Saint-Hyacinthe diplomatique (2)


Par Gilles Guertin
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 6 décembre 1994.


Il faut attendre l’édition du 12 juin 1885 du journal L’Union pour apprendre que Saint-Hyacinthe possède un consulat des États-Unis. Ce jour là la bannière étoilée flottait à mi-mât, en signe de deuil, sur l’édifice consulaire. Le disparu était un Secrétaire d’État aujourd’hui oublié. Par contre ce que nous savons c’est l’emplacement exact du consulat en ces années là. Il se situait à l’angle Est de la jonction Saint-Simon et Des Cascades. Plus précisément au quatre-vingt quinze de cette dernière rue.


Le quatre septembre suivant “M. Alain Fish consul de la république” saluait la présence de délégués français. Ceux-ci faisant probablement partie d’une délégation commerciale le consul dut s’empresser de discuter exportations. Monsieur Fish demeura en poste jusqu’à la fin mai 1886. Le 2 avril d’Honorable W.T. Mitchell vient occuper le même poste qu’à Port-Huron en Ontario. On apprend le 9 juillet que le respect du dimanche prime sur la célébration; puisqu’on attendit au lundi le 5 pour fêter l’anniversaire de l’indépendance. Monsieur Mitchell habita trois ans au 21 rue Girouard puis fut remplacé dans l’exercice de ses fonctions par Monsieur Thomas Moore.


L’Union, du 26 juillet 1889, relate le départ de Monsieur Mitchell comme suit: “Le départ de Monsieur Mitchell sera vivement regretté par notre population, dont il a su acquérir les plus sincères sympathies”. De ce Thomas Moore nous ne savons rien. Pas plus que de son successeur un monsieur Willet qui avait dit-on mérité l’estime et la considération de tous.

La date suivante marque un tournant dans la politique diplomatique américaine vis-à-vis le Québec francophone. Le quatre août 1893 un franco-américain, Monsieur Charles Laberge, devenait le premier consul issu de la province. Les locaux qui abritent la délégation ont été emménager au 139 Des Cascades; plus près de la rue Mondor. Je dit délégation puisque à Charles Laberge ont adjoint Monsieur Francis Bartels assureur de son métier.
Monsieur Laberge qui fut en poste cinq ans demeurait au 225 rue Girouard. Il ne laissa pas d’autres traces de son activité ou de son passage à Saint-Hyacinthe. On apprendra son décès à New-York le 11 octobre 1906, chez sa fille unique.


Le 27 mai 1898 le président des États-Unis, Mc Kinley, assigne le poste de consul à Saint-Hyacinthe à Monsieur Joseph Misaël Authier de Central Falls. Il était le fils du notaire J.-M. Authier premier secrétaire-trésorier de la Municipalité de Saint-Charles-sur-Richelieu. Ce monsieur Authier n’était pas étranger à notre ville puisqu’il avait été plusieurs années à l’emploi de la poste locale: À l’époque où Emmanuel Couillard-Després y régnait en maître.


On écrit que J.-M. Authier a reçu sa commission de Washington. C’est peut-être à dire que d’autres l’auraient reçus d’un moins haut niveau ou que ce consul officiel recevait des revenus tout aussi officiels pour sa position.

Le vingt août 1898, “Messieurs les Consul et Vice-Consul-Américains Authier et Bartels” reçoivent, en grande pompe, l’un des généraux de l’armée américaine Charles R. Brayton. Ce dernier avait participé à quelques engagements lors des opérations de pacification des territoires indiens de l’Ouest. Le général aussi propriétaire d’un journal à Providence, touchait de la politique dans l’État du Rhode-Island.

Monsieur Authier qui habite le 26 rue Rosalie ne quittera ses fonctions que dix ans plus tard. Le 30 juin 1908, 26 ans après sa création, le consulat de Saint-Hyacinthe perd son titulaire. Monsieur J.-M. Authier ne sera pas remplacé. Ce jour là, il fut l’objet d’une belle manifestation à l’Hôtel Yamaska. À l’occasion de son départ pour la Guadeloupe il est accompagné à la gare du Grand Tronc par “le maire Eugène Saint-Jacques et par messieurs A.M. Beauparlant, T.-D. Bouchard, le Lt-Col. H.A. Beauregard, Émile Marin, Eugène Lamarche et F. Bartels”.

Une dernière fois nous retrouvons François (Francis) Bartels le 15 mars 1912. Il revient à Saint-Hyacinthe après un voyage de deux semaines à Québec où il a eut différentes entrevues avec le gouvernement. Ainsi s’efface notre passé diplomatique.


Illustration:
Annonce parue dans l’Annuaire-guide de Saint-Hyacinthe de 1898.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Cet article est le deuxième d'une série de deux.


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