La Volcano (2)


Par Jaques Fiset
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 15 octobre 2003


Augustin & Daudelin
Rue Saint-Hyacinthe (Hôtel-Dieu), coin Saint-Antoine


Louis Augustin naquit à Lyon en France, en 1862. Il vint s'établir à Berthierville à l'âge de 20 ans, où il épousa mademoiselle Louise Gravel. Deux enfants naquirent de ce mariage, Alfred et Antoinette (madame Wilfiid Girouard). Il partit de Berthier pour aller travailler à Newark, N.J. pour y faire l'apprentissage comme technicien en mécanique, pendant une dizaine d'années. Il s'établit définitivement à Saint-Hyacinthe en 1900, où il fonda l'usine Augustin & Daudelin.

Louis Daudelin vit le jour à Saint-Pie-de-Bagot en septembre 1872. Il prit son instruction à l'école de son village natal. En 1889 il débute comme travailleur de bois chez L.P. Morin et y restera jusqu'en 1900, date à laquelle il s'associe à Louis Augustin, pour fonder la compagnie Augustin & Daudelin, mécaniciens.

Ils sont tous deux inventeurs, et deviennent fabricants de machines à poser les crochets pour les manufacturiers de chaussures. Ces machines jouissent d'une très bonne vogue sur le marché canadien. Leur établissement fournit de l'emploi a plusieurs ouvriers de la ville, qui en ont bien besoin. Ils reçoivent des commandes de toutes les parties du Dominion. La spécialité dans laquelle ils excellent, est celle des modèles pour les inventions. Ce genre de travail est très délicat, il faut développer un grand savoir-faire et beaucoup d'habilité en mécanique technique et pratique, pour attirer les clients. MM. Augustin et Daudelin rapportent de beaux succès dans cette spécialité.

Après onze ans d'excellent travail, en avril 1911, un fusion s'effectue entre Augustin & Daudelin et O.Chalifoux & Fils. Pendant un certain temps les deux industries fonctionnent séparément. Ils achètent un terrain appartenant à monsieur Télesphore-Damien Bouchard sur le boulevard Lafrainboise et lorsque la construction est terminée, la fusion se complète et l'industrie est connue maintenant sous l'appellation de O.Chalifoux & Fils Ltée, et par le fait même, Augustin & Daudelin n'existe plus.

Pendant 15 ans, le nouveau Chalifoux continu à fabriquer des machines à battre le grain, à scier le bois, à presser le foin et des engins stationnaires à gazoline. Leur réputation est convoitée par nombre de ses concurrents. Toutefois durant la guerre de 1914-1918, la pénurie de main-d'œuvre oblige l'entreprise à fermer temporairement ses portes en 1917.

Tant qu'à l'usine Chalifoux de la rue de La Bruyère elle est vendue aux Sœurs Saint-Joseph, de la rue Raymond, qui l'utilise comme dépendance de leur grande maison, grâce à un passage souterrain. Après avoir servie pendant plus de 80 ans, elle est démolie à l'automne 2002, pour faire place à un stationnement privé.

En février 1926, 0. Chalifoux & Fils Ltée, prend le contrôle et la direction de la Compagnie F.X. Bertrand, de la rue Sainte-Anne. Nous verrons dans un prochain article l'histoire de la Compagnie F.X. Bertrand.


Photo: 
L'usine de la compagnie Augustin & Daudelin, mécaniciens.


Cet article est le deuxième d'une série de trois.

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