Saint-Liboire


Par Albert Rémillard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 7 février 2007.


Saint-Liboire fut de 1861 à 1980 le chef-lieu de l’ancienne circonscription électorale de Bagot, démantelée en 1972, et le siège de la Corporation municipale du comté de Bagot, du 13 mars 1861 au 25 novembre 1981, alors que la création de la MRC Acton a supprimé ce genre de structure. Le Conseil du comté de Bagot y a opéré un Bureau d’enregistrement du 14 octobre 1861 jusqu’au 31 mars 1988.


Municipalités civiles
Saint-Liboire (municipalité de paroisse)
La paroisse de Saint-Liboire est bornée au nord par Sainte-Hélène-de-Bagot, à l’est par Saint-Éphrem d’Upton, au sud-est par Saint-Valérien-de-Milton, au sud-ouest par Saint-Dominique, à l’ouest par Sainte-Rosalie et au nord-ouest par Saint-Simon-de-Bagot. La rivière Noire coule dans son extrémité sud-est. D’abord née comme paroisse le 28 août 1856, par suite de son détachement de Saint-Simon et de Saint-Dominique, Saint-Liboire devenait la même année une municipalité de paroisse. Ce nom, a également été retenu pour identifier le bureau de poste établi en 1860.


Saint-Liboire (municipalité de village)
Très modeste territoire de moins de 2 km2 de superficie, la municipalité du village de Saint-Liboire est enchâssée dans celui de la municipalité de paroisse dont elle a été détachée le 12 août 1919. Occupant le centre de cet espace, à la hauteur d’Upton, plus à l’est, ses contours épousent sensiblement la forme d’un carré, à l’exception de la partie sud-ouest constituée de pointes plus ou moins effilées. Quoique d’une superficie près de 70 fois plus exiguë que celle de la municipalité mère, celle du village de Saint-Liboire compte une population à peine moindre. Ces citoyens marquent un fort sentiment d’appartenance à leur milieu de vie grâce à leur titre de Liboiriens, alors que les habitants de la municipalité de paroisse s’appellent, eux, des Liboirois.


Saint-Liboire (municipalité)
La nouvelle municipalité de Saint-Liboire a été créée le 17 août 1994. Elle est issue du regroupement de la municipalité du village de Saint-Liboire et de la municipalité de la paroisse de Saint-Liboire.  Sa superficie est de 75 km2  et la population est de 2 860 habitants. Le gentilé adopté est celui de Liboirois, Liboiroise.


Paroisse religieuse
Pour former cette paroisse, Mgr Jean-Charles Prince, évêque de Saint-Hyacinthe, détachait, le 4 avril 1856, une partie des 8e et 9e rangs de Saint-Dominique, autrefois de la seigneurie de Saint-Hyacinthe et une partie notable de la paroisse de Saint-Simon, formant la partie sud-ouest de la seigneurie de Ramesay.
Par le même décret, Mgr Prince, plaçait cette nouvelle cellule religieuse sous le patronage de saint Liboire, peut-être en l’honneur de l’abbé Liboire Girouard, ancien curé de Saint-Simon (1852-1876) qui a largement contribué la fondation de la paroisse.
Pendant deux ans, le curé Girouard assurera les sacrements à ses anciens paroissiens puis, c’est le curé de Saint-Éphrem d’Upton qui prend charge de la desserte. D’abord l’abbé Jean-Baptiste Durocher, 1858-1862, c’est l’abbé Durocher qui, le 6 janvier 1859 signera les premiers actes des registres paroissiaux, puis le curé François-Xavier-Eugène Michon, 1862-1864. Enfin, arrivait le 2 octobre 1864, le premier curé résidant, l’abbé Charles Boucher qui demeurera deux ans dans la paroisse (1864-1866).


La petite chapelle primitive de 1858 ayant été agrandie en 1862, il fut possible de retarder la construction de l’église jusqu’en 1878. L’église actuelle fut bénite le 24 septembre 1879, l’intérieur fut complété en 1898-99. Le presbytère fut édifié de 1866 à 1870 et servit de demeure au curé jusqu’en décembre 1999 et fut vendu en 2003.


C’est le 4 octobre 1899, qu’une partie des rangs de Saint-Georges, de Saint-Édouard et de Sainte-Charlotte fut détachée de Saint-Simon pour être rattachée à la paroisse religieuse de Saint-Liboire. Les limites de la paroisse civile demeurèrent inchangées.


L’éducation des jeunes
Le système scolaire à Saint-Liboire fut, comme celui de l’ensemble du Québec, le reflet des particularités paroissiales tout en étant régi par le Département de l’Instruction publique. Des écoles de rang, souvent sous la direction d’une institutrice, relevant de la Commission scolaire de la paroisse de Saint-Liboire, furent implantées selon le développement de chacun des rangs. Une école du village fut ouverte en 1861. La construction du couvent et l’arrivée des sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, en 1905, marquèrent l’éducation des enfants de Saint-Liboire. À partir de 1920, la Commission scolaire du village de Saint-Liboire a existé jusqu’à la fusion des deux entités en 1960.


Développements
Milieu essentiellement agricole, Saint-Liboire, a connu des industries qui ont marqué la vie de ses habitants. Certaines sont reliées à l’agroalimentaire, parmi les plus importantes, il convient de signaler La Crémerie Deslauriers & Frères et la Fromagerie Felice Di Palma. Au niveau des services publics la Compagnie de Téléphone Saint-Liboire débute en 1922 et est vendue à une entreprise de communications en 2005.


Photo:
Édifice où logeait le Bureau d’enregistrement du comté de Bagot en 1957. Ce bâtiment était situé sur la rue de la Gare.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds Studio-Lumière, CH116.

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