Les illuminations du temps des Fêtes


Par Albert Rémillard
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 30 décembre 2010.


Les illuminations du temps des Fêtes sont les éclairages installés en extérieur durant la période de Noël, et plus globalement pour la période des fêtes de fin d'année. Ceux-ci peuvent être placés sur les bâtiments, les arbres, ou au travers des rues, principalement dans les pays de culture chrétienne et de plus en plus dans des pays qui ne le sont pas.


Ces illuminations peuvent être installées par les particuliers, sur la façade de leur habitation, leur balcon, dans leur jardin, ou bien par les collectivités, plus précisément les municipalités, parfois en collaboration avec les commerçants de la ville.
 

Histoire : la toute première guirlande électrique été mise au point par Edward Hibberd Johnson, proche de Thomas Edison, en 1882.


Avec la mondialisation des échanges culturels et la laïcisation de la société, les festivités liées à Noël prennent progressivement un caractère profane et familial et sont de plus en plus déconnectées de l'interprétation religieuse. C'est conjointement à cette modification de la société moderne, apparue dans les années 1960, que les illuminations de Noël, sous l'impulsion des villes, ont fait leur apparition.

Initialement apanage des collectivités, les illuminations électriques de Noël se démocratisent de plus en plus, à tel point que depuis les années 2000, certains particuliers rivalisent avec les décorations municipales.

Si elles sont en général installées suivant les décisions municipales des services techniques et du conseil municipal, l'installation des décorations peut aussi être insufflée par les avis des commerçants, qui peuvent demander à la ville l'installation d'illuminations dans un secteur précis en l'échange d'une contribution financière.

Dans certains pays, l'illumination revêt une dimension traditionnelle, voire folklorique, comme en Allemagne, avec la reproduction d'un calendrier de l'Avent sur l'hôtel de ville de Hünfeld.

De plus, à en juger l'innovation continuelle dans les nouvelles décorations, le rapport à la fête même de Noël semble s'estomper. Les motifs en rapport direct avec les éléments de la fête chrétienne perdent du terrain, en particulier dans les pays déchristianisés, ou les pays non chrétiens. En revanche, cette impression semble plutôt s'observer pour les illuminations municipales des civilisations laïcisées, sûrement dans un souci de séparer au mieux allusions religieuses et esprit de fête.

On peut ainsi remarquer que les symboles proprement religieux, anges par exemple, sont souvent écartés des illuminations dans les rues, et que les autres symboles moins évidents, étoile par exemple, sont dénués de leur signification religieuse.

Aux États-Unis, la fête de Noël garde une connotation sociale très empreinte de religion. Les célébrations et les illuminations sont donc très présentes dans la société américaine. Présentes, aussi bien à l'intérieur des habitations que dans les rues, elles donnent un air de fête. Elles sont souvent lumineuses pour pouvoir être allumées dès la nuit tombée.

Le sapin de Noël, toujours présent à l'intérieur des habitations, est chargé de décorer et de regrouper les cadeaux de Noël dans les familles. Le premier arbre de Noël serait apparu à Sélestat en Alsace en 1521. Certains auteurs font le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre. Cet arbre était décoré d’oblatas, offrandes, petites friandises figurant les hosties et de pommes représentant le fruit défendu, objet du premier péché.

Cependant, la tradition d'un arbre décoré est beaucoup plus ancienne puisque les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver. Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Jul, qui avait lieu à peu près à la même date que Noël.

L'installation de cet arbre sera d'ailleurs considérée comme une pratique païenne jusqu'au milieu du XXe  siècle par l'Église catholique. Au contraire, les protestants l'adopteront dès la Réforme de 1560 comme symbole de l'arbre du paradis.

Interdit en URSS dans le cadre de la politique antireligieuse d'État, le sapin de Noël est à nouveau autorisé par Joseph Staline à partir de 1934, mais à condition d'être dressé désormais pour célébrer le Nouvel An. Le Noël orthodoxe est de nouveau autorisé en 1991. Après la chute du bloc soviétique, la fête de Noël se développe à nouveau.


Photo:
Ce genre d’illumination décore de plus en plus les résidences privées.
Source: designmag.fr/deco/deco-noel/decoration-noel-exterieur-lumieres.html