Le marché-centre ce mal aimé, ce méconnu (5)


Par Robert Lalonde
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 4 juin 2015


1982 : Mandat est donné à la firme d’architectes Cayouette et Saia pour rénovation de l’édifice du marché. 1983 : Nouveau mandat à la même firme pour compléter l’esquisse et estimation précise du coût des travaux.


1984 : Subvention de 400 000,00 $ de l’OPDQ, Office de Planification et de Développement du Québec. Les appels d’offres sont rejetés par la Ville. Le tout étant trop dispendieux. Trois soumissionnaires : Yves Goulet Inc = 1 799 00,00 $ ; Charles Guilbert Ltée = 1 921 610,00 $ ; Construction Planitec inc. = 1 973 145,00 $.


Je reçois la visite d’un entrepreneur en gicleurs de Granby qui me dit qu’il n’a jamais vu un contrat de près de deux millions de dollars coupé de plus de la moitié, il est convaincu que les réparations ne se feront pas. Le lendemain, un entrepreneur de Sherbrooke demande à voir la glacière, il était sûr qu’il ne se fera rien. J’ai comme client un ingénieur en climatisation et ventilation qui m’informe qu’il n’est pas intéressé à soumissionner. À la suite de cela, nous sommes convaincus que les réparations ne seront pas effectuées.


De nouvelles soumissions sont présentées à la Ville, en tout cinq. Charles Gilbert Ltée = 705 500,00 $ ; Constructions Yves Goulet = 843 000,00 $ ; Constructions Planitec Inc = 821 000,00 $ ; Marquis et Frères Ltée = 835 000,00 $ ; Les Constructions Richebourg Inc. = 722 500,00 $. Le contrat est accordé à Charles Gilbert Ltée. À cause d’imprévus qui coûtent 300 00,00 $ de plus, les délais de construction prévus pour le premier avril 1985 sont augmentés de deux mois. Au début d’octobre avis est donné par la ville par courrier recommandé à chacun des locataires afin de résilier et annuler les baux à compter du premier janvier 1985 ceci pour permettre les travaux de rénovation. Tout ce qui reste sur place devient automatiquement la propriété de l’entrepreneur.


On nous permet, quelque temps avant la fin des travaux de voir les nouveaux réfrigérateurs afin de déterminer l’emplacement des rails de suspension de l’unité de réfrigération et des tablettes étagères pour l’entreposage et la préparation. Ce qu’il y a de mieux au retour, ce sont les quatre entrées avec vestibules. Comme prévu, la symétrie est là, les comptoirs frigidaires sont tous le long de l’allée centrale, il y a treize emplacements, tous numérotés.


Le coup d’œil est joli, mais la senteur est épouvantable, attribuable à une climatisation et à une ventilation déficientes. Une odeur de charogne et un relent d’égouts nous prennent à la gorge. Les murs sont en briques dures à l’extérieur. Il n’y a pas de prises de courant 220 volts pour les scies et le prix des loyers est cinq fois plus élevé qu’avant les réparations. Le tout devant être indexé selon l’indice du coût de la vie tel qu’établi par le Bureau des Statistiques du Canada. Voyant le peu d’achalandage, le Conseil de ville suspend, pour la période de juin 1986 au 31 mai 1989, la clause d’augmentation des loyers.


1986 : À cause du ralentissement des affaires, certains employés perdent leur place. Il ne faut pas blâmer la Ville pour tous nos déboires. Une foule de circonstances y ont contribué à savoir : établissement dans les villages autour de la ville de chaînes d’alimentation, la construction du Centre Montenach à Belœil, la grève de 1977, la fermeture pour les réparations, la réouverture gâchée surtout à cause de la senteur.


1988 : Réparations au deuxième étage qui au long des années abrité la Bibliothèque juvénile, le Club juvénile de la Police, le Bureau du président d’élections, la salle centrale pour le pesage et la remise des trophées du Club de chasse et pêche, le comité paritaire de l’Alimentation et les Guides catholiques qui y tenaient leurs réunions. Le coût des rénovations est évalué à 357 000,00 $. L’OPDQ fournit 107 000,00 $, le ministère des Affaires culturelles 100 000,00 $ et la Ville 150 000 $. Yves Goulet inc, le plus bas soumissionnaire sur une liste de neuf exécute les travaux. Le deuxième étage suscite beaucoup de discussions, plusieurs désirent y installer une salle de spectacles.


Toutefois, après les réflexions qui s’imposent ce local devient un centre d’exposition. Cet endroit est, en ce moment reconnu comme la troisième plus belle salle de la province. C’est Expression qui prend possession de la salle. L’ouverture des locaux a lieu en juillet avec l’exposition des toiles de la collection Loto-Québec. L’inauguration officielle a lieu le 13 novembre suivant.


Photo:
L’exposition des œuvres du céramiste-sculpteur Yves Louis-Seize lors de l’inauguration officielle de la galerie Expression, le 13 novembre 1988. Collection Centre d'histoire de Saint-Hycinthe CH390.

Cet article est le cinquième d'une série de six.

<< Article 4                                    Article 6 >>