Le Marathon de Saint-Hyacinthe (3)


Par Paul Foisy
​Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 5 mai 2016.

Nous avons vu lors des dernières ­chroniques que le Marathon de Saint-Hyacinthe était couru en raquettes à la fin des années 1940. Puis, en 1950, l’évènement devient une course à pied et, cette année-là, l’épreuve couronnait le champion du Québec pour la distance de 10 milles (16 kilomètres).


1951-1952
Au tournant des années 1940 et 1950, certains organisateurs commencent à présenter des épreuves de 12 milles (19,2 km). Cette distance deviendra la norme au cours de la décennie 1950, un peu comme les courses de 10 kilomètres aujourd’hui. Ainsi, au cours de la période allant de 1951 à 1956, le Marathon de Saint-Hyacinthe adopte la nouvelle ­tendance et les coureurs doivent parcourir la distance de 12 milles.


En 1951, Gérard Côté apporte d’autres changements à la course. Il déplace l’épreuve au Rond Laframboise sur la piste de course de chevaux. Les spectateurs, bien logés dans les estrades, pourront donc suivre l’évolution de la course en tout temps. Mais Côté demeure prudent et se donne la possibilité de ­revenir à son parcours des trois ponts s’il pleut le jour de l’évènement.


C’est à ce moment que l’organisateur songe à diversifier le spectacle en faisant appel à son ami Paul Picard pour présenter des épreuves en vélos : une course de 10 milles (16 km) pour le championnat de Saint-Hyacinthe; une compétition de 3 milles (4,8 km) sur route et une course d’un mille (1,6 km) pour les filles. À cela, il faut ajouter une épreuve en moto « Jaws », de 5 milles (8 km) et une course en « Whizzer » pour terminer le programme.


Parmi les 46 participants, il faut noter qu’Eugène Clouette, un champion-­raquetteur alors âgé de 68 ans, s’est ­inscrit « dans le but de promouvoir l’intérêt de la course », rappelle Le ­Courrier du 21 septembre 1951. Devant une foule estimée à 5 000 personnes, « le favori Valdo Lilikas, Ukrainien récemment arrivé au Canada, l’emporta haut la main dans un temps de 1 heure, 8 minutes et 22 secondes. Il donna une superbe performance et n’eût été l’état détrempé du terrain, il aurait probablement établi un record de vitesse », rappelle le journaliste du Clairon du 28 septembre 1951.


L’année 1951 se termine avec une excellente nouvelle pour la communauté sportive maskoutaine. En effet, on ­annonce pour le 3 mai 1952, la tenue du championnat canadien du marathon dans notre ville. Cette course de 42,2 km désignera les marathoniens qui porteront les couleurs du Canada aux Jeux olympiques d’Helsinki.


La préparation du championnat canadien de 1952
Dès le début de 1952, Gérard consacre une grande partie de ses efforts à la ­préparation de ce marathon. Dès la mi-­février, le parcours du marathon est ­rendu public. Le départ s’effectuera à Marieville. Les coureurs se dirigeront vers Rougemont, Saint-Damase, avant de terminer au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Mais avant de franchir la ligne d’arrivée, ils devront effectuer 17 tours du parc Dessaulles. Ce genre de parcours, semblable à celui de Boston, en ce sens qu’il s’agit d’un aller seulement, requiert la complicité de toutes les municipalités concernées. L’aide de la police demeure essentielle, car la circulation automobile sur la route devra être contrôlée pendant la course. Il en va de même pour les rues entourant le parc Dessaulles.


Alors qu’il travaille à mettre sur pied les différents comités, Gérard fait parvenir une demande d’aide financière à la ville de Saint-Hyacinthe. « Je n’ai aucun doute que cette grande épreuve sportive attirera un nombre considérable de visiteurs dans notre ville et que celle-ci sera le sujet d’une belle publicité de par tout le Canada », écrit-il dans sa requête. Le Conseil de ville répond favorablement et verse 300 $ « pour lui aider à solder les frais d’un marathon qui aura lieu le 3 mai prochain entre Marieville et Saint-Hyacinthe ».


 


Par l’entremise de la Maison David ­Gladu, la compagnie Bulova fournit trois chronomètres à l’organisation. Les ­coureurs disposeront de postes de ­ravitaillement à tous les huit kilomètres. La foule rassemblée à Saint-Hyacinthe pourra suivre la progression de la course en écoutant l’annonceur Marcel Lalonde, dont la voix sera retransmise autour du marché ainsi qu’au kiosque Ringuet, ­situé à quelques mètres du parc ­Dessaulles. Les juges proviendront de l’Union athlétique amateur du Canada : le major Jack Davis, Tom Lord, R. Calder ainsi que l’ex-champion olympique, le Dr Phil Edwards qui travaille à l’hôpital des vétérans de Saint-Hyacinthe. Des vérificateurs seront nommés, ainsi qu’un ­comité de réception qui accueillera les intervenants et les athlètes. La préparation du marathon commande la ­collaboration de 30 bénévoles assurant diverses responsabilités et plusieurs autres les appuieront lors de la journée de l’épreuve. 


Photo:
En 1951, le Marathon de Saint-Hyacinthe se déroule au Rond Laframboise.
Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH548.


Cet article est le troisième d'une série de six.
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