Les sports aux Jeux olympiques d'hiver (3)

Par Paul Foisy
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 13 février 2014

Cette semaine, je vous présente le ski alpin qui comptera 10 épreuves aux Jeux olympiques de Sotchi : cinq du côté des hommes et cinq chez les femmes. Il s’agit des épreuves de descente, slalom, slalom géant, super G et super combiné qui se dérouleront du 9 au 22 février au Centre alpin « Rosa Khutor ».

Un peu d’histoire
Après la randonnée en raquette de neuf pieds d’un certain A. Birch en 1879, le ski se répand peu à peu dans les différentes régions du Québec. Au début du XXe siècle, certains membres de clubs de ski montréalais se rendent dans la région des Laurentides pour pratiquer leur sport favori. En 1911, un Suisse nommé Émile Cochand s’installe dans un hôtel de Sainte-Agate avec plusieurs paires de skis. Ce skieur accompli deviendra le premier moniteur de ski en Amérique. Commence alors les fondements d’une véritable industrie touristique.

En 1927, le Canadien National offre des voyages vers les Laurentides. Ces « trains à neige » déversent des centaines de skieurs qui veulent s’amuser en plein air. L’idée de trains nolisés n’est pas nouvelle en soi, puisque depuis longtemps les compagnies offrent des trains spéciaux pour assister à des courses de chevaux ou à des parties de baseball. À la fin des années 1920 et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les « trains à neige » demeurent le principal facteur de développement du ski. Par la suite, la voiture deviendra le principal moyen de transport vers les centres de ski.

En 1929, sur la Big Hill de Shawbridge, lors des championnats du Dominion, on présente la première compétition de slalom au Canada. L’année suivante, le slalom et la descente seront reconnus officiellement par la Fédération internationale de ski.

Mais les skieurs qui veulent dévaler les pentes doivent les monter avant de jouir de l’ivresse de la descente. Afin de leur faciliter la tâche, certains individus réfléchissent à différents systèmes. En 1932, on installe le premier remonte-pente le long de la Big Hill de Shawbridge. Ce nouvel équipement qui parsèmera peu à peu les montagnes du Québec favorisera l’essor du ski alpin au détriment du ski de fond. Les systèmes d’enneigement artificiel et de meilleurs skis, dotés de fixations plus performantes, contribueront également à assurer le développement de la discipline.

Au cours des années 1960, le ski alpin est désormais bien implanté dans différentes régions du Québec. À Montréal, un événement majeur viendra stimuler la pratique de cette discipline. En effet, en 1963, le père Marcel de la Sablonnière organise un premier salon du ski qui attire 10 000 visiteurs au Centre Immaculée-Conception. L’année suivante, le salon se déroule au Palais du commerce sous le thème « ski pour tous ». Plus de 40 000 visiteurs parcourent les soixante-deux kiosques de l’exposition.

Le ski alpin à Saint-Hyacinthe
Du ski alpin à Saint-Hyacinthe ? Non, pas vraiment, mais on s’organise pour effectuer des sorties de ski alpin. La semaine dernière nous avons mentionné que la pratique du ski de fond a débuté en 1936 à Saint-Hyacinthe par le biais du club Maska. Lors de l’hiver 1939-1940, le club est affilié à la Zone des Cantons de l’Est. Cette affiliation permet à la cinquantaine de membres du club de prendre part aux quatre compétitions de la zone qui se déroulent du 21 janvier au 25 février. North Hatley, Waterloo et Magog, sont les destinations proposées aux membres pour les compétitions de « downhill et de slalom ». Des Maskoutains adeptes de la vitesse pratiquent donc le ski alpin dès 1940.
Pour les novices, on propose de se rendre à la Métairie afin qu’ils puissent apprendre les rudiments du ski : montée, descente, slalom, saut, etc. Mais dans le Courrier du 17 janvier 1941, on fait mention qu’aux Salines, situés en arrière du Séminaire, il y a « un chemin étroit tracé à travers le bois, qui mène aux descentes les plus agréables ». Mais pour le « véritable skieur », on suggère Saint-Hilaire, Rougemont ou les Laurentides.

En 1961, des Maskoutains fondent le club de Ski Raminska. En 1963, le club est formé de pas moins de 223 membres, ce qui traduit de l’engouement pour le ski alpin dans notre ville. La première compétition du club Raminska se déroulera au Mont Sutton en mars 1963 et les vainqueurs des trophées commandités par la brasserie DOW se nomment Henri Beauregard, Micheline Lussier et Louis-H. Lafontaine. En 1980, on comptera plus de 500 membres au sein du club. Il n’y a pas à dire, le ski alpin était déjà bien implanté à cette époque dans notre coin de pays.

Photo: Les gagnants de la première compétition du Raminska. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe