Sainte-Cécile-de-Milton


Par Albert Rémillard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 24 janvier 2007.


La municipalité civile fait partie de la MRC de La Haute-Yamaska, toutefois la paroisse religieuse est comprise dans le diocèse de Saint-Hyacinthe.


Suivant Pierre-Georges Roy, le canton de Milton devrait sa dénomination, au premier colon, Milton Reynolds, dont la femme portait le nom de Cécile Connolly. Pour séduisante qu’elle soit, l’explication n’emporte cependant pas l’adhésion, d’autant plus que le canton, l’un des tout premiers nommés, paraît déjà sur la carte de Gale et Duberger qui remonte à 1795. Il faut davantage y voir un emprunt à la toponymie anglaise, plus précisément à une ville du Kent, Milton, connue depuis les temps romains comme un important centre de pêche aux huîtres.


Le canton de Milton
Le canton de Milton s’étend à quelques kilomètres au nord de Granby, en Montérégie. Son territoire est arrosé par la rivière Noire qu’alimente un réseau de petits cours d’eau. Il comprend les municipalités de canton de Sainte-Cécile-de-Milton (1864), de Saint-Valérien-de-Milton (1864) et les deux municipalités de Roxton Pond, paroisse Sainte-Pudentienne, 23 février 1875 (paroisse catholique érigée canoniquement le 2 septembre 1873) et village Roxton Pond, 16 janvier 1886 ; fusion le 17 décembre 1997) dont les territoires débordent largement dans le canton voisin de Roxton. On peut souligner la dénomination des cantons du secteur avec la finale -ton pour -town, soit Acton, Upton, Roxton et Milton. La proclamation du canton de Milton est faite le 29 janvier 1803.


Municipalité civile
Le territoire de cette municipalité de la Montérégie, située à 14 km au nord de Granby, bordée à l’est par Roxton Pond, est issu du township de Milton, érigé en municipalité de canton le 1er janvier 1864, sous la dénomination de Sainte-Cécile-de-Milton. Le bureau de poste, créé en 1892, a reçu la même appellation. Il n’y a eu aucun changement ni dans le nom ni dans le statut de la municipalité depuis 1997. Il est intéressant d’observer que les cinq premiers rangs du canton de Milton sont situés dans les limites de Sainte-Cécile, alors que les autres relèvent de Saint-Valérien. La superficie de la municipalité est de 74 km2 alors que la population est de 1 984 habitants.


Paroisse religieuse
Vers 1825, des colons d’origine britannique s’installent à Milton Corner. Leur présence sera néanmoins de courte durée. Dès 1842, le nombre de colons canadiens-français, venant des paroisses avoisinantes de Saint-Pie et de Saint-Hyacinthe, impose la construction d'une chapelle catholique. Celle-ci est bâtie dans le 3e rang est. En 1846, la fondation de la mission Sainte-Cécile, marque l’ouverture des registres paroissiaux et la construction d'une seconde chapelle au centre du village, sur le site de l’école actuelle, devenant ainsi la première paroisse catholique du comté de Shefford. L’abbé François Refour devient le premier prêtre résidant en 1855. Le 12 février 1856, Mgr Jean-Charles Prince, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, décrète l’érection canonique de la paroisse Sainte-Cécile-de-Milton et l’abbé Joseph Gaboury est nommé curé. Le 11 juillet suivant, la paroisse était reconnue au civil, son territoire couvre une partie des cantons de Granby, Milton et Roxton.

L’église paroissiale a été inaugurée le 7 février 1861, cette même église dessert toujours la population de Sainte-Cécile, elle comprend un orgue Casavant, l’opus 37, installé en 1892 et restauré en 1986. Parmi les charmes sonores de ce bel orgue, on notera la présence d'un cromorne, rare à cette époque aussi bien en Europe qu'en Amérique. Les qualités du plenum méritent aussi une mention spéciale.


L’éducation des jeunes
Des débuts de la paroisse jusqu’en 1963, une école du village et des écoles de rang mixtes ont existé à Sainte-Cécile-de-Milton. Cependant, en 1924, les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, ont pris charge de l'éducation des jeunes, suite aux demandes répétées du curé Hormidas Bergeron, qui avait fait construire un couvent, lequel est devenu l’école du village avec élèves externes et pensionnaires mixtes. Le couvent devait être dévasté par un incendie en 1972. Les religieuses enseignantes sont demeurées dans la paroisse jusqu’en 2001. L’école Sainte-Cécile reçoit des élèves de la pré-maternelle à la 6e année.


Développements
L’agriculture dans la paroisse de Sainte-Cécile a peu changé durant les premiers cent ans. Par contre, les animaux devenaient une source de revenu, de plus en plus appréciable, et l’industrie laitière se développait. Des industries, principalement des moulins à scie, à farine, à carde et des beurreries, ont contribué à l’essor économique de la paroisse, tout comme certains commerces de détail ainsi que des industries spécialisées dans la confection de portes et fenêtres, de meubles et de vêtements.

Aujourd’hui, la vie économique des Miltonnais, en dehors de quelques petites entreprises et commerces, gravite autour des grandes cultures céréalières principalement le maïs, le soya et la pomiculture. Cette situation est la même que celle qui prévalait au siècle dernier. La position géographique de Sainte-Cécile-de-Milton, à proximité de villes plus importantes, a favorisé le développement urbain de la municipalité.


Photo:
Église et presbytère de Sainte-Cécile-de-Milton en 1904.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Cet article est le troisième d'une série de cinq.

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