Le Parc Dessaulles (3)


Par Raoul Bergeron
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 8 juin 1993.


« Si le jardin public n’est pas vaste, il sera en revanche joli et richement paré »,  écrivait Le Courrier. « Il étale ses pelouses, terrasses, ronds points et possède même un petit peu d’ombrage et déroule avec grâce ses allées mignonnes, trop mignonnes peut-être, car on devrait aller à l’aise trois de front dans ces délicats passages. » Dès la première année, des conduites d’eau étaient installées afin d’alimenter bassins et jeux d’eau.

Si la municipalité apportait beaucoup de soin pour l’entretien de son parc, on se plaignait par contre de l’état lamentable des alentours où poussait herbe à poux, choux gras, etc., même au milieu de la rue qui longeait le parc en face du Bureau d’enregistrement (rue du Palais).

En 1876, la ville emputa le parc d’une douzaine de pieds afin d’élargir d’autant la rue Girouard.
Le 21 mai 1885, une requête présentée par de nombreux citoyens demandait qu’un kiosque qui servirait à la Société Philharmonique fut construit dans le Parc. Des arrangements avec les propriétaires de la pointe de terrain formée par les rues Mondor, Girouard et William (Calixa-Lavallée) firent en sorte que le kiosque fut construit à cet endroit et y demeura jusqu’en 1965.

En 1927, suite à des démarches faites par le maire Bouchard, la ville obtient la permission d’utiliser le terrain vacant du Palais de Justice permettant en quelque sorte de prolonger le Parc Dessaulles jusqu’a la rue Richer (devenue Sicotte). Il s’agissait d’un bail d’une durée de vingt cinq ans avec le gouvernement provincial au prix nominal de $1,00 par année. Le gouvernement se réservant le droit bien entendu de l’annuler en tout temps pour le tout ou en parti.

Cet espace à l’arrière du Palais de Justice fut boisé, fleuri, et des terrains de croquet, et courts de tennis mis en place dont savaient assidûment profiter les fervents et adeptes de ces activités sportives.
Quand le Ministère des Travaux publics entreprit en 1957 la réfection des assises du vieux Palais et par la suite, décida de tout raser pour reconstruire à neuf, le gouvernement provincial récupéra le terrain et mis fin à son entente avec la ville.

Au cours de l’année 1965, la municipalité entreprit des travaux de réfection à son vieux Centre Ville et les améliorations apportées au Parc, à la rue Saint-Denis et au vieux Marché Centre contribuèrent pour beaucoup à donner ce nouveau coup d’oeil souhaité.

De nombreux touristes qui viendraient pour l’Exposition Universelle de Montréal en 1967, ne manqueraient certes pas à nous payer une visite disait-on.

C’est en 1965 que le vieux kiosque Ringuet, une relique chère au coeur de tous les Maskoutains fut démoli pour être reconstruit, tel que nous le voyons aujourd’hui dans le Parc. Les allées furent refaites et une fontaine lumineuse à huit jets d’eau installée grâce à un don généreux de la Compagnie d’assurance Groupe Commerce et de la famille T.A. Saint-Germain.

Au début de 1991, la municipalité confia à la firme Atelier de Design Urbain, la tâche de préparer des plans et devis en vue du réaménagement du Parc. Ces travaux menés en bonne partie en 1992 sont quasi terminés et pour la saison estivale 1993, un parc Dessaulles complètement rénové et embelli continuera à nous offrir comme il le fit pour plusieurs générations avant nous, ombrage, fraîcheur, l’occasion de fraterniser, et la possibilité de jouir de ces spectacles de qualité que le Service des Loisir de notre ville met à la disposition de la population.

Le sens de civisme des Maskoutains est reconnu. Soyons fiers de notre patrimoine, il faut que nous le conservions jalousement dans toute sa beauté et toute son intégrité.


Photo:
En 1965, après 85 ans d’existence, le parc Dessaulles avait bien besoin d’une cure de rajeunissement. Il fallait lui redonner une autre allure afin qu’il s’harmonisa avec le nouveau Palais de Justice qui fut inauguré en février 1966 par le Ministre de la Justice de l’époque et par la suite député de Saint-Hyacinthe aux Communes, l’honorable Claude Wagner.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH380.

Cet article est le troisième d'une série de quatre.

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