Notes d’histoire de Saint-Hyacinthe (1)


Par Luc Cordeau
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 5 juillet 2006.


Club Libéral
C’est le dimanche 8 septembre 1918, qu’a été inaugurée officiellement, au 3, rue Saint-Denis, à Saint-Hyacinthe, une nouvelle association : le Nouveau Club Libéral. 


Pour son instigateur, le notaire Armand Boisseau, propriétaire depuis 1917, du journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, cette association « a pour but de fournir à nos amis politiques l’occasion de se réunir pour pouvoir discuter librement des questions d’actualité, de politique fédérale, provinciale et municipale [au moins une fois la semaine]. Le Nouveau Club ne sera pas nationaliste mais franchement libéral. Tous les citoyens y sont invités sans distinction de partis, on y prêchera la doctrine du vrai libéralisme, des conférenciers et des orateurs de renom y seront présents » (Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 14 septembre 1918).

Les officiers sont élus lors de la rencontre suivante, celle du 15 septembre : Patrons du Club, Sir Wilfrid Laurier, Premier ministre du Canada, et Sir Lomer Gouin, Premier ministre du Québec ; présidents d’honneur, sénateur Georges-Casimir Dessaulles et docteur Choquette, conseiller kégislatif ; président, François-Xavier-A. Boisseau, notaire ; vice-présidents, R.-A. Trudeau, Louis Gosselin ; secrétaires, Hector Monette et Armand Boisseau, notaire.

Si Le Courrier de Saint-Hyacinthe traite positivement de cette nouvelle association, il en va autrement du journal libéral, Le Clairon de Saint-Hyacinthe, de Télesphore-Damien Bouchard, pourtant maire et député libéral provincial de Saint-Hyacinthe à l’époque. Ce dernier dénonce ce Nouveau Club Libéral qu’il voit comme une astuce, une conspiration menée par Armand Boisseau dans le but de le discréditer, de travailler contre lui et son équipe. D’ailleurs, Bouchard dénonce le fait que son nom ait paru dans le journal Le Courrier du 7 septembre, dans la liste des personnes invitées à l’inauguration officielle : « Si je crois aujourd’hui sortir du mutisme dans lequel je me suis tenu, c’est que pour servir la cause de la désunion du parti libéral on a été jusqu’à se servir du nom de celui que l’on veut détruire pour attirer ses amis dans un guet-apens politique. On a publié mon nom comme invité alors que je ne l’étais pas » ( T-D Bouchard, journal Le Clairon, 13 septembre 1918).

Député provincial libéral de Saint-Hyacinthe depuis 1912, Bouchard est battu par Armand Boisseau, également libéral lors des élections de 1919. Il reprendra toutefois son siège en 1923. Bouchard avec donc raison de se méfier de ce Nouveau Club Libéral de Boisseau.


Bell Telephone
La partie de l’actuel hôtel de ville de Saint-Hyacinthe, située à l’angle des rues Girouard Ouest et Laframboise, a été construite en 1917-1918. À l’époque, il s’agissait du nouvel édifice de la compagnie Bell Telephone. Inauguré le jeudi 25 juillet 1918, l’immeuble « est tout à fait moderne, muni de toutes les dernières améliorations, et à l’épreuve du feu. Il mesure 29 pieds de front par 42 de profondeur. Sa façade et son côté sont faits de brique rouge Rustic avec ornements de pierres calcaires. Au rez-de-chaussée il y a un bureau pour le public et un autre pour les affaires. À l’arrière de ces bureaux, se trouvent le département du matériel et les chambres des opératrices et de toilette. Tout le premier plancher est employé par les chambres combinées d’opération et de terminus. Le fini intérieur de ces deux planchers est de chêne blanc. Dans le soubassement, il y a la chambre à batteries, le magasin, une chambre pour ouvrage général, une chambre de toilette pour les hommes, et un appartement pour la fournaise et le charbon »
( Le Clairon de Saint-Hyacinthe, 19 juillet 1918).

Dans le journal Le Clairon, du 2 août 1918 : « Saint-Hyacinthe a maintenant un service téléphonique aussi parfait qu’il est possible d’en obtenir un, et le système d’appareils installé dans le nouvel édifice est celui que l’on retrouve dans toutes les grandes villes du Canada et des États-Unis. Ceux qui se servent du téléphone n’ont plus besoin de se servir de la petite manivelle de la sonnerie pour se mettre en rapport avec le central. Et c’est pour cela que l’on a enlevé cette petite manivelle à toutes les boîtes de téléphone de la ville. Chaque numéro de téléphone porte maintenant, au bureau du central, une toute petite lampe électrique blanche qui s’allume quand on enlève le percepteur de son crochet. Ceci avertit l’opératrice que vous appelez. Elle donne la connexion, et la lumière s’éteint. Quand on a fini de parler et qu’on replace le percepteur à son crochet, une autre petite lumière que l’opératrice a en face d’elle l’avertit qu’on a fini de parler, et elle ôte la connexion ».


Photo:
Immeuble de Bell Telephone à Saint-Hyacinthe, voisin du 1420, rue Girouard ouest.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.

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