Le parc urbain « LES SALINES » a 30 ans. (1)


Par Grégoire Girard
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 24 septembre 2004


Les négociations en vue de l’acquisition de ce grand espace boisé de quelque 180 arpents carrés, à l’origine, avaient été engagées au cours de l’automne 1972 entre la Cité de Saint-Hyacinthe et l’Oeuvre Antoine Girouard, propriétaire des lieux. L’auteur de ces lignes, à l’époque maire de la municipalité, avait remarqué qu’une exploitation forestière avait cours depuis quelques mois dans la partie située près de la route transcanadienne. Après avoir obtenu l’assurance du propriétaire  que la coupe du bois pouvait être interrompue, le conseil municipal décidait d’entreprendre les démarches afin que la ville se porte acquéreur de ce territoire en vue d’y aménager un parc urbain.


Au cours des discussions entre le maire et le trésorier de l’Oeuvre Antoine Girouard, l’abbé Raymond Pelletier, il fut convenu de choisir une formule de location à long terme, soit 40 ans, avec option d’achat pouvant être exercée en tout temps, plutôt qu’une acquisition immédiate et définitive.  Selon cette formule, la municipalité évitait un règlement d’emprunt pour obtenir l’argent nécessaire à l’achat de l’immeuble et la propriétaire pouvait quand même  tirer un certain revenu  de son immeuble. Il faut se souvenir qu’à cette époque la ville venait d’emprunter plus de trois millions de dollars pour construire le boulevard Casavant, avec ses infrastructures, entre l’avenue Choquette et l’avenue Bouchard.


Dans une lettre du 21 février 1974, la corporation de l’Oeuvre Antoine Girouard se déclarait favorable à la proposition et, le 18 mars 1974, le conseil de la Cité de Saint-Hyacinthe adoptait une résolution pour la location d’un terrain d’environ 180 arpents carrés, situé au Nord de la route Transcanadienne, en vue de l’aménagement par la cité d’un parc sous le nom de parc « Les Salines », cette location étant consentie à la cité aux conditions suivantes :

1. Le contrat de location aura une durée de 40 ans.
2. Le prix du loyer annuel sera déterminé comme suit : $ 30.00 l’arpent pendant la première décennie, $ 45.00 l’arpent pendant la seconde décennie,$ 60.00 l’arpent pendant la troisième décennie, $ 75.00 l’arpent pendant la quatrième décennie.
3. Le contrat de location comprendra une option d’achat, pour l’ensemble du terrain loué, qui pourra être exercée en tout temps, durant toute la durée du contrat aux prix suivants : $ 500.00 l’arpent carré pendant la première décennie, $ 500.00 l’arpent carré pendant la seconde décennie, $ 600.00 l’arpent carré pendant la troisième décennie, $ 750.00 l’arpent carré pendant la quatrième décennie.


Le 28 février 1975, le bail signé entre l’Oeuvre Antoine Girouard et la Cité de Saint-Hyacinthe, devant le notaire Luc L’Heureux, réflétait les conditions de la résolution du 18 mars 1974 et précisait, notamment, que le terrain présentement loué devra servir uniquement et exclusivement pour l’aménagement par le locataire, LA CITÉ DE SAINT-HYACINTHE, d’un parc sous le nom de PARC LES SALINES […] comprenant également le droit pour le locataire d’ériger toutes constructions, bâtisses, pavillons et d’y effectuer tout aménagement, pistes, allées, piscines, etc. jugés utiles ou nécessaires par le locataire […]. La superficie du terrain, une fois mesurée par l’arpenteur-géomètre Guy Bruneau, s’élevait à 171.109 arpents carrés.


Pour compléter le terrain ainsi loué de l’Oeuvre Antoine Girouard, il manquait une parcelle le long de la route transcanadienne que le Séminaire de Saint-Hyacinthe avait vendue à Canadian Industries Limited, le 29 janvier 1965.  Le 15 septembre 1975, la ville décidait de l’acquérir pour le prix de 32 000$ et l’acte à cet effet a été signé devant le notaire Gilles Giard, le 2 décembre 1975. Ce terrain d’une superficie de 5.542 arpents carrés était occupé par une petite usine déjà fermée au moment de l’achat. Ce bâtiment a été immédiatement transformé en chalet d’accueil pour la clientèle du parc.


Les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe étaient aussi propriétaires d’un espace boisé adjacent, du côté ouest, à celui de l’Oeuvre Antoine Girouard.  Une fois la première transaction complétée, des démarches ont été entreprises auprès de cette communauté pour louer de la même façon cette partie de leur propriété pour agrandir le parc.  Et le 22 mars 1977, un bail était signé entre Les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et la Ville de Saint-Hyacinthe, devant le notaire P.E. L’Heureux, avec les mêmes conditions que celles consenties par l’Oeuvre Antoine Girouard, pour un terrain de 47.942 arpents carrés selon l’arpentage effectué par l’arpenteur-géomètre Guy Bruneau.


Depuis cette date, le parc a été agrandi à deux reprises à l’ouest du terrain loué des Sœurs de Saint-Joseph :  d’abord par l’affectation d’une partie d’un terrain acquis pour «fins municipales» de monsieur Lucien Gauthier, en vertu d’un acte passé devant le notaire André Morin, le 29 octobre 1965, et, en second lieu, par l’acquisition d’une partie de l’assiette de l’ancien chemin de fer des Comtés Unis où passe actuellement le sentier numéro 4, en vertu d’un acte de vente passé devant Me Carole Brouard, notaire, le 12 juillet 1996.


Finalement, à l’expiration de la seconde décennie de location, la Ville décidait d’acquérir définitivement chacun des immeubles loués en 1975 et en 1977.  Ainsi, le 4 avril 1995, en vertu d’un acte passé devant le notaire Louis H. Lafontaine,  la Ville de Saint-Hyacinthe achetait l’immeuble de l’Oeuvre Antoire Girouard pour le prix convenu en 1975 de 85 554.50 $.  De même, le 26 février 1997, en vertu d’un acte passé devant le notaire Luc L’Heureux, la Ville acquérait l’immeuble de Les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe pour le prix fixé originalement à 23 971.00 $. C’est ainsi que la Ville de Saint-Hyacinthe est devenue propriétaire du parc Les Salines pour le prix intéressant d’un sou (0.01) le pied carré.


En conséquence de ces diverses transactions, le parc Les Salines occupe maintenant un espace de 877 025,4 mètres carrés ce qui correspond à 256,5 arpents carrés ou 9 440 222,4 pieds carrés. L’immeuble porte le numéro 1 701 900 du Cadastre du Québec. La proportion de la partie boisée est d’environ 85%  du territoire.


Photo:
Lors d’une excursion, un jeune étudiant du Séminaire s’abreuvant à la source des Salines, le 19 juin 1941.
Collection Grégoire Girard.

Cet article est le premier d'une série de trois.

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