Les premiers médecins de l’Hôpital
Saint-Charles de Saint-Hyacinthe


Par Gilles Brien
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 13 août 1975


Parmi les premiers médecins qui firent du service régulier à l’Hôpital Saint-Charles de Saint-Hyacinthe, on relève les noms de messieurs les docteurs Eugène St-Jacques, Sén. Gaspard Turcot, Paul-Émile Ostiguy. Ce dernier et le docteur Beaudry s’étaient spécialisés en oto-rhino-laryngologie (maladies des oreilles, du nez et de la gorge) tout en faisant de la médecine générale.


Il n’est pas de sacrifices que ces médecins ne se soient imposés pour assurer la survivance et le progrès de l’œuvre naissante. Ils furent l’âme de cette maison à laquelle ils devaient consacrer la meilleure partie de leur carrière.



L’Hôpital Saint-Charles fut bientôt un champ ouvert à tous les médecins qualifiés de la ville et des paroisses environnantes. En y amenant leurs malades ils s’assuraient le concours d’infirmières expérimentées et dévouées. Mais, en offrant aux médecins et à leurs malades des avantages bien appréciables, l’Hôpital voulut aussi assurer aux pauvres, tous les soins médicaux que pouvait requérir leur état. En conséquence, à tour de rôle, les médecins du Bureau Médical dispensaient, gratuitement, leurs services professionnels.


Au cours des années qui suivirent, d’appréciables améliorations vinrent s’ajouter à l’installation primitive :


En 1909 : Un joli kiosque attenant à l’hôpital permit d’y conduire, à l’air pur, les convalescents durant la belle saison.


En 1910 : Des médecins firent don à l’Hôpital d’un appareil de stérilisation d’une valeur de 970.00 $, ceci assurait l’aseptie des instruments d’opération.


En 1911 : Quelques dames de la ville inaugurèrent l’œuvre dite de la lingerie et fournirent à l’Hôpital des centaines d’articles indispensables et d’usage courant.


En 1914 : Le docteur P.E. Bousquet, chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Montréal, dirigeait le nouveau service d’oto-rhino-laryngologie et y faisait une clinique deux fois par semaine.


En 1921 : L’Hôpital recevait sont premier appareil de Rayons X.


En 1922 : Une machine électrique à haute fréquence s’y ajoutait et l’année suivante, une table perfectionnée pour Rayons X.


En 1924 : L’Hôpital Saint-Charles avait envahi, graduellement, presque toute l’ancienne Retraite St-Antoine. Les membres du clergé qui s’y trouvaient encore prirent des chambres dans une des ailes de l’Hôtel-Dieu nouvellement rebâti.


En 1925 : La pharmacie fut transportée dans les pièces laissées libres et on réserva quelques chambres pour un département de maternité. On installa un laboratoire de bactériologie à proximité de la salle d’opération.


Enfin, le 19 mai 1925, on inaugurait un cours pour gardes-malades, cours de trois ans qui fut reconnu et approuvé par l’Association des Gardes-Malades enregistrées de la Province de Québec en avril 1928.


La première graduation eut lieu le 29 décembre 1928 et ne comptait que des religieuses. La seconde graduation, le 28 juin 1929, comptait cinq gardes-malades laïques.


Au cours des années, les docteurs Ostiguy quittèrent la ville pour Montréal, cependant que l’âge et les infirmités retenaient le docteur E. St-Jacques Sr. en dehors de la pratique médicale. Le docteur E. Turcot mourait en 1918.


À des dates variées, les docteurs J.A. Viger, Gaston Lapierre, J.L.H. Pagé, Ernest Birtz et J.E.A. Collette vinrent remplir les vides que la mort ou les départs avaient creusés dans les rangs des médecins du Bureau Médical.


Les premiers chirurgiens de l’Hôpital Saint-Charles furent les docteurs Beaudry et Turcot ainsi que le docteur Pagé.


En 1925 le docteur E. St-Jacques, Jr. chirurgien à l’Hôtel-Dieu de Montréal, accepta de venir faire du service chirurgical une fois la semaine.


Plus tard, le Bureau Médical de l’Hôpital Saint-Charles avait ouvert ses portes à messieurs les docteurs Jean Morin, médecine générale : Paul Morin, chirurgien, L.P. Couture, urologue et Ovila Desmarais, médecine générale.


Dès cette époque, l’œuvre était douloureusement travaillée par un besoin d’expansion et de perfectionnement irrésistible. Croître ou mourir!... Tel était le dilemme proposé. Il allait être résolu dans le sens le plus heureux au cours des années qui suivirent.

Photo: 
Personnel du premier hôpital Saint-Charles. Photo non-datée.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, BSE14.

Cet article est le deuxième d'une série de quatre.

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