Le Parc Dessaulles (2)


Par Raoul Bergeron
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 1er juin 1993.


Cette vente était faite cependant à la condition expresse que la Cité en fasse un parc ou jardin public qui occuperait au moins la moitié du terrain en question (environ 82,000 p.c.) et cela dans un délais de quatre ans de la date de la vente, à défaut de quoi le prix de vente serait majoré de 5 000$.

Intervenait également à la vente Dame Sœur Delphine Goddu au nom des Filles de la Charité de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, laquelle après avoir connaissance de l’acte de vente, la ratifia et confirma pour qu’il soit suivi et exécuté selon sa forme et teneur et renonçait à tous droits que la dite communauté pourrait avoir sur le dit terrain en vertu du testament de feu Mgr Charles Larocque.

L’immense majorité de la population se réjouissait que la ville se fut portée acquéreur de ce terrain et l’on pressait le conseil municipal d’entreprendre au plus tôt l’aménagement du Parc, se qui serait de nature à donner une plus value aux propriétés riveraines.

De plus, en élargissant la rue Girouard et en conservant la belle rangée d’ormes qui s’y trouvaient, la ville se trouverait à avoir un boulevard qui ferait l’envie et l’admiration des visiteurs écrivait Le Courrier. Plusieurs de ceux qui me liront se rappelleront sans doute de ces magnifiques ormes qui ombrageaient le boulevard Girouard, entre les rues du Palais et Sainte-Anne, il n’y a pourtant pas si longtemps.

Dès le début du mois de mai 1876, la ville avait en mains le plan du nouveau parc préparé par un certain Marcel Provost (ou Prévost). La rumeur courait que quelques membres du Conseil municipal portaient attention à l’effet qu’ils pourraient être disposés à concéder des emplacements de chaque côté du parc, ce qui serait de nature à gâter le projet et que de plus la chose n’était pas possible, une des clauses du contrat intervenu entre l’Évêché et la Municipalité exigeait qu’au moins la moitié du terrain soit converti en parc.

La rumeur n’était pas sans fondement car le 20 juin 1877, l’Évêché par acte notarié déclarait « que vu qu’il était stipulé à l’acte de vente du 13 mars 1876 que la ville se devait de faire un parc public occupant au moins la moitié du terrain vendu, à défaut de quoi le prix de vente du dit terrain serait de 15 000$ au lieu de 10 000$, la dite Corporation Épiscopale Catholique Romaine du diocèse de Saint-Hyacinthe se désistait de cette clause permettant ainsi à la Ville de vendre des terrains autour du Parc pour fin de construction. »

La plupart des maisons que nous voyons aujourd’hui autour du Parc Dessaulles datent de cette époque. 

C’est en 1876 que l’ancien manoir seigneurial et toutes ses dépendances furent démolis et le terrain nettoyé permettant ainsi  à la Ville de procéder aux travaux d’aménagement du Parc Dessaulles. 

Je crois bon de mentionner la chose, car il s’est longtemps dit dans le public que le vieux manoir avait été détruit par le grand feu du 3 septembre 1876, ce qui n’est pas exact. Il faut attribuer cette erreur à la proximité des dates entre la démolition du manoir fin août 1876 et le feu du 3 septembre 1876.

Ce n’est vraiment qu’au printemps de 1880, que la Ville entreprit les travaux d’aménagement du Parc Dessaulles. Ces travaux furent confiés à Léonard Coucke, fleuriste et paysagiste dont les serres étaient situées près de l’usine de filtration actuelle, où se trouvaient, il n’y a pas tellement d’années, le fleuriste Césaire Vermersch.


Photo:
Pour leur parc, les Maskoutains s’inspirent à la fois des modèles anglais et américains : ils tracent des allées, plantent des arbres et aménagent un bassin. 
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH122/000/000/001-AP-02448.

Cet article est le deuxième d'une série de quatre.

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