Notes d’histoire de Saint-Hyacinthe (11)


Par Luc Cordeau
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 26 septembre 2007.


Décès Lt Col. Denis
Journal L’Union, Saint-Hyacinthe, mardi, 9 novembre 1909 : «Le lieutenant-colonel Alphonse Denis, ancien commandant du 84e régiment de Saint-Hyacinthe, est mort dimanche dernier à une heure et demie de l’après-midi. Il était malade depuis quelques mois. Son état de santé s’était cependant aggravé depuis vendredi alors, qu’à l’hôpital Saint-Charles de notre ville, il avait dû subir une opération chirurgicale délicate au foie. C’est en 1904, que sa robuste constitution reçut, au cours de la terrible catastrophe de Richmond, un coup violent dont il eut à souffrir jusqu’à sa mort. Il fut très grièvement blessé – fracture de la jambe et lésions internes – et depuis ce jour, sa santé se fit de plus en plus mauvaise». 


«Ses funérailles ont eu lieu, mercredi matin [à 9heures et demi à la cathédrale de Saint-Hyacinthe]. Ses confrères d’armes, officiers, sous-officiers et soldats du 84e Régiment, se souvenant qu’il avait été leur commandant pendant 16 ans ; lui on fait des funérailles militaires. Une compagnie assez considérable, sous le commandement du Capitaine René Morin, ouvrait la marche. Venait ensuite le corps, sur un chariot découvert, traîné par deux chevaux. Dans la voiture, et chaque côté du cercueil recouvert du drapeau anglais, se tenaient, l’arme au bras, trois sous-officiers et soldats. En arrière du chariot venait un militaire, conduisant par la bride, le cheval du Colonel défunt, selle au dos, avec bottes renversées dans l’étrier. Le cortège se dirigea vers la cathédrale tandis que la fanfare du régiment fit les impressionnants accords de la marche funèbre. Le service fut chanté par le chanoine Senécal, curé de la Cathédrale. Au cimetière, pendant que l’on descendit le cercueil dans la fosse, les militaires ont tiré, suivant l’usage,  trois volées réglementaires» (journaux : La Tribune de Saint-Hyacinthe, 12 novembre 1909, et L’Union, 11 novembre 1909).


Le Colonel Denis était âgé de 63 ans. Né à Montréal, le 6 octobre 1846, fils de Hilaire Denis et de Sophie Grenier, il épouse Marie-Louise Vigeant (1849-1927), fille de Louis Vigeant, cultivateur, et de Séraphine Béïque, le 2 octobre 1871, à Marieville. De ce mariage sont nés quatre enfants : Marie-Louise, Eugène, qui deviendra père franciscain, Blanche et Berthe. Après ses études au Collège de Montréal, il commence son droit, puis se dirige en journalisme. Le 22 décembre 1868, il obtient son certificat, à l’école militaire de Montréal. Un an plus tard, il devient capitaine des Carabiniers Mont-Royal. Sous-officier, il fait la campagne contre les Féniens [Américains d’origine irlandaise qui attaquent le Canada au cours des années 1866 à 1870] et fut décoré de la médaille militaire. De 1887 à 1903, il sera le Lieutenant Colonel du 84e régiment de Saint-Hyacinthe. C’est sous son mandat que le régiment de Saint-Hyacinthe, passe d’un régiment de campagne à un régiment de ville.


«En 1871, il vint s’établir à Saint-Hyacinthe où, plusieurs années durant, il fut gérant du journal l’Union, organe des libéraux du comté. En 1888, Denis fonda le journal La Tribune de Saint-Hyacinthe, dont il était encore le propriétaire à sa mort» (L’Union, 9 novembre 1909). «M. Denis a passé au moins quarante ans de sa vie dans le journalisme et l’imprimerie. Il était un homme d’affaires comme on n’en rencontre pas tous les jours. Ce qui l’a distingué, c’est l’ordre. Peut-être avait-il puisé cette qualité dans la milice, dont il s’est toujours occupé si activement» (journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, samedi, 13 novembre 1909).    



Dentiste inventeur

Journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 30 décembre 1922 : «Bilan partiel d’un inventeur. – Le Dr. Fournier, de Saint-Hyacinthe, a fait autant d’inventions dentaires transcendantes en 20 ans de pratique qu’aucun dentiste de l’Amérique du Nord. Principales découvertes : Acaïne, anesthésique local aussi inoffensif que transcendant ; Pyorrhéol, poudre à dents merveilleuse ; Poudre antiseptique, prépare un liquide spécial pour différents usages médicaux, ce liquide est souverain dans plusieurs cas d’infections ; Aristoline, isolant indispensable pour plombage de dents ; La vis dentaire, une bénédiction dans bien des cas de prothèse ; Mercurycid, oxydant du mercure ; Pastilles du Dr. Fournier, contre pyorrhée alvéolaire (scorbut)».


Route Saint-Hyacinthe-Granby
«La nouvelle route Saint-Hyacinthe-Granby toute pavée en 1958. – Monsieur J.-Armand Russell, député [de l’Union Nationale] du comté de Shefford à l’Assemblée législative de Québec, vient d’annoncer que la route reliant les villes de Saint-Hyacinthe et Granby, par Saint-Dominique et Sainte-Cécile-de-Milton, sera entièrement pavée au cours de l’année 1958. Monsieur Russell a fait cette déclaration au cours d’une revue des travaux de voirie exécutés dans son comté. Il précisa qu’il ne reste à compléter que la tronçon qui va de Sainte-Cécile-de-Milton à Saint-Dominique sur une distance d’environ cinq milles» (Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 13 décembre 1957).


Photo:
Dentiste Fournier, Saint-Hyacinthe, vers 1915. Studio B.-J. Hébert, photographe.


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