Saint-Éphrem-d’Upton


Par Albert Rémillard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 10 janvier 2007.


Au cours des prochains textes de cette série de cinq, les lecteurs de cette chronique pourront prendre connaissance de la fiche analytique de cinq paroisses du diocèse de Saint-Hyacinthe qui ont fêté, en 2006, le 150e anniversaire d’érection canonique.

Deux paroisses, Saint-Liboire et Saint-Valérien-de-Milton sont comprises dans la MRC Les Maskoutains tandis que Saint-Éphrem-d’Upton et Saint-Jean-Baptiste de Roxton Falls sont incluses dans la MRC Acton. Alors que Sainte-Cécile-de-Milton fait partie de la MRC de la Haute-Yamaska.

À Upton, toutefois, les fêtes ont souligné l’arrivée du premier curé résidant, l’abbé Jean-Baptiste Durocher, plutôt que la date d’érection canonique de la paroisse.


Le canton d’Upton
Ce canton est arrosé par la rivière Noire, tributaire de la rivière Yamaska, et par son affluent : la rivière le Renne. Cette désignation, qui se rencontre souvent en Angleterre, a probablement été empruntée à la ville d’Upton, au nord de Chester et au sud de la Mersey et de son estuaire. Une importante concession, de 10 117 hectares, fut accordée en 1802 à David Alexander Grant, dans les limites de ce canton dont le nom apparaît sur la carte de Gale et Duberger en 1795. Le canton fut proclamé le 21 mai 1800.


Municipalités civiles
Saint-Éphrem-d’Upton (municipalité de paroisse). La municipalité de la paroisse de Saint-Éphrem-d’Upton a été officiellement reconnue le 1er juillet 1855.

Upton (municipalité de village). On retrouve cette municipalité sur les berges de la rivière Noire en Montérégie. La municipalité du village d’Upton était officiellement reconnue le 1er janvier 1878.
La nouvelle municipalité d’Upton a été créée le 25 février 1998. Elle est issue du regroupement de la municipalité du village d’Upton et de la municipalité de la paroisse de Saint-Éphrem-d’Upton. En 2005, cette municipalité possède une superficie de 51,02 km 2 et compte une population de 1 980 habitants.


Paroisse religieuse
Le 9 janvier 1854 Mgr Jean-Charles Prince détachait des paroisses de Saint-Dominique et de Sainte-Hélène-de-Bagot les rangs XXI (grand et petit) du canton d’Upton pour en former une paroisse dédiée à saint Éphrem. Le 9 juin suivant, l’autorité civile reconnaissait l’existence de cette paroisse. La nouvelle paroisse, d’après, la teneur du document, comprenait les rangs XIV à XXI, formant un parallélogramme d’environ 19,2 km de longueur par 4 km de largeur moyenne, bornée comme suit: au nord par le township de Grantham; au sud par le township d’Acton et celui de Milton et partie par la seigneurie de Ramsay; à l’est par le township d’Acton; à l’ouest, partie par le Cordon qui divise le XIVe rang du township d’Upton et le XIIIe du même canton, et partie par la susdite seigneurie de Ramsay.

La paroisse d’Upton, telle que constituée en 1854, couvrait donc le territoire de la paroisse d’aujourd’hui, plus une partie de la paroisse actuelle de Saint-Nazaire d’Acton.

Upton etait désormais érigé en paroisse mais ne possédait pas encore d’établissements religieux. Mgr Prince délégua le curé de Saint-Hugues, l’abbé Louis-Misaël Archambault, pour choisir le site de la future chapelle. Celui-ci arrêta son choix sur un terrain de huit arpents, propriété du major Patrick Leonard McDougall. Ce terrain est aujourd’hui situé sur le Rang des Carrières, face au domaine de la Dame de Cœur. Car, vers 1850, la construction d’un moulin à farine avait déjà permis la structuration d’un village.
De 1856 à 1873, le culte se fit à la petite chapelle près du moulin. Mais, en 1872, malgré l’agrandissement de 1862, la chapelle était devenue beaucoup trop petite et la population augmentait toujours. On décida donc de construire un temple plus vaste, sur un site plus au centre du village qui s’était développé en direction de la gare du Grand Tronc. L’église actuelle commença à s’élever de terre l’année suivante pour se terminer en 1875.

L’année suivante, 1876, la vieille chapelle était transportée près de l’église neuve pour servir de première école. Et en 1878, le curé Magloire Laflamme, appellera les Sœurs de la Présentation de Marie de Saint-Hyacinthe pour en prendre la direction. Elles verront à l’éducation des jeunes d’Upton jusqu’en 1989. Neuf ans plus tard, en 1887, les Frères Maristes prennent la direction d’une école pour garçons qu’ils abandonnèrent en 1915. En septembre 1952, et ce, jusqu’à 1962, les Frères du Sacré-Cœur se voient confier l’enseignement aux garçons. On ne saurait passer sous silence la création, en 1941, dune École Ménagère Pratique qui reçut jusqu’en 1956 pas moins de 2 500 jeunes filles venues chercher une solide formation en milieu uptonais.


Développement
Peu après sa fondation, la paroisse connut un développement industriel remarquable. De 1880 à 1887 on y traitait l’écorce de pruche pour en extraire le tan, destiné au traitement du cuir. L’incendie rasa l’usine en 1887. Cette même année monsieur Raphaël Loiselle établissait une tannerie et une manufacture de chaussures qui fut en opération jusqu’en 1957. D’autres commerces et industries ont tour à tour contribué à l’essor économique de la municipalité. La majeure partie de la population vit surtout de l’agriculture : industrie laitière, industrie porcine, culture du foin, des céréales et des légumes.


Photo:
Cabaret-souvenir de la célébration du 50e anniversaire de fondation de la paroisse Saint-Éphrem-d’Upton.
Collection Michel Phaneuf.

Cet article est le premier d'une série de cinq.

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