de votre passage que nous vous offrons ce cadeau. » Ensuite, au nom de la Ville de Saint-Hyacinthe, il remet une peinture à l’aiguille d’Anne-Marie Matte-Desrosiers qui représente la Porte des Anciens Maires de Saint-Hyacinthe.


Par la suite, les époux signent le livre d’or de la Ville. Après quoi, la « princesse héritière de la Couronne anglaise tint à se promener parmi les patients de l’Hôpital des Anciens Combattants de cette ville, blessés et malades qui formaient une sorte de garde d’honneur tragique, allongés dans leurs chaises et enveloppés de couvertures, voisins d’une délégation de la Légion canadienne. Elle serra la main à une demi-douzaine d’entre eux, causa avec eux, s’informa de leur santé et de leurs services », résume le journaliste du Courrier de Saint-Hyacinthe le 9 novembre 1951.


Après cet arrêt d’une quinzaine de minutes, le couple royal embarque à bord du train et salut la foule. Le train quitte la gare au son de l’« O Canada », joué par les musiciens de la Philharmonique.


 


Au terme de la visite royale, le journaliste du Courrier conclut que la « ville de S.-Hyacinthe, sans conteste la plus française d’Amérique, aura ménagé à la future souveraine de Grande-Bretagne une réception qui ne le cède à aucune autre au pays, pendant la durée de son voyage au Nouveau-Monde. »


Photo:
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH548, Raymond Bélanger.

Cet article est le deuxième d'une série de deux.


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