La Volcano (1)


Par Jaques Fiset
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 8 octobre 2003


J'ai pensé vous faire connaître le cheminement de cette industrie qui a nécessité la réunion de trois compagnies avant d'arriver à la fondation de la Volcano. Ces trois compagnies ont été fondées par des hommes possédant des qualités et des connaissances particulières. Donc il faudra remonter le temps pour arriver à bien comprendre ce déroulement. À la base, il faut voir le cheminement de messieurs Olivier Chalifoux, F.X. Bertrand et Louis Augustin. 


Monsieur Olivier Chalifoux va établir la fonderie 0. Chalifoux & Fils, en 1849; monsieur F.X. Bertrand machiniste et fondeur, débute en 1873 alors que monsieur Louis Augustin mécanicien, ouvre sa boutique en 1903. Pour bien comprendre la fondation de la Volcano, suivons la démarche de chacun, dans le temps.


0. Chalifoux & Fils Ltée
Olivier Chalifoux né le 20 octobre 1825 à l'Assomption dans Lanaudière. De son mariage avec Odile Sentenne, sont nés quatre garçons et trois filles. Le jeune Olivier s'engage comme forgeron dans les ateliers de la compagnie de chemin de fer, St Lawrence & Atlantic Railway à Montréal. Avec son esprit d'observateur il ne tarde pas à se faire reconnaître comme un ouvrier supérieur. En 1849, la compagnie St Lawrence & Atlantic Railway lui offre d'aller s'établir à Saint-Hyacinthe, qui était à ce moment-là le terminus, pour ouvrir un atelier qui pourrait faire les diverses réparations à leurs engins. 


Ne possédant aucun capital il établit une petite forge sur la rue Saint-Joseph, entre les rues Cascades et Girouard. D'année en année il progresse lentement comme machiniste et fondeur. En 1879, son fils Thomas, entre en société avec lui, sous la raison sociale 0. Chalifoux & Fils, fondeurs, machinistes et fabricants de batteuses. Pendant 33 années d'un travail assidu, le 5 septembre 1882, le feu se déclarait dans ses ateliers.

Fâcheusement comme en 1880, l'aqueduc et la pompe ne fonctionnèrent qu'après un long retard. Cette fois, la faute retomba sur les policiers qui, paraît-il, à l'heure de l'alarme, pique-niquaient sous les pins, aux champs de courses. Ils avaient compté sur la finesse de leurs oreilles. Lorsque la pompe à vapeur et les pouvoirs d'eau furent prêts à combattre, les flammes avaient déjà envahies tous les ateliers. Malgré certains retards, c'est grâce aux efforts du corps de pompiers et d'un bon nombre de citoyens que le feu a pu être limité aux installations Chalifoux. Le bilan est lourd. Les pertes sont de l'ordre de 12 000 $ alors que les assurances ne couvrent que pour 4 000 $.

Malgré ces pertes en septembre 1882 monsieur Chalifoux achète un terrain sur la rue de La Bruyère pour se faire construire une toute nouvelle manufacture. Quatre mois plus tard, en janvier 1883, le travail reprenait dans le nouvel établissement, muni d'un outillage nouveau, adapté à leurs spécialités, avec des modèles neufs en rapport avec les besoins du temps.

En 1893, le fondateur se retire laissant sa place à son autre fils Trefflé qui revenait de l'Ouest canadien, après plusieurs années de pratique et d'expérience acquises dans la ligne des machineries. Il remodela les diverses machines fabriquées ce qui valu une grande réputation comme en fait foi les nombreuses commandes reçues de toutes les parties du Canada.

En août 1904, âgé de 79 ans, Saint-Hyacinthe perdait en la personne d'Olivier Chalifoux, une des figures les mieux connues, ayant marqué notre histoire industrielle. Quelques années plus tard en 1909, âgé de 42 ans, son fils Thomas, décéda lui aussi. Toujours en 1909, la compagnie est incorporée pour devenir la Compagnie 0. Chalifoux & Fils Limitée.

En avril 1911, une fusion s'effectue entre O.Chalifoux & Fils Ltée et Augustin & Daudelin. Il est décidé que pendant le nécessaire à une construction les deux compagnies opérera séparément.

On construit sur le boulevard Laframboise un édifice à deux étages et aussitôt les travaux terminés, chacun quitte ses anciens locaux, et y aménagé tous les appareils nécessaires aux opérations régulières. Monsieur Louis Augustin prend alors la direction de cette nouvelle compagnie. À suivre avec la Compagnie Augustin & Daudelin.


Photos:
Les édifices des installations O. Chalifoux sur la rue de La Bruère et ceux du boulevard Laframboise.

Cet article est le premier d'une série de trois.

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