Les premiers champions du Québec


André A. Bourgeois
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 31 mai 2018.
 


En 1964, une équipe de Saint-Hyacinthe fut invitée à participer au tournoi provincial bantam organisé par les Œuvres de Loisirs de la province de Québec. L’O.T.J. Centrale de Saint-Hyacinthe qui chapeautait le hockey mineur à cette époque y délégua une équipe d’étoiles. Maurice Charron fut nommé gérant et Louis-Aimé Riendeau, l’entraîneur.


Contre toute attente, les Maskoutains prirent la mesure de l’équipe du Lac Saint-Jean par le pointage de 3 à 2 en finale. Cette équipe, beaucoup plus costaude, avait dans ses rangs deux joueurs étoiles autochtones, dont le réputé Arthur Quoquochi, qui fut par la suite une vedette du Canadien Junior de Montréal. Pour Saint-Hyacinthe, seul le regretté Michel Archambault devint un joueur d’impact par la suite. Lors de ce tournoi, Michel était une verte recrue âgée de treize ans. Parmi les autres joueurs, mentionnons Serge Blanchard, Pierre Bélanger, Normand Pion, Marcel Bédard, Jacques Chicoine, Normand Brouillard et le gardien Yvan Phaneuf.


Ce championnat se voulait un prélude à la mission de Louis-Philippe Gaucher qui fonda, cette même année, la Ligue de hockey pee-wee des pharmacies. Il voulait faire progresser les jeunes maskoutains sur la scène provinciale.


Lors de la saison 1966-1967, l’équipe d’étoiles pee-wee CKBS (formée des meilleurs joueurs de la ligue des pharmacies) connut des succès étincelants. L’équipe fit une présence remarquée au Tournoi pee-wee de Québec, remporta quelques victoires à différents tournois et participa à la « Ronde pee-wee » qui est le prélude au Tournoi pee-wee de Saint-Hyacinthe. Les succès de cette équipe, formée de jeunes nés en 1954 et 1955, motivèrent les responsables du hockey mineur à promouvoir le développement du hockey élite.


Ainsi naquirent les Lions de Saint-Hyacinthe. Parrainés par le club « Les Lions », les joueurs portèrent un équipement très avant-gardiste composé de culottes dorées avec des lignes pourpres et des chandails et des bas blancs lignés pourpre et or. Les Lions rejoignirent la Ligue de la Rive-Sud présidée par Éric Sharp. Les adversaires étaient Chambly, Lemoyne, Boucherville, Greenfield Park, Saint-Lambert et Saint-Bruno. Chaque équipe se rencontrait quatre fois et jouait 24 parties.


À la pause de Noël, nos bantams partirent pour le tournoi de Hull avec une fiche de cinq victoires et une nulle en saison régulière. Du 27 au 30 décembre 1968, ils remportèrent quatre victoires contre Smith Falls, Ottawa, Pointe-Gatineau et Pierrefonds pour remporter ce prestigieux tournoi. Puis, les parties régulières continuèrent au cours du mois de janvier 1969. Toujours invaincus en saison régulière et en tournoi, les Lions partirent confiants pour l’important tournoi du Centre Paul-Sauvé organisé par Claude Mouton. Après une victoire difficile contre les Castors de Québec, ils durent affronter quelques heures plus tard les puissants CJMS de Montréal. Ceux-ci, constitués de tous les meilleurs joueurs des limites de la ville de Montréal à l’époque, n’avaient pas joués le matin. Ils vainquirent les Maskoutains par le pointage de 3 à 1. C’était la première défaite de la saison. Voulant venger ce faux-pas, les Lions invitèrent ces Montréalais à Saint-Hyacinthe et l’emportèrent 2 à 0. Ils continuèrent la saison régulière et ne connurent la défaite qu’au 24e et dernier match, contre les seconds de Greenfield park. En cours de route, ils établirent un record impressionnant, en allant battre St-Bruno, par le pointage de 26 à 0. Ils remportèrent facilement les séries d’après-saison et furent délégués pour représenter la Rive-Sud, au niveau provincial.


Ainsi en mars, ils vainquirent tour à tour, dans des matchs aller-retour, Montréal-Nord et St-Michel. Tout était en place pour les finales québécoises à Sherbrooke. Les Lions  devaient affronter Pointe-Claire en demi-finale. Contre toute attente le joueur qui influença le plus cette partie fut le robuste défenseur à caractère défensif, Pierre Seyer. Celui-ci s’imposa dans un violent combat qui dicta l’allure du match remporté par les Lions 4 à 0.


Puis ce fut la finale entre Sherbrooke et Saint-Hyacinthe, dans un Palais des sports remplit à capacité. Ce fut une décisive victoire de 6 à 1. Saint-Hyacinthe devenait le premier champion provincial bantam AA. Les joueurs les plus productifs furent Paul-André Paris et Robert Desrosiers. Le capitaine Jean Bernier fut le leader à la défense. Le regretté Michel Brazeau n’alloua qu’un but en deux matchs.


Photo
Les Lions de Saint-Hyacinthe. Collection André A. Bourgeois.