Le Jour du Souvenir

Par Albert Rémillard
​Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 12 novembre 2008.

Cette journée a lieu le 11 novembre, à la même date que l’anniversaire de l’Armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. Le terme armistice signifie la fin des hostilités lors d’un conflit. 

Lors de la Première Guerre mondiale, les derniers canons se sont tus à 11 heures, le 11 novembre 1918. Par tradition, depuis le premier anniversaire de l’Armistice en 1919, on observe deux minutes de silence à 11 heures, le 11e jour du 11e mois.

Au début, la journée de commémoration se nommait, le Jour de l’Armistice. On a changé ce nom pour adopter celui du Jour du Souvenir parce que ce terme évoquait mieux l’intention : se rappeler la mort des soldats et perpétuer le souvenir de leur sacrifice pour la paix.

C’est le 11 novembre 1931 que le Canada a tenu son premier Jour du Souvenir. Plus de 100,000 Canadiens sont morts en service militaire au cours des conflits suivants : 61,082 sont morts au cours de la Première Guerre mondiale, 1914-1918, 42,042 sont morts au cours de la Deuxième Guerre mondiale, 1939-1945, 516 sont morts au cours de la Guerre de Corée, 1950-1953. Plus de 200,000 Canadiens ont été blessés lors de ces conflits.

La fleur du Souvenir
Le coquelicot est devenu le symbole du souvenir à la mémoire des soldats disparus au cours des conflits. Ce symbole a été choisi à cause d’un poème intitulé Au champ d’honneur écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, médecin-chirurgien au sein de la première brigade de l’Artillerie royale canadienne. En avril 1915, John McCrae s’est retrouvé dans les tranchées d’Ypres, dans les Flandres belges qui furent le théâtre de combats sanglants de la Première Guerre mondiale.

Le 2 mai 1915, le lieutenant Alexis Helmer, âgé de 22 ans, ami de John McCrae, alors au combat dans une tranchée tomba sous le feu de l’artillerie allemande. Le lieutenant Alexis Helmer fut inhumé dans une tombe de fortune marquée d’une simple croix de bois, près d’autres tombes où des coquelicots sauvages avaient déjà commencé à fleurir à travers les croix.

Le lendemain, choqué, John McCrae, incapable de remplir sa mission de médecin responsable des secours aux autres soldats tombés, écrivit alors son poème «IN FLANDERS’ FIELDS».
Le coquelicot, ou papaver rhoeas, est une fleur qui pousse dans les champs de céréales et sur le bord des routes, plus fréquemment quand le sol est calcaire. La couleur rouge du coquelicot était également un symbole approprié pour suggérer le bain de sang de la guerre de tranchées ; tout ceci fut probablement à l’origine du poème de John McCrae.

Au Canada, la première Journée du coquelicot a eu lieu le 11 novembre 1921. Aujourd’hui, des millions de Canadiennes et de Canadiens portent cet emblème rouge afin d’honorer les milliers de leurs compatriotes morts à la guerre.

Les origines de la tradition
La coutume de porter un coquelicot le Jour du Souvenir a pour origine deux initiatives. La première : deux jours avant l'Armistice, madame Moina Belle Michael, enseignante américaine de Géorgie, volontaire du YMCA (Young Men's Christian Association) la branche Américaine d'une association caritative internationale fondée en 1844 par un pasteur Britannique, lut le poème de John McCrae. Elle en fut profondément émue et, en réponse à John McCrae, composa son poème «We Shall Keep the Faith». En souvenir de ceux qui étaient morts à la guerre, madame Moina Belle Michael décida de porter un coquelicot durant toute l'année.
En 1920, une Française, madame E. Guérin, membre du YMCA en France créa une l'association «l'American and French Children's League», pour vendre, à l'occasion de l'anniversaire de l'Armistice, des coquelicots en tissus faits à la main, afin de recueillir de l'argent pour aider les enfants des pays qui avaient été ravagés par la guerre.

En 1921, madame Guérin au cours d'un voyage au Canada, réussit à convaincre l'Association des anciens combattants de la Grande Guerre d'adopter le coquelicot comme symbole du souvenir servant à la collecte de fonds.

La première année, les coquelicots artificiels ont été achetés auprès de l'association de madame Guérin, en France. Mais, dès 1922, les divers pays ont entrepris de fabriquer les fleurs chez eux. Au Canada, ils étaient fabriqués par l'atelier d'artisanat des anciens combattants du Ministère du Rétablissement civil des soldats où travaillaient des soldats handicapés.

Aujourd'hui encore, le coquelicot est un symbole très fort du souvenir au Canada et en Grande Bretagne.

Les coquelicots de la Grande Guerre
Au champ d'honneur, les coquelicots 
Sont parsemés de lot en lot 
Auprès des croix; et dans l'espace

Les alouettes devenues lasses 
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis, 
C'est nous qui reposons ici
Au champ d'honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme 
Le goût de vivre en liberté. 
Acceptez le défi, sinon 
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.

Photo:
Pli premier jour du timbre en l’honneur de John McCrae, émis le 15 octobre 1968, qui soulignait le 50e anniversaire de son décès.