Les sports aux Jeux olympiques d'hiver (4)

Par Paul Foisy
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 20 février 2014

Cette semaine, je vous présente le hockey sur glace qui présentera les tournois masculin et féminin aux Jeux olympiques de Sotchi. Les parties de hockey se dérouleront du 8 au 23 février au Palais de glace « Bolshoi » et à l’Arène « Shaiba ».

Un peu d’histoire
Le hockey sur glace fait son apparition lors des Jeux olympiques d’Anvers en 1920. Quatre ans plus tard, à Chamonix, cette discipline fera partie des premiers Jeux olympiques d’hiver. Dès le départ, le Canada s’illustre en hockey sur glace comme la puissance mondiale.

Gérard Théberge, premier médaillé olympique maskoutain
En 1956, lors des 7e Jeux olympiques d’hiver, Gérard « Gerry » Théberge, un Maskoutain d’origine, fait partie de l’équipe canadienne de hockey. Lors de ces Jeux, les Dutchmen de Kitchener-Waterloo représentent le Canada puisque l’année précédente ils avaient remporté la coupe Allan, symbole de la suprématie du hockey senior canadien. 
Au grand dam du public canadien, les Dutchmen s’inclinent 4 à 1 devant les États-Unis lors de la ronde finale.

Malgré cette défaite crève-cœur, le Canada peut encore accéder à la finale s’il parvient à vaincre l’Union Soviétique. Malgré de grands efforts, les Canadiens baissent pavillon par le compte de 2 à 0. Les rapides joueurs soviétiques remportent la médaille d’or et les Canadiens reviennent au pays avec une médaille de bronze dénuée d’éclat. 

Gérald Théberge, auteur de neuf buts et deux passes, devient le premier Maskoutain à remporter une médaille olympique.

Robert Rousseau, l’idole de Saint-Hyacinthe
En 1960, à Squaw Valley, tout comme lors des Jeux précédents, ce sont les Dutchmen de Kitchemer-Waterloo représentent le Canada. À Squaw Valley, cette équipe compte sur la présence de Robert Rousseau, un des meilleurs joueurs juniors de l’époque. 

Avec quatre victoires et une défaite, le Canada doit se contenter de la médaille d’argent, alors que les Américains, invaincus, remportent l’or. Après l’obtention de la médaille de bronze en 1956, une onde de choc traverse à nouveau le Canada qui n’est plus la puissance de « l’Univers »…

Robert Rousseau revient du pays avec une fiche de 5 buts et 4 passes. Mais une médaille olympique c’est tout de même grandiose. Le 14 mai, les Maskoutains participent à la « Journée Robert Rousseau ». Cet événement, rappelant les beaux jours de Gérard Côté, débute par une parade dans les rues de la ville. À l’Hôtel de Ville, le maire Lafontaine lui remet les clés de la ville et Robert signe son nom dans le livre d’or de la municipalité. La journée se poursuit par un banquet privé au Club de golf. Puis, en soirée, plusieurs centaines de Maskoutains se rendent au Manège militaire où une danse populaire y est donnée en l’honneur du médaillé olympique.

Danielle Goyette, une athlète
d’exception

Danielle Goyette est née le 30 janvier 1966 à Saint-Nazaire d’Acton. Après l’école primaire du village, elle fréquente l’école Casavant et la Polyvalente Hyacinthe-Delorme à Saint-Hyacinthe. En hockey, elle gravit les échelons, se démarquant partout où elle passe. Tant et si bien qu’après un séjour avec l’équipe du Québec, elle rejoint l’équipe nationale du Canada en 1991. En 1998, alors que le hockey féminin devient une discipline olympique, Danielle participe à ses premiers Jeux d’hiver.

La veille des cérémonies d’ouverture, Danielle apprend que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, vient de rendre l’âme. Face à ses moments difficiles, sa détermination sera d’autant plus grande. Dès l’amorce des Jeux, elle inscrit son nom dans l’histoire du hockey féminin en marquant le premier but du tournoi et en obtenant un tour du chapeau. Neuf jours plus tard, en finale, le Canada subit une cruelle défaite face aux États-Unis. Au terme de ces Jeux chargés d’émotion, Danielle aura démontré qu’elle est une athlète d’exception, dominant la colonne des marqueurs avec huit buts et terminant au deuxième rang des pointeurs.

En 2002, aux Jeux de Salt Lake City, après avoir remporté les trois parties de la ronde préliminaire, le Canada affronte son ennemi de toujours en finale. Désavantagées, les Canadiennes jouent devant un public américain dans une partie arbitrée par une Américaine ! La joute se solde par une victoire du Canada et Danielle obtient dix points dont trois buts au cours du tournoi. Lors des cérémonies d’après match, la fille de Saint-Nazaire, bien enveloppée dans le drapeau canadien, savoure sa première médaille d’or olympique.

Aux Jeux de Turin, en 2006, elle est choisie pour porter le drapeau canadien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux. « Faire partie de l’équipe nationale et être performante sur la glace faisaient partie de mes objectifs. Mais-là, j’ai vécu cet événement comme un cadeau, une récompense pour tous mes efforts » raconte l’athlète qui obtiendra une deuxième médaille d’or à l’issue de ces Jeux.
Lors des Jeux de Sotchi, Danielle sera entraîneuse adjointe de l’équipe nationale féminine.

Photo: Collection Le Courrier de Saint-Hyacinthe