Notes d’histoire de Saint-Hyacinthe (6)


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 4 octobre 2006.

Panique funérailles
Lors des funérailles de Mgr J.-C. Prince, à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe, le 9 mai 1860, certains événements ont causé une panique générale dans l’assistance. « La foule était si grande, si dense, que quelques personnes s’imaginèrent que le plancher commençait à s’affaisser sous le poids inaccoutumé qu’il avait à porter. Un malaise général s’empara de la foule, et chacun se prit à pousser son voisin vers les portes. Il s’ensuivit une confusion difficile à peindre ; dans la cohue une femme eut les deux bras cassés, d’autres disent littéralement arrachés. M. le Grand-Vicaire Cazault, de l’Université Laval, s’évanouit et n’échappa que par miracle à la pression désordonnée qui se faisait autour de lui. Le calme néanmoins se fit peu à peu, à mesure que l’on s’apercevait de la solidité du plancher. Mais le service ne devait pas se terminer sans un autre incident. Il paraît que, d’une manière ou d’une autre, les cierges qui entouraient le catafalque [cercueil], garni pour l’occasion de draperies funéraires, communiquèrent le feu à ces ornements, et l’on dû les arracher violemment pour mettre fin à ce début d’incendie » (journal La Minerve, Montréal, samedi 12 mai 1860).

Premier meurtrier
Dans cette chronique, en 2002 et 2005, j’ai publié l’histoire de Jean-Baptiste Beauregard, premier meurtrier de Saint-Hyacinthe, condamné et exécuté à Montréal le 16 décembre 1859. Poursuivant mes recherches sur ce personnage, voici mes dernières trouvailles. Beauregard n’aurait pas eu cinq enfants mais dix. Outre ceux déjà connus : Philomène, est née et décédée à Saint-Pie, en 1843 ; tous les autres sont nés et décédés à Saint-Hyacinthe, Jean-Baptiste, en 1840 ; Hector, en 1854 ; Louis-Ferdinand-Napoléon, en 1856 ; Louis, ce dernier, né en juillet 1859, son père, emprisonné ne l’a jamais vu, est décédé en juillet 1864. Sophie Delage, mère de ces enfants, qui vivait dans la mendicité, est décédée le 13 mars 1863, à Saint-Hyacinthe, âgée de 46 ans. Seulement deux filles du couple Beauregard Delage se seraient mariés : Marie-Lucille, épouse Albéric Paré, commis, à l’église Notre-Dame de Montréal, le 10 janvier 1865, et Zoé, épouse Joseph Sylvestre, journalier, [au Minnesota], le 2 avril 1865. À son décès, le 21 mai 1877, Zoé habitait dans la paroisse Notre-Dame de Montréal.

La victime de Beauregard, Anselme Charron, de Saint-Charles, était cultivateur et propriétaire foncier. Journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, mardi 12 juillet 1859: « Vente par Autorité de Justice – Seront vendus et adjugés au plus offrant les immeubles ci-après désignés, dépendant de la succession de feu Anselme Charron, savoir : 1) une terre, située dans la première concession de la paroisse de Saint-Charles, bâtie d’une maison, d’une grange et d’une écurie ; 2) une terre, située en la partie sud du Grand-Rang, dans la paroisse de La Présentation, bâtie d’une maison, d’une grange et d’une écurie ; 3) un emplacement, situé en la Cité de Saint-Hyacinthe, sur la rue Laframboise, voisin du côté nord-ouest au terrain et à l’avenue du Chemin de fer du Grand Tronc,  bâti d’une maison en briques à deux étages, d’une écurie et d’une remise. J.E. Leblanc, Notaire Public, Saint-Charles, 9 juillet 1859 ».

Joseph Lusignan, l’ivrogne dont le témoignage avait fait porté l’accusation sur Beauregard, serait décédé le 9 octobre 1868, à l’âge de 58 ans (journal La Gazette de Saint-Hyacinthe, lundi 12 octobre 1868). Afin de préserver la morale et le bon ordre, il n’était pas rare au milieu du XIXe siècle, d’utiliser des complaintes qui démontraient, parfois par des remords, les mauvaises actions d’un individu. La complainte du Condamné Beauregard, écrite peu après le 16 décembre 1859, en ait un bon exemple. Strophe 13 : « Oh ! ne m’imitez pas, j’ai mené folle vie ; De ce qu’on respectait, je n’ai rien respecté ! Si je l’avais voulu, mon sort eût fait envie ; Mais le vice toujours guida ma volonté ».

Arpenteur et Orfèvre
« Avis – Le soussigné prend la liberté d’offrir ses services au public, comme arpenteur. Il est prêt à recevoir tout ordre pour arpentage que l’on voudra bien lui confier, il les remplira avec la plus grande ponctualité comme par le passé. - Il se propose d’ouvrir une Boutique d’orfèvrerie dans la maison de M. L.L. Poulin, au Nord du Marché, où il recevra toute commande de nettoyage et réparations de montres. Il tiendra aussi un bon assortiment de bijouteries. P.R. Blanchard. St-Hyacinthe » (Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 12 juillet 1859).

Club de Crosse
« Les membres de la compagnie volontaire de Saint-Hyacinthe, ont formé une association sous le nom de Club militaire de la Crosse de Saint-Hyacinthe. Les parties se jouent les mardi, vendredi, et dimanche matin de 5 à 7 heures, sur la propriété de M. Gérard Neagle » (Journal de Saint-Hyacinthe, jeudi 14 mai 1868).

Illustration:
Complainte du Condamné Beauregard, 1859.
Source : BANQ.


Notes d'histoire de Saint-Hyacinthe (5)
Notes d'histoire de Saint-Hyacinthe (7)