Naissance d'une municipalité:
le village de Saint-Joseph (3)


Par Grégoire Girard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 18 novembre 2010.


Premier conseil municipal, le 7 novembre 1898
Le 7 novembre 1898, sous la présidence de Joseph Perrault, bourgeois, nommé à ce poste par le préfet du comté de Saint-Hyacinthe, Raphaël-Ernest Fontaine, avocat, avait lieu la première réunion des électeurs propriétaires dans la manufacture de vinaigre de J.A Dubuc située sur la rue Broadway (aujourd’hui Concorde Sud entre les actuelles rues Saint-Pierre et Brunette Est). Furent élus conseillers, à cette occasion, Raphaël-Ernest Fontaine, avocat, François Renaud, menuisier, Moïse Lapierre, cultivateur, Joseph Tremblay, cultivateur, Louis Rivet, menuisier, Ubald Dansereau, bourgeois, et Charles Saint-Pierre, boucher.


À la réunion suivante, le 21 novembre 1898, les conseillers élisaient Joseph Tremblay, cultivateur, comme premier maire de la municipalité et J.P. Bazinet, notaire, était engagé comme secrétaire pro tempore. Au cours des semaines suivantes, démissions et nominations se sont succédées : ainsi, Frédéric Borduas, manufacturier de rouets, a été nommé conseiller en remplacement de R.-E. Fontaine et Avila Perreault, agent de chemin de fer, a été nommé pour remplacer Joseph Tremblay. Puis, à l’élection du 9 janvier 1899, l’avocat R.-E. Fontaine revient au conseil pour remplacer François Renaud et Alexis Pichette, cultivateur, est élu pour remplacer Moïse Lapierre. Finalement, l’avocat R.E. Fontaine est élu maire le 6 février 1899.


Adoption des premiers règlements
En vertu du Code municipal, une corporation locale peut faire, amender ou abroger des règlements pour assurer la paix, l’ordre, le bon gouvernement et l’amélioration de la municipalité pourvu que ces règlements ne soient pas contraires aux lois du Canada ou de la province, ni incompatibles avec quelque disposition du Code municipal. Ce pouvoir de légiférer est un pouvoir délégué et il est limité aux choses spécialement mentionnées dans le Code municipal. Tout autre sujet lui est interdit. 


Ainsi, au cours de la réunion du 6 février 1899, trois règlements étaient adoptés, tous en conformité avec les pouvoirs délégués par le Code municipal de 1871. Le règlement numéro 1 créait un « corps de police d’un seul homme » et Alfred Brodeur, employé du Canadien Pacifique était engagé comme homme de police. Le règlement numéro 2 était adopté pour régir les activités des charretiers à la gare du Canadien Pacifique. Et le règlement numéro 3 établissait de règles relatives à l’émission de licences d’hôtel et de boisson.


Puis au cours de l’année 1899, d’autres règlements ont été adoptés aux fins d’exiger un permis pour exercer le métier de charretier, pour le commerce de boucher, d’épicier, pour distribuer du pain à domicile, pour la vente de liqueurs enivrantes, de tempérance, pour colporter, dans les rues et de maisons en maisons, toutes marchandises comme hardes faites, bijouterie, objets de librairie, médecines patentées ou non, médicaments ou drogueries, sauf pour les produits agricoles vendus par les fermiers, pour exiger un impôt d’une cent par piastre sur le montant du loyer de tout locataire, un impôt de 50 cents à tout homme célibataire âgé d’au moins 21 ans, résidant ou travaillant dans la municipalité et non autrement, sauf pour les ministres de tous cultes, les étudiants, les apprentis et les domestiques, une taxe de 17 cents sur les immeubles imposables pour rencontrer une dette de 180 piastres.


Parmi les résolutions adoptées au cours de cette année 1899 et de l’année 1900, on trouve la décision d’annoncer dans La Presse et dans Montréal Gazette l’offre d’un bonus généreux à tout industriel disposé à venir établir une manufacture, une demande de la Compagnie des Pouvoirs hydrauliques de permettre la construction d’une ligne de tramways mus par l’électricité dans les rues du Village, la formation d’un « comité composé de A.J. Dubuc, Alexis Pichette et Ubald Dansereau chargé de conférer pour et au nom de ce conseil, quand nécessaire, avec le Conseil du Village de La Providence, ou avec le comité par lui appointé, aux fins de rencontrer les autorités municipales de la Cité de St-Hyacinthe afin de débattre et de considérer le projet d’annexion de ce Village à la Cité de St-Hyacinthe et aussi les conditions de cette annexion ».


À la réunion du 5 février 1900, Raphaël-Ernest Fontaine est réélu maire et le notaire Elzéar Chabot est engagé comme secrétaire-trésorier au salaire de 50,00 $ par année; le conseil vote une allocation de 10,00 $ à Lucien Marchessault pour l’usage de sa maison pour la tenue des assemblées jusqu’à ce jour; par ailleurs, Alphémar-Joseph Dubuc, conseiller nouvellement élu, offre une salle gratuite dans sa manufacture de vinaigre pour la tenue des assemblées à venir, ce qui est accepté.


Le 18 mai 1900, le conseil forme un comité d’études sur la confection et l’installation de canaux souterrains aux endroits les plus favorables. Le 22 mai suivant, le comité exprime au conseil l’avis que la confection de canaux souterrains durant le présent été n’était pas urgente et pouvait être remise à plus tard. Il faut rappeler ici que les villageois assumaient la responsabilité d’installer sur leurs propres terrains un puits d’approvisionnement en eau et un puisard pour les égouts domestiques.


 


Photo:
Raphaël-Ernest Fontaine, avocat puis juge.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Cet article est le troisième d'une série de quatre.


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