Parlons baseball (1)


Par Paul Foisy
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 29 juin 2017.


Au cours du mois de juin 1916, un policier nommé Boudreault surprend des jeunes à jouer au baseball à l’angle des rues Concorde et William (Calixa-Lavallée). Dès que les joueurs en herbe aperçoivent le constable, ils prennent la poudre d’escampette. Il faut dire qu’à cette époque, joueur dans la rue n’est pas bien vu. Heureusement, ils ont des terrains pour pratiquer leur sport favori.


Au Patronage
À Saint-Hyacinthe, au cours de la première partie du XXe siècle, les jeunes et les adolescents peuvent pratiquer le baseball au Patronage Saint-Vincent-de-Paul. Cette institution, fondée en 1905, est le seul centre de loisirs pour les jeunes Maskoutains à cette époque. Bien sûr, les élèves du Séminaire jouent au baseball sur les terrains de leur école, mais pour les plus autres, c’est au Patro que ça se passe.


Le baseball local au début des années 1930
Au début de l’année 1931, lorsqu’on met en place les fondements de la Ligue de Balle au camp des Jeunes Gens de Saint-Hyacinthe, on sait fort bien que ce n’est pas la première ligue locale de baseball dans notre ville. Ce qui diffère c’est qu’elle s’adresse aux jeunes gens, c’est-à-dire à de jeunes hommes dont l’âge tourne autour de la vingtaine, plutôt qu’à des adultes.


Les parties de cette nouvelle ligue se déroulent sur le terrain du Patro, mais également à La Providence. Les cinq équipes jouent une dizaine de parties. Elles portent les noms de Goodyear, Frontenac, Maskoutain, La Providence et Cercle Notre-Dame du Patro. Les hostilités débutent en mai pour se terminer au mois de septembre avec les séries. Au terme de la saison, le Maskoutain et le Goodyear se rencontrent en finale. Qui est le club champion ? Malheureusement, les journaux locaux ne font pas état du résultat de la dernière partie qui s’est déroulée le 25 octobre.


L’année suivante, le club La Providence se retire pour laisser la place au Royal et au club Athlétique. Ces deux clubs s’ajoutent à celui du Patro et aux deux formations finalistes de 1931. Malgré son engagement envers la ligue, le club Royal, fort d’avoir battu le St-Jude « lance un défi à tout club amateur de la Province », rien de moins !


En 1933, la ligue des Jeunes Gens est toujours active. À l’occasion, Le Clairon publie des informations sur ces activités. Par exemple, le 9 juin en plus des résultats des parties et celles à venir, on publie une liste des six meilleurs frappeurs de la ligue. L’ajout du club du collège Sacré-Cœur est bénéfique : « une foule considérable de membres de l’Amicale, en fête cette journée, assistèrent à la joute et encouragèrent fortement les efforts de leurs jeunes “frères. On remarquait aussi un grand nombre d’autres spectateurs.” En plus d’attirer de nombreux amateurs, la présence du Sacré-Cœur fait en sorte que la ligue dispose de deux terrains comme en 1931.


Il semble que les activités de cette ligue se terminent en 1933. L’année suivante, un club “toutes-étoiles” formé de Maskoutains affronte des équipes de villes adverses. En 1935, une autre équipe de Saint-Hyacinthe nommée et commanditée par le Garage Fortin joue contre des clubs de villages voisins et même celui du collège Sacré-Cœur.


Si le baseball local semble moins populaire, c’est que la pratique de la balle-molle gagne en popularité au sein des amateurs de sports. En juin 1935, une revue sportive nommée Édition Comte publie les règlements du baseball et de la balle-molle. La revue qui comporte « un article inédit sur la science du base-ball, et les photographies de nos champions dans la Province de Québec » est en vente chez J.W. Blier qui à cette époque tient boutique sur la rue Mondor.


Dans la deuxième moitié des années 1930, lorsque les journaux maskoutains parlent de baseball, il s’agit du club intercité qui s’active au sein de la Ligue Fédérale ou encore de la Ligue Provinciale.


On joue tout de même au baseball de façon sporadique au Patro. Par exemple, le 8 juin 1941, le club du Patro, nommé Cercle Notre-Dame, reçoit la visite du club Lalime & Cadorette, du nom d’une quincaillerie maskoutaine. La partie se déroule le dimanche après-midi sur le terrain du Patro. Par le biais du journal Le Clairon du 6 juin, le frère Vallière informe que « le club du Patronage a quelques dates libres encore et aimerait se mesurer avec d’autres clubs de la ville et aussi avec les clubs des environs tels que St-Damase, St-Pie, Marieville, Acton Vale et autres ».


Photo:
Une équipe de jeunes joueurs du Collège Sacré-Cœur en 1936. Collection Centre d’histoire CH479.


Cet article est le premier d'une série de quatre.


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