Les Caisses populaires Desjardins
du secteur maskoutain (1)


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 4 janvier 2001.

Dans la ville et la région immédiate de Saint-Hyacinthe, le secteur maskoutain des Caisses populaires Desjardins, il faut attendre l'année 1927 pour voir la fondation de caisses. La présence de banques dans la ville et dans certains villages et l'idée du mouvement coopératif qui n'est pas encore très développée dans la région, ne sont pas étrangères à ce retard des Caisses populaires.


Les années 1920-1930
Au cours de cette période, quatre caisses populaires voient le jour : Sainte-Rosalie et Saint-Hyacinthe en 1927, Saint-Damase et Saint-Denis-sur-Richelieu en 1937. C'est le 10 mars 1927 que naît la Caisse de Sainte-Rosalie à la suite de la demande de plusieurs citoyens, principalement des agriculteurs influencés par la suggestion de monsieur Raphaël Rousseau, agronome du comté de Bagot. Malheureusement, la caisse ferme en 1930. La faillite de la caisse de Saint-Simon en 1931, après seulement trois ans d'existence, à cause de prêts consentis à des agriculteurs insolvables, aurait inspiré trois individus malicieux qui voulaient faire la « guerre » à la caisse de Sainte-Rosalie par une propagande qui fit perdre la confiance des membres. Ces derniers retirant leurs parts et leurs dépôts, ont provoqué la liquidation de la caisse.

La ville de Saint-Hyacinthe doit attendre au 15 novembre 1927, avec la fondation de la Caisse populaire de Saint-Hyacinthe, pour voir s'implanter sur son territoire une institution financière coopérative. Les nombreuses banques installées dans la ville depuis 1836 dont les principales en opération en 1927, des Cantons de l'Est, de Commerce, de Montréal, Provinciale, et Canadienne Nationale devaient maintenant compter un compétiteur de plus.

L'idée de fonder une caisse dans la ville est venue d'un groupe de jeunes maskoutains, membres de l'Association catholique de la Jeunesse canadienne (A.C.J.C.). Ces jeunes qui devaient étudier au cours de l'année 1927 le thème de « l'épargne pour la jeunesse »,  arrivent à la conclusion qu'il fallait une caisse populaire à Saint-Hyacinthe. Une liste de personnes susceptibles de mettre sur pied cette caisse est réalisée par le vicaire général du diocèse, Mgr Philippe Desranleau et le curé de la cathédrale, l'abbé Napoléon Delorme. Le 15 novembre 1927, les personnes désignées se réunissent et signent la déclaration de fondation. C'est monsieur J.-B. Saint-Pierre, épicier, qui est le président et gérant fondateur de la caisse. L'institution, installée devant la cathédrale sur la rue Girouard, dans une maison appartenant à l'évêché, ouvre officiellement ses opérations le lundi 5 décembre 1927. Le bureau est ouvert l'après-midi les lundis, mercredis et samedis de 13h30 à 15h et le soir les mardis, vendredis et samedis de 19h30 à 20h30.    

Dix années passent avant la fondation d'autres caisses. En effet, le 3 mai 1937, Saint-Denis-sur-Richelieu joint les rangs du mouvement des caisses. La population de Saint-Denis était réticente à la fondation de cette institution financière. Malgré les besoins des agriculteurs, le président-fondateur de la caisse, monsieur Louis-Napoléon Huard,  a été obligé de passer deux années à parcourir les rangs de la paroisse afin de vendre l'idée de la coopération financière. Lors de l'assemblée de fondation, 28 personnes signent le registre. Au cours de sa première année d'opération, la caisse réalise un surplus de 128.00$. Un montant de 100.00$ est alors remis à monsieur Herman Phaneuf, caissier, qui en plus de travailler bénévolement, fournit le local de la caisse, situé dans le salon de sa maison.
 
C'est à la suite d'une conférence donnée par monsieur J.-B. Beaudoin, représentant de l'Union régionale de Montréal des caisses, que le 11 novembre 1937, les habitants de Saint-Damase se donnent une caisse populaire qui sera sous la protection spéciale du Sacré-Coeur de Jésus et de Saint-Damase. Cette dernière,  présidée par monsieur Léo Traversy et dirigée par le notaire Lionel Cordeau, compte 28 membres à ses débuts, principalement des agriculteurs. La première résolution du conseil de la caisse établie une taxe d'entrée de dix sous par part sociale. 

Photos: 
La maison de Dame A. Flibotte, située au coin sud-est des rues Girouard O. et Sainte-Anne. Les administrateurs de la Caisse achètent le terrain et la maison au début des années 1950. Ce local servi de lui de transition entre la Maison des Oeuvres, où avait logé la Caisse depuis sa fondation, et, la Caisse actuelle. La maison Flibotte était située à l'emplacement même de la Caisse.


Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Cet article est le premier d'une série de trois.


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