Naissance d'une municipalité:
le village de Saint-Joseph (4)


Par Grégoire Girard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 25 novembre 2010.


Les trottoirs de bois
Le premier règlement relatif à la construction de trottoirs en bois avait été adopté le 7 juillet 1884 par la municipalité-mère, la Paroisse de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur.


En résumé le règlement ordonnait la construction de trottoirs en bois de chaque côté de la rue Broadway (Concorde-Sud) depuis la rivière Yamaska jusqu’au chemin appelé Raccourci, de chaque côté du Chemin du roi (rue Saint-Pierre) depuis la Paroisse Notre-Dame-de-Saint-Hyacinthe (La Providence) jusqu’au chemin de Saint-Dominique (rue Saint-Louis) et « partout où besoin sera ». Comme le Conseil avait des doutes sur la légalité de ce règlement, il décidait, le 4 novembre 1901, d’adopter un nouveau règlement sous le numéro 14 pour ordonner la construction de trottoirs de bois sur le même territoire en y ajoutant d’autres chemins non encore identifiés, mais aujourd’hui connus comme étant la rue Brunette, une partie de la rue Saint-Thomas entre Brunette et Saint-Pierre, la rue Desrochers, la rue Villeneuve et partie de Centrale.


Puis le règlement 14 précisait que « Les dits trottoirs seront en madriers de pruche ou d’épinette rouge de deux pouces d’épaisseur, bien cloués sur lisses ou lambourdes en épinette rouge ou en cèdre de pas moins de quatre pouces d’épaisseur au petit bout, équarries sur une face, lesquelles lambourdes seront placées à distance voulue mais pas moins de trois lambourdes par longueur de madriers de dix à douze pieds ». Puis le règlement ajoutait : « La construction et l’entretien des dits trottoirs seront à la charge des propriétaires de terres et terrains ou lots de terre faisant front ou longeant les dites rues ou chemins publics ».


Un autre règlement avait été adopté sous le numéro 11, le 22 mai 1901, pour ordonner la construction d’un trottoir de bois de trente pouces de largeur, du côté nord-est du Chemin du roi (rue Saint-Louis) depuis le chemin de fer du Grand Tronc jusque vis-à-vis cette autre partie du Chemin du roi aujourd’hui connue sous le nom de rue Saint-Pierre, ainsi que des traverses en bois de 20 pouces de largeur en front de certaines propriétés. Ce règlement a été abrogé et remplacé par le règlement no 12 le 13 juin suivant, avec le même contenu, mais en précisant que « Le conseil susdit accorde la permission aux propriétaires de terrains en front desquels le trottoir sera construit de faire et entretenir des traverses sur le chemin municipal, sous leur responsabilité exclusive et sans que le dit conseil ne puisse être inquiété pour les accidents qui pourraient survenir par le manque d’entretien de ces traverses ».


Les deux règlements 12 et 14 seront amendés par le règlement numéro 17, le 23 juin 1903, pour permettre que les trottoirs ne soient pas construits exclusivement en bois, mais aussi en gravier (retranché par le règlement 18), en pierre à trottoir, ou en ciment selon la volonté des propriétaires obligés à leur confection. Puis le règlement numéro 20 adopté le 6 novembre 1905 décidait « que toutes les traverses se trouvant dans les limites de la municipalité du Village St-Joseph soient construites et entretenues par la corporation du Village de St-Joseph. […] »


Le règlement 34 adopté le 18 mai 1915 prévoyait l’abandon des trottoirs de bois et donnait jusqu’au 1er juillet 1919 pour leur remplacement par des trottoirs de béton. À partir du 1er juillet 1919, les trottoirs de bois non remplacés par des trottoirs de béton seront faits par la municipalité et le coût sera recouvré comme les amendes.


Le gardien d’enclos public
La fonction de gardien d’enclos dans une municipalité est abondamment décrite aux articles 428 et suivants du Code municipal de 1871 : « Les gardiens d’enclos publics sont tenus de recevoir et de retenir sous leur garde les animaux trouvés errants sur une grève, une batture, un chemin, une place publique, ou un terrain autre que celui de leurs propriétaires, et envoyés en fourrière par l’inspecteur agraire ou par toute autre personne qui les y trouve, jusqu’à ce qu’ils soient réclamés par leurs propriétaires ou vendus à l’enchère en vertu des dispositions de cette section ».


L’article 440 prévoit que « les amendes imposées sur les propriétaires ou les possesseurs d’animaux trouvés errants sont les suivantes pour la première offense : pour chaque étalon âgé de pas moins d’un an, $6.00; pour chaque taureau, verrat ou bélier, $2.00; pour chaque cheval coupé, poulin, pouliche, jument, bœuf, vache, veau, génisse, cochon annelé, $0.25; pour chaque cochon non annelé, bouc ou chèvre, $1.00; pour chaque mouton, $0.10; pour chaque oie, canard, dinde ou toute autre volaille, $0.05.


À la réunion du 6 mars 1899, Moïse Lapierre, cultivateur, a été nommé premier gardien d’enclos pour la municipalité du Village de Saint-Joseph et Télesphore Saint-Jacques, journalier, était nommé inspecteur agraire dont l’une des fonctions était de voir aux bonnes conditions des fossés et des clôtures de ligne entre les fermes.


Photo: 
Entrée du Pont Société (situé à l'emplacement du pont T.-D. Bouchard aujourd'hui) où l'on voit bien les trottoirs de bois en front des maisons ainsi que la traverse du chemin aussi en bois.


Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.


Cet article est le dernier d'une série de quatre.


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