Le mur de protection contre les inondations (3)


Par Grégoire Girard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 7 mai 2008.


Le coup d’envoi du mur de protection
Puis le 6 août 1974, une présentation officielle du projet de construction du mur contre les inondations était effectuée à l’hôtel de ville en présence des représentants du ministère des Richesses naturelles, de l’Office de Planification et de Développement du Québec, des journalistes locaux, du député Fernand Cornellier et des autorités municipales. Comme le rapportait Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 7 août 1974, «des travaux importants […] seront entrepris incessamment à Saint-Hyacinthe pour construire un mur de protection, agrémenté d’une piste de promenade pour cyclistes.


On sait qu’il avait déjà été convenu antérieurement que le ministère des Richesses naturelles serait maître-d’œuvre de la construction du mur de protection dont le coût a été finalement estimé au montant d’environ 1 500 000 $. Selon les plans et devis de Pluram inc. dont les services avaient été retenus par le Ministère, le mur de protection serait en mesure de contenir de très fortes crues comme celles qui étaient survenues à cet endroit de la rivière Yamaska depuis un siècle.


Puis Le Courrier ajoute : «Il s’agit donc d’un évènement majeur dans l’histoire de Saint-Hyacinthe. Selon monsieur Girard, les investisseurs qui boudaient le bas de la ville vont maintenant y être attirés, d’autant plus que la cité de Saint-Hyacinthe a l’intention de s’attaquer à la rénovation aussitôt que le problème des inondations aura été réglé. ». […]


Suite à la présentation du projet par les autorités gouvernementales et aux discussions qui ont suivi, le conseil municipal adoptait la résolution suivante à sa réunion du 19 août 1974 :


• «Que la cité de Saint-Hyacinthe accepte que le ministère des Richesses naturelles du Québec entreprenne les travaux nécessaires pour l’aménagement de la rive nord de la rivière Yamaska, du pont Barsalou à l’avenue Pratte, et la construction d’un mur de protection contre les inondations selon le concept proposé dans l’étude « Aménagement des abords de la Yamaska à Saint-Hyacinthe» préparée à la demande du Ministère par la firme Pluram Inc. et présentée aux représentants de la cité lors de rencontres qui se sont tenues à Saint-Hyacinthe les 4 juin 1974 et 10 juillet 1974.


• Que la cité de Saint-Hyacinthe, en vue de permettre la réalisation de ce projet, prenne les engagements suivants, à savoir :


a) Fournir les terrains nécessaires à la réalisation du projet.


b) Une fois les travaux complétés, accepter la propriété de cet ouvrage et son  entretien ordinaire».


Les travaux de construction ont été entrepris immédiatement aux endroits où la Ville était déjà propriétaire du terrain comme celui des Loisirs Christ-Roi, comme le rapporte Le Courrier du 7 octobre 1974, et se sont poursuivis sur trois années, soit jusqu’en 1977. Et, depuis cette date, aucune crue printanière n’a débordé sur le territoire de la partie basse de la Ville.


Le mur est cédé à la Ville de Saint-Hyacinthe
Puis le 14 mars 1979, une «Convention entre le Ministère des richesses naturelles et la Municipalité de Saint-Hyacinthe concernant les ouvrages pour réduire les risques d’inondation dans les limites de la municipalité» était signée dans les termes suivants


1. 1 «Le Ministère cède et transporte, par les présentes, à la Municipalité qui accepte l’ensemble des travaux d’endiguement décrits sur le plan numéro B-7912-58;


2.   En outre, le Ministère s’engage :


a) à remettre à la Municipalité les plans complets décrivant les ouvrages, tels  que contruits;
b) à compléter la construction d’un toit protecteur sous le pont du chemin de fer dans les six mois qui suivront l’approbation du projet par les autorités du Canadien National;
     
3 D’autre part, la Municipalité s’engage, par les présentes :


a) à assurer l’entretien ordinaire desdits ouvrages de façon à en assurer l’efficacité;
b) à ne permettre aucun aménagement qui pourrait réduire l’efficacité de ces ouvrages;


La présente cession est faite en considération du fait que la Municipalité a fourni les terrains nécessaires à la réalisation des ouvrages et de l’engagement qu’elle a pris de les entretenir».


La longueur totale de l’ouvrage, selon les mesurages de l’arpenteur-géomètre Guy Bruneau, était de 6 600 pieds et son coût final a été établi au montant de 1 897 626,00 $. Ajoutons également que le mur de protection, une fois complété, s’élevait à la cote 87.93 pieds (26.80 m.) au-dessus du nouveau de la mer au barrage Penman et à la cote 84.94 pieds (25.89 m.) à l’avenue Pratte, selon les renseignements fournis par monsieur Jacques Letendre du service du Génie de la Ville de Saint-Hyacinthe. C’est donc dire que l’élévation du sommet du mur actuel dépasse d’au moins deux pieds le plus fort débordement observé au cours des derniers 100 ans.


La « digue» devient la «Promenade Gérard-Côté
Le 5 juin 1993, la Ville de Saint-Hyacinthe décidait d’honorer un grand athlète maskoutain en attribuant son nom à cette œuvre de grande importance qui, en outre de protéger le centre-ville de Saint-Hyacinthe contre les crues printanières, servait aussi de piste cyclable et de promenade piétonnière pour la plus grande satisfaction de la population maskoutaine.


Photo:
La promenade Gérard-Côté.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Cet article est le derniere d'une série de trois.

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