Parlons baseball (2)


Par Paul Foisy
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 6 juillet 2017.


La ligue juvénile
Alors que la Deuxième Guerre mondiale fait rage, les Maskoutains agissent afin de trouver des moyens de se divertir. En effet, le 18 avril 1943, quelques sportifs invitent M. Gaston Nolet, secrétaire-trésorier de l’Association de baseball amateur du Québec, à venir parler de l’organisation d’une ligue de baseball juvénile. Une semaine plus tard, le journaliste du Clairon nous apprend qu’effectivement, la ligue de baseball juvénile locale, qui s’adresse à des jeunes de 16 à 18 ans, sera formée de quatre clubs. Les organisateurs veulent rencontrer des sportifs locaux afin de les aider financièrement à la mise en œuvre de la ligue.


Le tout se concrétise lors d’une deuxième réunion au Grand Hôtel le 28 avril. Le circuit affilié à l’association provinciale est présidé par Laurent Godbout. Il ne faut pas se surprendre que les deux directeurs de la ligue soient des frères Saint-Vincent-de-Paul, puisque deux clubs (Cercle Notre-Dame et Union St-Louis) proviennent du Patro. Deux autres formations, J-A Théberge et Quartier No.5, complètent les effectifs de la ligue.


Au terme de la saison où chaque club joue douze parties, le St-Louis et le Théberge se rencontrent en série finale. Ce dernier remporte la série 3 de 5 et participe au championnat provincial. Mais après une série victorieuse contre Ville Mont-Royal, Saint-Hyacinthe est éliminé par défaut puisqu’il ne peut s’entendre avec l’association provinciale quant à la date et le lieu de la série finale qui l’aurait opposé à Trois-Rivières.


Chez les juniors
L’aventure au sein de la Ligue Juvénile se termine au terme de la saison, car à l’été 1944, la plupart des joueurs ont dépassé l’âge de la catégorie juvénile et sont aptes à jouer dans la catégorie junior. Ainsi, en 1945, Saint-Hyacinthe participe aux activités de la Ligue Montréal Junior. Le 6 mai, en guise de prélude, on organise une rencontre entre le Jr et les Saints de Saint-Hyacinthe qui évoluent dans le Ligue Yamaska. Le club est dirigé par Paul Messier et le joueur Marcel Théberge, deux Maskoutains qui avaient fait leur classe dans la ligue juvénile. Théberge est un joueur dominant, car il termine la saison au deuxième rang des frappeurs de la ligue avec une moyenne de .372. Après avoir remporté la demi-finale contre le Seven-Up, les Maskoutains s’inclinent face au Champêtre de Montréal.


La saison suivante, le Junior est toujours actif alors que l’on note la présence d’une petite ligue réunissant trois clubs au Patronage. Mais le club Junior, formé et dirigé par des jeunes, éprouve des problèmes financiers que déplore le journaliste du Clairon. À la fin juin, il lance un appel aux sportifs, car : « il serait vraiment malheureux que trois ans de magnifiques efforts, qui ont été couronnés de succès l’an dernier, soient perdus… Nous sommes assurés que le public maskoutain saura se montrer généreux […] afin d’aider nos jeunes as du losange à pouvoir continuer leurs opérations dans le circuit Ménard… » Bien qu’il soit rapidement éliminé de la course au championnat, l’équipe Junior continue d’affronter des clubs montréalais lors de parties hors-concours. La saison se solde en octobre lors d’une soirée annuelle qui se déroule au manège militaire.


Le baseball chez les militaires
Suite à la déclaration de guerre du Canada face à l’Allemagne, en septembre 1939, on établit un camp d’entraînement pour la milice à Saint-Hyacinthe. Les terrains sur lesquels sont installés les baraquements de l’Armée canadienne sont aujourd’hui occupés par une partie du campus de l’École de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. 


En octobre 1940, le camp reçoit ses premiers militaires. Une réorganisation au sein de l’Armée canadienne conduit à la fermeture du camp dès le mois de mars suivant. En juin, le site devient une école des signaleurs de la Marine canadienne. Au fil des ans, on injecte près de trois millions de dollars afin d’améliorer les installations militaires. Vers la fin de la guerre, plus de 3200 membres du personnel et stagiaires occupent le camp. Il va sans dire que toute cette population a besoin d’occuper ses temps libres. Pour les militaires, la pratique des sports occupe le haut de la liste des loisirs.


Au cours du mois de mai 1941, la Ville de Saint-Hyacinthe reçoit une demande provenant du Département de la défense nationale. G. Dunbar, officier commandant du Saint.Hyacinthe Training Center, fait la demande du parc Laframboise pour l’usage de la piste pour l’athlétisme et le terrain de baseball. Cette demande précise des journées spécifiques soit les mercredis 21 et 28 mai ainsi que la fin de semaine du 24 et 25 mai. 


Photo:
Un joueur de baseball sur le terrain du parc Laframboise au cours des années 1940.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH116.

Cet article est le deuxième d'une série de quatre.

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