T.-D. Bouchard : un acteur important de la culture sportive maskoutaine (2)


Par Paul Foisy
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 12 novembre 2003.


Le député/maire de Saint-Hyacinthe
Motivé par un fort désir d’assurer une certaine équité pour ses concitoyens les plus démunis, Bouchard amorce sa carrière politique sur la scène municipale en 1905, alors qu’il est élu échevin du quartier numéro trois. Malgré l’opposition qu’il suscite dans certains milieux, il parvient à se hisser au poste de maire de 1917 à 1930 et à nouveau de 1932 à 1944.

En plus de prendre une part active à la vie municipale maskoutaine, il plonge dans l’arène provinciale en 1912. Élu à sept reprises, il représente la population du comté de Saint-Hyacinthe de 1912 à 1919 et de 1923 à 1944. Bouchard est très actif au sein de sa formation politique où il est un des porte-parole de l’aile réformiste, comme l’indique l’historien Jean-Guy Genest dans son livre intitulé Godbout. Au milieu des années 1930, on croit que son accession au cabinet à titre de ministre des Affaires municipales peut venir en aide au gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau. Voyons ce qu’en disent Jacques Bibeau et Robert Saint-Germain dans leur mémoire de maîtrise consacré à Bouchard : « Au mois de juin 1935, pour plusieurs, l’entrée de Bouchard dans le gouvernement Taschereau constitue probablement un dernier espoir. Celui qui a parcouru la province pour promouvoir la municipalisation de l’électricité, pourra peut-être parvenir à relibéraliser le parti libéral que ses trente-huit ans de pouvoir ont enraciné dans l’inaction et la corruption.»

Suite à l’élection de l’Union Nationale, de Maurice Duplessis, il est nommé chef de l’opposition de 1936 à 1939, puis ministre senior au sein du gouvernement libéral d’Adélard Godbout de 1939 à 1944. Cette même année, il est nommé à la Chambre haute du Parlement canadien et Godbout le nomme président d’Hydro-Québec.


Les premières actions
Tout au long de sa carrière, le député/maire déploie de nombreux efforts favorisant l’aménagement d’infrastructures récréatives municipales afin d’améliorer la qualité de vie de ses concitoyens.

Parmi les gestes concrets réalisés dans cet esprit, il faut souligner la réalisation de terrains de jeux. Le 8 octobre 1927, le Conseil municipal de Saint-Hyacinthe adopte le règlement numéro 367 qui ordonne, entre autres, l’achat d’un terrain près de la voie ferrée et son aménagement en terrains de jeux pour les enfants. En plus de l’achat de ce lot, on décide qu’une partie du terrain du marché à foin, appartenant à la Cité, doit également être aménagé en terrain de jeux. Ainsi, en 1927, le Conseil municipal injecte un montant de 6 000.00$ pour la réalisation de ces premiers équipements récréatifs.

À l’été 1929, le rédacteur du journal Le Clairon, dans l’édition du 30 août, affirme : « Ces terrains de jeux sont si populaires que la ville sera tout probablement appelée à en ouvrir d’autres dans les autres coins de la cité. » Afin de mieux répondre aux besoins de la jeunesse, l’Oeuvre des terrains de jeux de Saint-Hyacinthe s’organise et débute ses activités en 1941. Dès le mois de janvier suivant, le conseil municipal accueille favorablement une requête du comité de l’O.T.J. afin d’obtenir un montant de 800.00$ pour l’installation de balançoires, « tourniquettes » et autres jeux susceptibles d’intéresser les enfants. Cet organisme est incorporé en 1944 et il deviendra la tête de pont d’un réseau de loisirs de quartiers.

Ces premières semences dans le domaine du loisir municipal portent fruits : par le soutien financier de la municipalité et par l’implication bénévole de nombreux Maskoutains, Saint-Hyacinthe est aujourd’hui doté d’un service des loisirs des plus dynamiques.


La piscine municipale
« Je profitais de toutes les occasions qui m’étaient offertes pour exécuter mon programme d’embellissement de la ville, d’améliorations au point de vue de la santé publique et de récréations gratuites pour les masses populaires.» Cette citation, tirée du tome trois de ses mémoires, nous apporte un certain éclairage sur les motivations du politicien.

Au cours de l’année 1929, la construction de la piscine municipale cause un certain émoi dans la petite ville maskoutaine. À cette époque, les adversaires de Bouchard se disent en désaccord avec cette vision d’une ville moderne permettant à ses citoyens de bénéficier d’infrastructures de loisirs.

L’affaire de la piscine débute à l’été 1922 alors que plus de trois cents citoyens signent une requête en faveur de la construction d’un bain public. Des motifs d’hygiène, de santé et de sécurité publique constituent les principaux éléments de la requête. Quelques années plus tard, l’équipe Bouchard met en branle son programme d’embellissement. En 1926, Bouchard vend le Rond Laframboise à la ville pour le compte de la Société d’Agriculture. Le Conseil municipal décide d’aménager un parc dans la pinède située au sud de l’hippodrome. À la fin de l’été 1929, on débute la construction de la piscine municipale, tout juste à côté de la pinède nouvellement transformée. Il ne s’agit pas là d’un petit bassin de natation, mais bien d’une immense piscine ronde contenant plus de 425 000 gallons d’eau !

Lors du prochain artile, la fin de l’histoire de la piscine et la construction du stade municipal.

Photo:
La piscine municipale de Saint-Hyacinthe.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.

Cet article est le deuxième d'une série de quatre.

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