Les loisirs organisés 1905-1980 (3)


Par Paul Foisy 
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 30 mai 2007.


Les années 1950 marquent un tournant dans la mise sur pied des loisirs à Saint-Hyacinthe. Au cours de cette période, les O.T.J. des quartiers Saint-Sacrement, Sacré-Cœur, Christ-Roi et Notre-Dame ainsi que celles des villes de La Providence et de Douville obtiennent leurs lettres patentes. L’O.T.J. de Saint-Hyacinthe ne joue plus le rôle primordial qui lui était dévolu au cours des années 1940. Ses objectifs changent, car elle veut désormais réunir sur un plan éducationnel catholique les différentes O.T.J., tout en favorisant l’établissement d’une « union morale » entre celles-ci. 

L’organisme central dispose de peu de moyens financiers afin d’atteindre les buts fixés. Néanmoins, les différents comités aidés d’un moniteur en chef et d’un aumônier général assurent une certaine concertation de toutes les O.T.J. des villes de Saint-Hyacinthe, de Saint-Joseph, de Douville et de La Providence. Ainsi, la supervision des différentes ligues de baseball, de tennis, de ping-pong et de hockey, au sein desquelles des centaines de jeunes pratiquent leur sport favori, demeure un exemple éloquent du rôle joué par l’O.T.J. Centrale.

Les Œuvres de Terrains de Jeux de paroisses
Ici et là dans tous les quartiers de la ville, de nombreux bénévoles s’engagent activement à bâtir leur propre organisation. Celles-ci adressent directement leurs nombreuses demandes à la Ville de Saint-Hyacinthe. La municipalité répond favorablement à ces requêtes et dote chacune des paroisses d’équipements tels un pavillon, une piscine, des jeux, des clôtures et de l’éclairage.

Outre les octrois municipaux, les bénévoles doivent redoubler d’imagination afin d’amasser les sommes nécessaires à la construction et au maintien de ces infrastructures. Les citoyens participent en répondant inlassablement aux multiples campagnes de souscription, aux tombolas, aux bingos, aux tirages et aux fêtes populaires. Par exemple, de 1955 à 1960, à La Providence, les dirigeants des loisirs organisent un tirage surnommé « Le soutien ». Les bénéfices encourus permettent la construction des installations aquatiques en 1958. Au Christ-Roi, les recettes de la tombola en 1958 se chiffrent à 4 778 $ ! C’est donc en grande partie le travail de nombreux paroissiens qui permet à chacune des paroisses d’organiser les différentes activités de loisirs.

En plus des bénévoles et des membres du clergé, de jeunes adultes participent à l’élaboration des activités. Des étudiants du Grand Séminaire vont parfaire leurs études pendant la période estivale et consacrent leur temps et leurs énergies aux Œuvres des Terrains de Jeux. Ils travaillent en équipe avec les moniteurs et les monitrices et ils prennent en charge les centaines de jeunes qui se présentent quotidiennement dans les différentes O.T.J. Afin de bien diriger cette jeunesse, les moniteurs et les monitrices sont invités à participer à des camps-écoles.

La plupart des activités des O.T.J. se déroulent en période estivale. En 1941, la baignade et les jeux de ballons comptent parmi les principales occupations de la jeunesse. Au fil du temps, s’ajoute une kyrielle d’activités récréatives et sportives. L’O.T.J. Centrale développe un programme commun à toutes les paroisses. Les sept semaines du calendrier comportent chacune un thème, dont le point culminant est le Grand Festival Olympique Otéjiste à la fin de l’été.

En plus des activités communes à tous les terrains de jeux, certaines O.T.J. organisent des voyages, des excursions et des pique-niques. Les feux de camp et les soirées d’amateurs permettent le développement de l’initiative et les talents des jeunes. De plus, les jeunes peuvent découvrir et pratiquer les travaux manuels de découpage, de tricot, de broderie et de bricolage ainsi que les collections de feuilles, d’insectes et de roches. Ces activités viennent « préparer à l’avenir et former : des FEMMES DE MAISON DÉPAREILLÉES et des HOMMES DÉBROUILLARDS » comme le stipule le rapport annuel de l’O.T.J. Centrale de 1956.

Le cinéma semble à l’honneur aux terrains de jeux et le Conseil du film donne plus de 30 représentations de films documentaires traitant de l’organisation d’un terrain de jeux, de la géographie et des endroits touristiques du Québec.
L’été est la saison idéale pour les sports de plein air : l’athlétisme, la natation et le baseball se pratiquent dans chaque quartier. Dans les piscines, en plus de la baignade libre, un moniteur, nommé par la Confédération Otéjiste Provinciale, se charge de faire passer les épreuves pour l’obtention de badges aux niveaux intermédiaire, junior et midget.

Il est impossible ici de relever toutes les activités exercées dans les années 1940 et 1950 sur les terrains de jeux. Cependant, il faut souligner d’un très gros trait la participation exceptionnelle de plusieurs centaines de Maskoutains. L’apport précieux de ces bâtisseurs a permis de jeter les bases sur lesquelles les organismes de loisirs reposent aujourd'hui. 


Photo: 
La baignade est une activité fort populaire sur les terrains de jeux.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH433

Cet article est le troisième d'une série de quatre.

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