Quelques photographes maskoutains (1)


Par Jean-Noël Dion
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 23 décembre 1987


Frédéric Jarret
Né à Saint-Hyacinthe, le 26 septembre 1843, de Séraphin Jarret et Émérente Durocher, Frédéric Jarret fait des études à Saint-Charles-sur-Richelieu, où ses parents se sont installés. Ils y demeurent sept ans pour ensuite passer six ans aux États-Unis et revenir à Saint-Hyacinthe en 1874.


Tenté par une carrière artistique, Frédéric Jarret ouvre dès lors un studio de photographie. La même année, il épouse, à Beloeil, Emma Blanchet. Il serait décédé le 1er avril 1903 (L'Union du 3 avril 1903).


Son fils, Joseph-Ange Jarret prit la relève. Ce dernier avait épousé Albina Daigle, à la Cathédrale à Saint-Hyacinthe, le 27 octobre 1903. Il aurait travaillé à Saint-Hyacinthe durant la première décennie du siècle.


Dans une publicité du photographe Jarret tirée de l'Annuaire de la ville de 1887-1888, il est mentionné « Photographies de toute grandeur, de toute position séparément ou par groupe. Le fini des ouvrages de M. Jarret ne laisse rien à désirer et ne saurait être surpassé. »


P.-Napoléon Beauregard
Natif de Saint-Pie, P.-Napoléon Beauregard a 45 ans en 1909. Il demeure à Saint-Hyacinthe depuis 1881. Dans « Le moniteur du commerce » (1909), il est indiqué que « M. Beauregard a photographié deux et même trois générations de citoyens et captivantes citoyennes de Saint-Hyacinthe. L'atelier de M. Beauregard est de l'aménagement le plus moderne et les produits qui en sortent sont de vrais poèmes photographiques, du goût le plus relevé, le plus artistique. M. Beauregard est très expert en fait de portraiture au crayon, au pastel, à la couleur à l'eau et à l'encre ».


Son atelier était situé rue Cascades. Il aurait été actif de 1881 à 1909.


Bénoni-Joseph Hébert
Les Hébert sont les photographes qui ont tenu le plus longtemps un studio à Saint-Hyacinthe, soit durant 80 ans.


Bénoni-Joseph Hébert est né à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 30 mars 1884. Il est le fils de Joseph et de Rosalie Labonté.


En même temps qu'il poursuit des études à l'Académie des Frères des Écoles chrétiennes à Saint-Jean, il travaille pour M. Pinsonneault. Il a pour tâche de dessiner certains motifs dans les montages photographiques.


Puis, il est embauché comme apprenti photographe, de 1901 à 1905. Après quelque temps, il devient responsable de l'atelier Pinsonneault, à Sherbrooke.


Occupés à réaliser leurs séries de cartes postales à travers le Québec, les frères Pinsonneault qui avaient aussi une succursale aux Trois-Rivières devaient s'absenter souvent.


Le jeune apprenti garda la charge de l'atelier durant six mois environ. Au retour du propriétaire, il perdit son emploi. En 1905, devant l'inconnu, il se décida à venir exercer sa profession à Saint-Hyacinthe.


Même si sept photographes exercent déjà en terre maskoutaine, il n'a pas peur de la compétition. Il fait l'acquisition du studio Archambault, site de l'ancienne librairie Solis, rue Cascades.


L'atelier était situé au second étage; au rez-de-chaussée se trouvait le bureau d'assurances Bartell. Il achètera plus tard (1916), la maison rue Cascades et Sainte-Anne pour y installer son studio.


À l'époque, outre de rehausser ses photos avec l'aide de différents procédés graphiques, il exploite une photographie nouveau genre qui consiste en la transposition sur métal ou ivoire.


M. Hébert réalisa, en 1912, les photographies des principaux édifices de la ville afin d'illustrer la brochure « Saint-Hyacinthe 1912 », publiée par The Commercial Magazine Cie, de Montréal. Ce document bilingue contient des vues uniques de Saint-Hyacinthe, plusieurs édifices ou maisons étant aujourd'hui disparus.


M. Hébert était également l’un des photographes attitrés du clergé. Le Séminaire l’engagea le premier, dès 1905, pour élaborer le montage des portraits des finissants.


Les Hébert eurent ce contrat jusqu'en 1955. Ils ont photographié tous les prêtres du diocèse pour réaliser la mosaïque du clergé de Saint-Hyacinthe, en 1932-1933.


Ce montage compte plus de 300 portraits. En plus, M. Hébert était un spécialiste des vues panoramiques, photographies de plus de deux pieds de long et parfois davantage représentant des groupes, par exemple : employés de la Penman's en 1933, Congrès des associations de jeunesse, en 1937, innombrables souvenirs de 25e ou 50e anniversaire de mariage ou de prêtrise.


Rare à l'époque, la « Circut Camera » fut achetée en 1929, ce qui amena M. Hébert à travailler pour d'autres photographes dans la province. Dans la région, son nom a toujours été associé aux grands événements.


Il a épousé, à Saint-Jean, le 12 février 1906, Eva Mercier. Ils eurent 10 enfants. Il est décédé en février 1957.


Jean Hébert
En 1941, l'aîné des enfants de Bénoni-Joseph Hébert, Jean Hébert, acquit le studio de son père afin de poursuivre les activités. Jean Hébert est né le 15 décembre 1906. Il s’intéressa également à la photographie commerciale, industrielle et à domicile.


Il fréquenta l'école Raymond et l'Académie Girouard. À l'âge de 13 ans, souffrant de péritonite, il dut garder le repos pendant deux ans. Après avoir suivi des cours privés, il fut à son tour apprenti pour ensuite aider son père dans le métier.


Bien souvent, il fut aidé de ses frères et sœurs. M. Hébert se retira des affaires en 1986, après une carrière bien remplie.


Il a épousé, en 1950, à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe, Cécile Martel. Ils eurent un fils.


Photo:
Jean Hébert.
Annuaire de SAint-Hyacinthe 1957.

Sources :
F. Jarret : The Canadian album encyclopedia Canada or the progress of a nation, T.V., by J.C. Hopkins Toronto. 1895, p. 171.
P.N. Beauregard : Le moniteur de commerce, 1909, p. 228.
B. J. Hébert et Jean Hébert : Le moniteur de commerce, 1909, p. 228.
Annuaires de Saint-Hyacinthe, 1934, p.195, 1957-58, p. 102.
M. Jean Hébert, Saint-Hyacinthe.

Cet article est le troisième d'une série de quatre.

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